Economie

Le FMI s’inquiète des risques de la finance islamique

Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Attention à la liquidité des actifs
L’institution met le curseur sur le développement du marché des capitaux

La finance islamique préoccupe le Fonds monétaire international (FMI). L’institution prévient que le développement de cette nouvelle industrie est fortement lié à celui d’un marché des capitaux. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par le FMI. Cela s’effectue par une disponibilité d’actifs liquides de haute qualité qui va permettre aux banques de créer du cash. Une recommandation qui a fait débat au Maroc depuis l’octroi des agréments. Avec le développement de l’activité, les banques islamiques vont devoir lever des fonds pour assurer leur croissance et constituer un matelas pour bien gérer leur liquidité.

Pour cela, elles doivent disposer d’actifs de très haute qualité et par conséquent de sukuks notamment souverains. Ces actifs permettraient aux banques, en cas de stress, de céder rapidement  ces titres pour avoir de la liquidité.  Le Maroc va émettre ses premiers sukuks au cours du premier semestre 2017.
Les experts du FMI notent que la complexité de la finance islamique pose des risques pour les autorités de réglementation et de contrôle. Cette nouvelle industrie implique des opérations, des structures de bilan et des risques qui diffèrent de ceux de la banque conventionnelle. Pour cela, le FMI appelle à un redoublement d’effort pour établir un cadre d’action et un environnement qui favorisent la stabilité financière et le développement sain des banques, en particulier pour les pays exposés à un risque. Il ajoute que l’émergence de produits financiers hybrides dans la banque islamique, qui reproduisent les aspects correspondants de la banque conventionnelle, a peut-être apporté des avantages, mais suscite aussi des craintes pour la stabilité financière.

Le FMI indique l’importance de mettre en place des régimes de résolution solides qui sont propres aux banques islamiques. A propos de la lenteur des progrès accomplis dans ces domaines, le FMI incite les régulateurs à continuer de collaborer avec les organismes internationaux compétents dans la conception de régimes juridiques et d’arrangements institutionnels pour renforcer l’efficacité de ces établissements, lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.  
Malgré cette inquiétude, le FMI salue les progrès qui ont été accomplis dans l’établissement d’un dispositif juridique et un dispositif de gouvernance. A cela s’ajoutent des normes de réglementation et de contrôle. Sur la base des progrès accomplis, le Fonds appelle à capitaliser sur ces avancées et à renforcer les capacités de contrôle du système bancaire islamique.

L’écosystème de la finance participative au Maroc

Malgré l’octroi des agréments, l’écosystème de la finance participative est loin d’être complet. Au-delà de l’assurance Takaful ou un marché des capitaux conforme à la charia (sukuk, OPCVM, OPCI), qui ne sont pas encore bouclés, les opérateurs auront besoin également d’une fiscalité adaptée. Sur ce dernier point, le législateur s’est limité à réglementer uniquement le cadre fiscal pour deux produits: «Mourabaha» et «Ijara Mounatahia bi-tamlik». Ils sont caractérisés par une quasi-absence de risque. Il reste encore quatre produits prévus par la loi bancaire qui ne sont pas encore traités.

 

 

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