Régions

Fès/Gestion des parkings: La mairie veut mettre fin à l’anarchie

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4904 Le 24/11/2016 | Partager
Assiduité, uniformes, tarifs… les priorités
Les grandes artères mieux servies que les ruelles

Pas de sabots ni horodateurs pour l’instant. Le conseil communal de Fès a toutefois musclé les conditions de gestion des parkings de la ville. Ceci afin de couper court avec les gardiens qui maltraitaient les automobilistes. Une mesure qui tombe à point nommé avec les préparatifs de la visite royale. Ainsi, la commune entend cadrer les mauvaises pratiques et le désordre qui régnaient à travers la mise en place de plusieurs dispositifs.
Pour rappel, Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès, avait promis dès son élection de ramener les tarifs de stationnement à la normale (2 DH). «Nous avons tenu une réunion avec les gestionnaires de ces parkings. On leur a demandé d’afficher la tarification, instaurer une nouvelle méthode de collecte des recettes, identifier leurs gardiens et les doter d’uniforme», disait-il.
Si, auparavant, des panneaux indiquant «parking» étaient installés un peu partout suscitant le mécontentement des habitants, surtout dans les endroits où le stationnement était gratuit, aujourd’hui, un tracé bleu différencie les emplacements payants de ceux gratuits. «Les parkings payants sont aussi reconnaissables aux panneaux indiquant les tarifs (2 DH pour la journée et 5 DH pour la nuit)», a déclaré Mohamed El Harti, vice-maire. Selon lui, «en dehors des aires de stationnement avec des lignes bleues, tous les autres emplacements sont gratuits».
Par ailleurs, les gardiens «accrédités» mettent des uniformes et des badges. Ils sont obligés à respecter la tarification en vigueur et se montrer respectueux vis-à-vis des automobilistes. A travers ces mesures, les dirigeants de la ville veulent instaurer de l’ordre dans la gestion des parkings, lutter contre l’anarchie et les gardiens récalcitrants. A Fès, le problème des parkings ne date pas d’hier. Il y a quelques années déjà, des lettres de contestation avaient été adressées au conseil de la ville. Lequel avait promis d’améliorer ce service, en délégant ce secteur à des sociétés privées, afin d’organiser sa gestion et générer des recettes régulières. Il avait dès lors élaboré un cahier des charges avec 27 mesures à respecter par les sociétés déléguées. Rien qu’en matière de tarifs, la commune a fixé un montant de 1 DH pour les vélos et les motocyclettes durant la journée (de 8h à 21h) et 2 DH le soir (de 21h à 8h), 2 DH pour les voitures durant la journée et 5 DH le soir, et 5 DH la journée et 10 DH le soir pour les camions. Ces tarifs devraient être affichés sur les panneaux de signalisation du stationnement payant. Selon les termes du cahier des charges, les voitures de service (immatriculées J et M rouge) ne payent aucun droit de stationnement. De même, le stationnement devant les administrations publiques est gratuit. Par ailleurs, l’exploitation d’une ou plusieurs places de stationnement pourrait être interrompue par décision de la collectivité au cas où une cérémonie officielle ou toute autre manifestation, ou l’exécution de travaux l’exigeraient. Mais rien n’y fait.
En tout cas, grâce à la nouvelle feuille de route, la mairie a pu ramener les tarifs à la normale (2 DH) et exigé une certaine assiduité de la part des gardiens. L’expérience des uniformes qui est lancée, au niveau des avenues Hassan II et Allal Benabdallah, est vivement appréciée. Les habitants de la ville espèrent qu’elle se généralise et concerne aussi les ruelles. A noter que ce sont les gardiens, eux-mêmes, qui achètent leur propre tenue à 500 DH. «Leurs patrons ne veulent rien savoir. Ils nous exigent une recette quotidienne qui varie entre 100 à 200 DH par emplacement», déplorent-ils.   
Bon à savoir enfin, la gestion des parkings est désormais soumise à un cahier des charges très vigoureux. En cas de manquement au respect dû à l’automobiliste ou l’application d’un tarif élevé, «le gardien est relevé de ses fonctions immédiatement». Il suffit de transmettre sa plainte par WhatsApp via les deux numéros verts, dédiés par la commune pour faciliter et améliorer la gestion des réclamations en lien avec le stationnement des voitures.

Une gestion intelligente 2.0

Après l’instauration des uniformes, les dirigeants de la ville veulent se mettre à la smart city dans la gestion de places de parking. Ceci, à travers la création d’un service intelligent 2.0, qui permettra un stationnement plus rapide des automobilistes. En fait, la Ville veut développer une application mobile et une interface web dédiée. «Grâce à cette mesure, les conducteurs pourront, en un simple clic, trouver la meilleure position de stationnement pour garer leur véhicule», souligne-t-on. Ce nouveau service sera le premier au Maroc. Il permettra d’optimiser la circulation et rendre le stationnement plus accessible.

De notre correspondant,  Youness SAAD ALAMI

 

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