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L'Edito

Faille

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:4937 Le 12/01/2017 | Partager
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Le potentiel de consommation des ménages sera l’un des grands points d’interrogation pour l’année en cours. Bonne campagne agricole ou pas, sur ce sujet, les ambitions sont invariables, ou très peu, entre c’est moins pire que prévu pour cette fois et ce sera mieux que prévu la prochaine fois. Et pourtant, il faut bien que ce sujet soit remis au cœur des priorités car les pistes pour la croissance ne sont jamais loin.

Les habitudes de consommation des Marocains restent sans doute sous-étudiées et les gisements éventuels, dans les campagnes tout particulièrement, mal compris en raison d’une faible bancarisation et de la persistance un peu partout de l’informel. Mais, sur ce front, la bataille la plus mal engagée pour l’heure est celle de la classe moyenne considérée comme l’un des principaux moteurs économiques. Même s’il est un peu plus aisé au Maroc de se prononcer sur le taux de pauvreté que d’évaluer la part de cette population, les chiffres du HCP paraissent crédibles: 55,8% des Marocains se classent dans cette catégorie selon le critère sociologique de l’autodéclaration, et 53% selon l’approche, plus économique, par les revenus soit plus de 16 millions de personnes. Et même en dehors des méthodologies officielles, il est possible de mobiliser d’autres indices comme les chiffres impressionnants des ventes automobiles: 163.000 véhicules en 2016 (+25%, un record historique).

La classe moyenne n’est probablement pas un tout homogène dans le contexte marocain mais elle est incontestablement une réalité. Ce qu’il reste à faire maintenant c’est de la développer et surtout de la rassurer. A commencer par son pouvoir d’achat. Une grande part de l’effort financier supportée par cette classe disparaît dans des prestations privatisées (santé, transport, école, retraites) alors qu’elle devrait l’être par des services publics, pas assurés ou défaillants. C’est une faille structurelle criante.

 

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