Régions

Rabat resserre le budget de la commune

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4904 Le 24/11/2016 | Partager
Actualisation: renforcement du recouvrement des taxes communales
Une chasse contre les fonctionnaires fantômes est lancée
Une soixantaine d’agents appréhendés pratiquant l’activité de chauffeur de taxi

Les élus de Rabat viennent d’adopter, à la majorité, le projet de budget de la ville pour l’année 2017. Un budget contesté par l’opposition qui reproche au bureau dirigé par le PJD de gonfler certaines recettes en vue d’arriver à équilibrer son budget. «Si on tient compte de la trajectoire des recettes réellement encaissées durant ces cinq dernières années, on se rend compte qu’il n’y a pas eu de surestimation de budget», explique Amrani Lahcen, adjoint du maire de Rabat. Pour étayer ses propos, il rappelle que 89% des recettes prévues au titre du budget 2016 ont été recouvertes à fin octobre dernier. Mais le bureau du conseil de la ville est très conscient de la fragilité de la structure du budget dont près de 80% est destiné à couvrir des dépenses obligatoires: personnel, contrats de gestion déléguée… Ce qui réduit fortement la marge de sa manœuvre  pour lancer des projets de développement au profit de la ville. Face à cette situation, l’équipe dirigeante affiche son ambition de lancer des actions à partir de 2017 en vue de rationaliser le budget et améliorer les recettes. Parmi ces mesures, on cite l’actualisation du recensement des redevables aux taxes communales avec un renforcement au niveau du recouvrement. Un premier travail mené dans ce sens a déjà permis de relever des irrégularités flagrantes. Pour certains cafés et restaurants situés en plein quartier d’Agdal et de Ryad, le chiffre d’affaires déclaré avoisine 2.000 DH par mois, confie un élu pour qui ce montant ne représente même pas la recette d’une demi-journée d’activité de ces commerces.
Beaucoup de travail reste à faire en matière de valorisation du domaine communal par la révision des tarifs de location et ceux d’occupation. Toujours dans le même registre, le bureau dirigeant s’est engagé dans une vaste opération de chasse aux fonctionnaires fantômes. «Les frais du personnel dont l’effectif avoisine 4.700 personnes absorbent environ 450 millions de DH, soit près du double des recettes propres de la commune», tient à rappeler l’adjoint du maire. Selon ce dernier, la wilaya a déjà attiré l’attention de la commune sur ce sujet en lui envoyant en juin dernier une liste de 59 agents communaux relevés au niveau des postes de pointage des chauffeurs de taxis. «Une correspondance a été adressée aux responsables de différents services pour un pointage journalier de leur personnel avec un rapport hebdomadaire remis au maire», est-il indiqué. Ce travail va permettre de repérer les fonctionnaires fantômes qui seront rappelés à l’ordre avant de lancer la procédure de leur révocation, affirme Mohamed Sadiki, maire de Rabat.

Reproches de l’opposition

D’autres niches sont proposées par les élus de l’opposition pour améliorer les recettes de la commune. «Il faut revoir les contrats d’affichage des panneaux de publicité dont le tarif appliqué reste très dérisoire, soit 12.000 DH par an», s’indigne Omar Hayani, élu du la FGD. Ce dernier soulève aussi la dégradation du service de la collecte des déchets, ce qui nécessite l’application des pénalités à l’encontre des opérateurs défaillants. «On attend toujours la réponse du maire sur ce sujet en précisant le montant des pénalités appliquées», ajoute Hayani. Sans préciser de chiffres, le maire confirme l’application des pénalités, ce qui a permis de rappeler à l’ordre les opérateurs concernés.

 

 

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