Economie

Jeunes MRE: Le lien social commence à faiblir

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Finir sa vie au pays, beaucoup n'y pensent plus
De moins en moins enclins à transférer des fonds vers leur pays d'origine
Réseautage pour mobiliser au Maroc et dans les pays d’accueil

Les recommandations de l’étude pour élaborer une vision stratégique en direction des jeunes MRE donne à réfléchir. Particulièrement sur la question de la pérennisation de leur lien avec le Maroc et le maintien de la solidarité familiale. Si la courbe des transferts des MRE est souvent en progression au point d’atteindre 62,2 milliards de DH en 2016, il ne faut pas dormir sur ses lauriers. D’ailleurs, l’étude aborde cette question comme un défi économique. En effet, les jeunes MRE pensent de moins en moins à finir leur vie au Maroc malgré un attachement affirmé. Leur intention de transférer des fonds au pays s’inscrit dans une tendance baissière, note l’étude. Le lien social a tendance à s’amollir avec les mutations démographiques, ce qui risque d’accentuer les facteurs de distance sur le plan économique.  C’est pour cela qu’un programme d’appel à l’investissement et les opportunités d’affaires dans le pays doit être entrepris.

Un observatoire de l’égalité et de l’inclusion

Dans ses autres recommandations, l’étude propose une approche d’intervention, axée sur trois principes dont l’un est de «connaître davantage cette population à trois tranches d’âge et 3 projets de vie», note le document. L’une des mesures suggérées est de mettre en place «un observatoire de l’égalité et de l’inclusion des jeunes». Sa mission est d’assurer un suivi de ces jeunes, via deux baromètres, l’un axé sur l’inclusion et l’égalité dans les pays d’accueil, l’autre sur la consolidation des liens avec le Maroc.
L’autre principe est de cibler ces jeunes pour leur faire une place dans les programmes nationaux et les accords bilatéraux. D’ailleurs, la stratégie nationale intégrée de la jeunesse 2015-2030 avait prévu 10 mesures prioritaires sur un total de 62 en faveur des jeunes MRE. Aujourd'hui, il est temps de passer à la phase de mise en œuvre. 

Inculquer l’idée du «projet partagé»

Dernier principe, la mobilisation. L’idée est de développer une gouvernance appropriée des programmes. Cela passera par le renforcement des capacités institutionnelles du ministère de tutelle, pour le doter de structures adéquates dans le cadre de «l’approche équipe-projet». En outre, un réseautage au Maroc est nécessaire pour mobiliser les ministères, les établissements publics, le secteur privé et la société civile autour d’un plan d’action destiné aux jeunes MRE. Le but est de leur inculquer l’idée du «projet partagé». Mais cela ne suffit pas. Il faudra le coupler à d’autres actions de réseautage Maroc-pays d’accueil dans deux directions: encourager des ONG partenaires porteuses de projets et développer une coopération entre les collectivités territoriales. Et pour cause, les collectivités locales jouent un rôle essentiel dans les actions de proximité. En outre, il faudra s’inscrire dans un espace communicationnel nouveau, avec une présence active dans les médias et le numérique pour «porter la voix du Maroc loin jusqu’au cœur, au sens et à l’esprit des jeunes MRE», recommande l’étude.

Ce document propose des projets opérationnels. Sur le chapitre de l’intégration, des actions d’appui scolaire pour l’égalité des chances, une offre de tourisme via la construction de foyers pour jeunes MRE. D’autres programmes portent sur le rapport à la citoyenneté dans les pays d’accueil qui abondent dans le sens de la participation politique des jeunes. L’idée est de les mobiliser afin de les impliquer dans les élections des pays d’accueil.

Offre religieuse

La religion est un défi posé dans les sociétés d’accueil comme une nouvelle conflictualité, «exacerbée par la panne des leviers de l’intégration et l’impossible assimilation culturelle». Elle s’est invitée sur la scène publique, avec une place de choix dans les médias. Cette problématique interpelle les jeunes, qui sont sommés de se justifier et de prendre en charge la lutte contre les tendances intégristes. Souvent, ils ne sont pas outillés pour relever ce nouveau challenge. Pour cela, un travail doit être entrepris, via notamment la mise en place d’une plateforme interactive destinée à la religion, dans les langues des pays d’accueil. L’objectif est d’approfondir les connaissances des jeunes MRE sur l’islam et le rite malékite. Des manuels et des outils pédagogiques pour diffuser un islam d’ouverture et de tolérance doivent être mis à la disposition du réseau associatif. En plus, il faudra diffuser des vidéos explicatives, animées par des imams et oulémas, et permettre aux jeunes MRE d’envoyer des messages privés à ces derniers. Le but est de prévenir leur radicalisation.

 

 

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