International

Demandeurs d'asile: La Grèce en colère

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4927 Le 29/12/2016 | Partager
Les responsables critiquent le règlement européen de Dublin
Le fardeau de la gestion pèse sur les pays de première arrivée

Le rétablissement récent du règlement européen dit de Dublin a été vivement critiqué par le ministre grec des Migrations, Yannis Mouzalas. Et pour cause, il laisse la prise en charge des demandeurs d'asile aux pays de première arrivée dans l'UE, soit essentiellement à la Grèce et à l'Italie. Alors que le règlement de Dublin prévoit la répartition des candidats à l'asile dans l'UE, «en même temps il annule cette répartition car le pays de première arrivée est chargé d'examiner la demande d'asile d'un grand nombre de migrants et réfugiés, ce qui est impossible à gérer», a-t-il précisé.
La Commission européenne a proposé le 8 décembre le rétablissement du règlement de Dublin, qui avait été suspendu en 2011. Ce règlement autorise le renvoi aux pays de première arrivée des candidats à l'asile qui sont arrivés dans d'autres Etats membres, sans examen de leur cas. Selon cette proposition, les Etats membres pourront à compter de la mi-mars renvoyer vers la Grèce tous les candidats à l'asile ayant pénétré sur le sol européen via ce pays. Les renvois vont commencer à partir du 15 mars 2017. Ils s'appliqueront uniquement aux candidats à l'asile arrivés en Grèce illégalement, exception faite des mineurs isolés, qui ne sont pas concernés pour le moment.
Le ministre grec va essayer de former un front dans l’UE avec d'autres pays de première arrivée, comme l'Italie, la Bulgarie, Malte. Objectif: rectifier les points «injustes» du nouveau «Dublin».  Il doit s'entretenir de ce sujet le 12 janvier avec son homologue italien au pays voisin.
Athènes plaide avec Rome pour un mécanisme qui répartirait la prise en charge des demandeurs d'asile dès leur arrivée. Pour parer à la surpopulation des camps surtout sur les îles en Egée où sont entassés 15.400 réfugiés et migrants, Mouzalas a annoncé la création de nouvelles installations. La majorité des migrants sur les îles ont demandé l'asile en Grèce pour échapper à leur renvoi au pays voisin, la Turquie, en vertu de l'accord signé en mars entre ce pays et l'UE. Mais la longueur des procédures des services d'asile en Grèce, surtout par manque de personnel, «contraint les migrants à rester beaucoup plus longtemps que prévu sur les îles, ce qui entraîne l'appauvrissement ou les délits», a avoué le ministre. Athènes a demandé à l'UE l'autorisation à transférer certains demandeurs d'asile dans des centres de rétention en Grèce continentale pour soulager les îles.

Défi de l’immigration

La crise des réfugiés et des migrants continue d'exercer une pression sur le régime d'asile et le système de migration grecs. La Grèce étant le principal pays de première entrée à partir de la route de la Méditerranée orientale. Si la déclaration UE-Turquie a entraîné une forte diminution du nombre des arrivées quotidiennes en Grèce en provenance de la Turquie, elle a néanmoins imposé de nouvelles responsabilités aux autorités grecques, selon une note de la Commission européenne. La situation en Grèce a également changé de manière notable à la suite de la fermeture de facto de la route des Balkans occidentaux, qui empêche les ressortissants de pays tiers de poursuivre leur voyage. En conséquence, plus de 62.000 ressortissants de pays tiers arrivés dans des conditions irrégulières se trouvent actuellement en Grèce.

 

 

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