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«Non, on ne doit pas avoir peur de Trump»

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4927 Le 29/12/2016 | Partager
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Pour Marc Ellenbogen, il n’y aurait aucune raison pour craindre Trump ni son administration. Trump est un pragmatique qui veut changer la façon de faire de l’Administration Obama (Ph.WP)

Pour Marc Ellenbogen, diplomate et ancien ambassadeur américain en Bulgarie, les tweets sulfureux du président élu américain ne doivent pas inquiéter. Trump est selon lui un pragmatique qui lors de la campagne électorale a attiré l’attention mais qui devra maintenant faire face à la réalité.
 
- L’Economiste: Doit-on avoir peur de Donald Trump?
- Marc Ellenbogen: Non, je ne le crois pas. Je crois que Donald Trump en tant que candidat a réagi à ce qu’il a perçu comme une faiblesse de l’administration Obama avec beaucoup de commentaires qui étaient «difficiles à avaler». Mais je ne pense pas qu’il puisse faire tout ce qu’il a dit. Je crois plutôt que son message était que les choses doivent changer. On pourrait le comparer au garçon turbulent de la classe qui du dernier rang commence à se faire remarquer en créant la zizanie, mais dès qu’il est au centre, devient plus serein.

- Justement, y aura-t-il des changements en matière de politique étrangère pour les USA avec Trump? Concernant le monde arabe, en tout cas?
- Je suis persuadé qu’il essaiera d’être plus proactif. La meilleure façon de faire est déjà d’employer suffisamment de personnes dans l’administration, ce qui est loin d’être le cas actuellement avec Obama où 30% du personnel manquait.
Je crois aussi qu’il va être plus proactif avec le Moyen-Orient. Comment, je ne pourrai vous dire, il faudra attendre. Mais ce qui est sûr c’est que ce ne sera pas une approche réticente mais proactive en tentant de s’impliquer. Mais il faudra attendre les six ou douze prochains mois avant de voir. Déjà, il s’est entouré de profils pragmatiques, à l’exception de l’environnement et de l’éducation. C’est le cas en matière de politique étrangère et en matière de défense à première vue.

- Et concernant le Maroc, quelle sera son approche?
- Le Maroc est actuellement un peu en dehors du centre des intérêts de l’agenda américain. Mais je suis sûr qu’avec les nouvelles recrues, le Maroc reviendra sur les radars. Trump a la réputation de vouloir être un isolationniste, ce qui est un peu vrai, mais il l’est dans le sens de chercher à mieux utiliser nos propres ressources et à assurer nos affaires. Ce qui est sûr, c’est qu’il continuera à communiquer et se réunir avec les partenaires des Etats-Unis. Je crois même qu’il fera mieux qu’Obama dans ce domaine.

«Interdire l’entrée des musulmans aux USA, c’est trahir nos valeurs»

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Pour Philip Crowley, les déclarations lancées lors de cette campagne électorale sont alarmantes. «J’ai été très inquiet quant à la rhétorique qui a englobé la campagne électorale américaine très particulièrement quand Trump a fait un appel pour l’interdiction de l’arrivée des musulmans aux Etats-Unis. Comme Américain, cela trahit les valeurs auxquelles on est habitués aux USA» assure Crowley. Le président Obama a passé huit ans essayant de convaincre le monde que les USA n’étaient pas en guerre contre l’islam, en repoussant les idées reçues avec la guerre contre Al Qaida. «Trump a mis en doute les compromis américains en faveur d’une relation pacifique et productive entre les USA et le monde musulman. J’espère qu’au cours de sa transition candidat-président, il pourra arriver à reconnaître le danger de cette rhétorique qui mine les bases de notre stratégie mais aussi celle de toute la région de repousser les dangers de Daech».

Propos recueillis par
Ali ABJIOU

 

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