Entreprises

Entrepreneuriat féminin: Les petits métiers dominent encore

Par Franck FAGNON | Edition N°:4978 Le 10/03/2017 | Partager
Le statut d’auto-entrepreneur stimule les initiatives
Employabilité des femmes: Rien n’a changé en dix ans!
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Au-delà des blocages extérieurs, beaucoup de femmes n’assument pas leurs ambitions, reconnaît Asmaa Morine Azzouzi, présidente de l’Afem. Les verrous culturels seraient encore forts (Ph. AMA)

- L’Economiste: Quelle lecture faites-vous de la place qu’occupent les femmes dans le milieu entrepreneurial?
- Asmaa Morine Azzouzi:
Le taux d’entrepreneuriat des femmes se situe aux alentours de 10%. Nous relevons un engouement pour la création d’entreprise depuis la mise en place du statut d’auto-entrepreneur. Plus de 40% des inscrits sont des femmes. Certes, c’est une bonne nouvelle, mais nous restons sur des activités très limitées. La commodité et la souplesse du statut d’auto-entrepreneur, avec la possibilité de créer son entreprise à domicile, convient à de nombreuses femmes. Cette option résout en partie la difficulté de trouver un équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. Mais nous sommes dans un entrepreneuriat faiblement créateur de valeur. Ceci dit, le passage par cette phase peut être un tremplin vers l’étage supérieur.
Notre volonté est aussi de promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans l’industrie, l’immobilier, plus globalement dans des secteurs qui sont la chasse gardée des hommes. Nous avons des femmes qui y investissent, mais elles sont minoritaires. Avec le plan d’accélération industrielle, nous espérons les sensibiliser à s’orienter vers des activités à plus forte création de valeur.

- Est-il plus facile d’être à la tête d’une entreprise ou d’y accéder qu’il y a dix ans?
- Ni plus ni moins. Les contraintes sont toujours les mêmes. Généralement, une femme entreprend entre 25 et 35 ans. C’est aussi la période où intervient généralement la première maternité. Elle a donc besoin de toute son énergie pour, à la fois, élever ses enfants et développer son business. En l’absence de structure d’accompagnement, d’accueil pour les enfants de bas âge, c’est très compliqué. Tout ceci contribue à la faiblesse du taux d’employabilité des femmes.

- Celles qui ont un job éprouveraient encore des difficulté à accéder aux hautes fonctions et beaucoup n’assumeraient pas aussi leurs ambitions. Que relevez-vous?
- Il faut déjà qu’il y ait une forte volonté d’accéder à une activité. Le soutien familial est aussi déterminant. Les premières années d’activité sont généralement très dures et si, en plus, vous n’avez pas le soutien de vos proches, ce n’est pas évident. Nombre de femmes abandonnent à la première difficulté. Quant à l’évolution dans l’entreprise, il est vrai que beaucoup de femmes s’autocensurent. Elles ne veulent pas naturellement assumer le fait qu’elles ont les mêmes capacités, voire plus que les hommes. C’est souvent un problème culturel. Arrivées à un certain stade dans la hiérarchie, elles sont bloquées ou elles-mêmes se fixent des barrières.

Propos recueillis par Franck FAGNON

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