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Hôtellerie: Les détails de l’entente Beachcomber/Fairmont

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Un contrat de gestion classique pour une durée de 15 ans
L’ensemble des charges d’exploitation restent du ressort de Beachcomber
L’enseigne d’Accor s’engage à porter à 65% le taux d’occupation
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Gilbert Espitalier-Noel, CEO du Beachcomber rassure: «Nous restons propriétaire de notre domaine et nous continuerons nos investissements comme prévu» (Ph. Bziouat)

En raison de l’éloignement de ses bases et les différences en termes de clientèle, le groupe hôtelier mauricien du New Mauritius Hotels (Beachcomber)  a préféré confier  en gestion son hôtel de Marrakech à Fairmont (groupe Accor) qui fait son entrée au Maroc. Pour Gilbert Espitalier-Noel, CEO du New Mauritius Hotel, le deal entre les deux entités est gagnant/gagnant. Le groupe mauricien pourra se consacrer à la poursuite de son investissement dans le Domaine. Pour le groupe Accor, le Fairmont Royal Palm est la dernière étape pour devenir l'un des opérateurs de luxe incontournable au Maroc. Entretien.

- L’Economiste:  New Mauritius Hotels a connu quelques difficultés financières. Où en êtes-vous dans le plan de restructuration?
- Gilbert Espitalier-Noel:
Il est vrai que nous avons subi une conjoncture où plusieurs éléments se sont entremêlés. A Maurice, nous avons beaucoup investi dans la rénovation de notre hôtel le Trou aux Biches, hôtel mythique du groupe Beachcomber et durant la même période, nous avons lancé le projet du Royal Palm à Marrakech. Avec la crise économique mondiale, les arrivées touristiques en baisse, nous avons eu un niveau d’endettement élevé par rapport à nos souhaits. D’où un plan de restructuration qui a inclut une nouvelle émission d’action, un fonds immobilier, le Beachcomber hospitality investment dans lequel nous avons transféré les actifs de trois hôtels. Ce qui nous a permis de lever 100 millions d’euros, de réduire significativement la dette et de renégocier les taux d’intérêt et les termes d’emprunt.

-  Votre désengagement de la gestion du Royal Palm de Marrakech fait-il partie de ce plan?
- Non! D’abord, une petite précision. Ce que nous avons conclu avec Fairmont est un contrat de gestion et nous restons propriétaire de l’hôtel et du Domaine. L’ensemble des charges d’exploitation restent du ressort de Beachcomber. Donc, rien ne va changer par exemple pour nos employés, tout comme nous continuerons nos investissements futurs…

- Alors pourquoi un groupe comme le vôtre, qui opère depuis 65 ans dans l’hôtellerie confie-t-il son établissement en gestion?
- Il y a deux raisons à l'origine de cette décision. La première est l’éloignement géographique. Comme vous le savez, notre base est en Océan indien où nous avons nos 8 hôtels et le Royal Palm de Marrakech est le seul établissement hors de nos frontières. L’éloignement rend cette gestion très difficile d’autant plus que la clientèle n’est pas la même. La deuxième raison est que nous souhaitons augmenter nos taux d’occupation pour les porter à 65% au lieu des 40% actuellement. Et Fairmont est mieux placé que nous -et peut surtout s’appuyer sur la force de frappe commerciale d’Accor, très alignée avec ce que le Maroc recherche comme clientèle- pour réaliser cet objectif.

- Quelles sont les grandes lignes de votre contrat avec Fairmont? Pensez-vous élargir ce genre d’entente à d’autres établissements de votre groupe?
- Avec Fairmont, c’est un contrat de gestion classique d’une durée de 15 ans avec un pourcentage sur le chiffre d’affaires. Il y a un second contrat en cours de signature avec le même gestionnaire et qui concerne cette fois-ci la gestion des locations des villas du Domaine. Et c’est une exception pour notre groupe, car notre vocation n’est pas de construire des hôtels pour les autres.

- Justement, quid des prochaines tranches et du reste des investissements pour le Domaine de Marrakech?
- Notre projet reste inchangé. Ce qui est dédié à l’immobilier reste à l’immobilier et je vous informe que nous avons quasiment atteint nos objectifs. Sur les 95 villas construites, nous avons procédé à 75 ventes. Il y a eu en effet une reprise significative du tourisme à Marrakech et qui s’est reflétée également sur l’immobilier.  A partir de cette année, nous allons démarrer la deuxième phase du projet immobilier qui comprend 106 villas avec comme objectif,  la commercialisation de 20 unités par an.

- Le green est au cœur du Domaine. Dégage-t-il des profits et sont-ils importants par rapport aux autres composantes du projet?
- Non et oui. En fait, le golf n’a pas vocation à dégager des bénéfices, mais c’est un outil très important pour notre marketing. Il a été construit comme une attraction additionnelle au Domaine Royal Palm. Il est évident que sans ce golf, le projet n’a plus la même envergure. C’est un atout indéniable notamment pour les acquéreurs de villas qui sont des golfeurs. Nous venons d’ailleurs d’achever le country club  qui a nécessité une enveloppe de 80 millions de DH. Il ouvrira ses portes dans quelques semaines. Ce qui sera fabuleux pour les propriétaires des villas, mais aussi pour les joueurs de golf de Marrakech.

- Le groupe Beachcomber compte-t-il se déployer dans d’autres projets au Maroc ?
- Il faut nous concentrer sur ce Domaine plutôt que d’aller se disperser en même temps sur d’autres projets. Le programme Royal Palm va nous prendre encore quelques années.o
Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

 

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