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Economie

Agrumes: La profession s’active pour une sortie de crise

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Suroffre, faible capacité des stations de conditionnement, intermédiaires… les bémols
Etat des lieux et plan quinquennal de mise à niveau du secteur, les objectifs
Une première édition des Journées agrumes ce week-end

Pas question pour les agriculteurs de rester les bras croisés, après cette difficile campagne agrumicole 2016/2017 marquée par une suroffre. Aussi la profession propose-t-elle, pour la première fois, une rencontre intitulée «Journées des agrumes», afin de faire converger les synergies et établir un réel plan de guerre pour la mise à niveau de la filière. Comme nous l’avions expliqué dans nos colonnes (voir nos éditions n°4924 du 26 décembre 2016 et n°4938 du 13 janvier 2017), les agrumes ont souffert des aléas climatiques qui ont conduit la production nationale à atteindre ses objectifs plus tôt que prévu.

Cela aurait pu être gérable, si cette surproduction avait pu être absorbée par les stations de conditionnement. Or, la capacité actuelle nationale ne dépasse pas les 53 stations, bien loin de répondre aux besoins, même hors temps de crise. La suite, tout le monde la connaît: la clémentine foisonnait à chaque coin de rue à des prix extrêmement bas, et encore plus bas au marché de gros. Plus navrant encore, ce sont les agriculteurs qui, faute de moyens, ont préféré laisser le fruit pourrir, au lieu d’engager des frais, pour le vendre ensuite à perte...

Cette rencontre, rendue possible par l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM), le ministère de tutelle et l’Association des conditionneurs d’agrumes (Ascam) , sera salutaire pour la filière qui a besoin aujourd’hui d’une feuille de route claire pour ne plus tomber dans la même situation de crise, ou le cas échéant avoir les moyens de la dépasser. Toutes les recommandations qui pourront en émaner serviront à établir un programme que les professionnels comptent étaler sur une période de 5 ans. Il devrait, en principe, déboucher sur un plan d’action qui associerait d’autres maillons de la chaîne, notamment le conditionnement, la commercialisation et la transformation.

Dans le détail, ces «Journées agrumes» permettront d’analyser la cartographie et la typologie des vergers de production, le potentiel variétal existant ainsi que la demande du marché local et à l’export. Autre initiative, celle de réaliser un benchmarking pour analyser (enfin?) l’offre de la concurrence et le taux de couverture assuré par les stations de conditionnement existantes.

La profession s’interrogera également sur le rôle du producteur dans sa relation avec la station de conditionnement. Et impératif aussi, elle travaillera sur les points qui représentent normalement le b.a.-ba de cette filière, mais qui sont aujourd’hui son talon d’Achille: la production d’agrumes et de plants, le conditionnement, l’emballage et transformation, la commercialisation à l’export et la commercialisation au niveau du marché local.

Le marché à l’export

L’Exportation absorbe environ 25% de la production (entre 550.000 et 600.000t). Ce qui reste insuffisant. D’où la nécessité de faire plus d’effort pour écouler une production en hausse. En mettant en place une stratégie export pour consolider les marchés traditionnels et ouvrir de nouveaux marchés. Notamment vers l’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud… Aujourd’hui, le taux d’exportation vers les principaux marchés est de 35 à 40% pour la Russie, 35 à 40% pour l’UE, 15% pour l’Amérique du Nord  (Canada / USA). Et 10% pour les autres destinations confondues.

Le marché local

Le marché local absorbe environ 70% de la production, soit 1,6 à 1,7 million de tonnes. Or, il fait face à un problème de taille: les circuits de distribution intérieurs ne sont pas adaptés et sont gangrenés par les intermédiaires. Résultat: d’importants écarts sont enregistrés entre prix producteur et prix consommateur. C’est ainsi que l’interprofession mène une réflexion pour organiser le marché local. Notamment en encourageant les producteurs à commercialiser directement leurs agrumes en lançant une campagne de promotion pour augmenter la consommation intérieure. Et aussi en incitant les groupements de producteurs à créer des unités de transformation.

 

 

 

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