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Politique Internationale

Un livre d'art édité par la BCM

Par L'Economiste | Edition N°:61 Le 07/01/1993 | Partager

Dans le cadre de ses activités culturelles, la Banque Commerciale du Maroc (B.C.M.) vient d'éditer un livre d'art intitulé "Peinture et mécénat - une collection marocaine".

L'ouvrage, réalisé en polychromie, est un gros volume comportant 175 tableaux photographiés, de peintres marocains et étrangers ayant vécu au Maroc et qui font partie de la collection que l'établissement bancaire a rassemblée au fil des années de mécénat. Le texte, présenté sous forme de communication sur des thèmes précis, est issu de la verve du chercheur marocain Khalil M'Rabet qui suit de très près l'évolution de l'art pictural au Maroc.

Côté esthétique, le livre présente des qualités d'impression évidentes. Les photographies sont sorties du Zoom de Gerard Lévy, un professionnel de la photo né à Alger et qui n'est pas à son premier projet. Il a travaillé pour la publicité, la mode et pour des magazines spécialisés. En ce qui concerne la présentation du texte, la disposition des chapitres a été faite de telle manière qu'elle permette une meilleure fixation des idées. Les commentaires et les illustrations évoluent selon le thème traité et le sujet abordé.

Parmi ces thèmes, on distingue :

- le mécénat marocain ;
- hommage à Gharbaoui oublié du mécénat ;
- la norme et la déviance ;
- une collection marocaine ;
- quelques artistes du Protectorat ;
- une figuration plurielle ;
- quelques irréductibles ;
- une école marocaine du signe ;
- calligraphie et peinture ;
- le rural transposé ;

Dans la préface de ce livre édité en format "Beau-Livre", M. Abdelaziz Alami rend hommage à un des premiers peintres marocains et qui était son ami. Il s'agit de Jilali Gharbaoui, ce peintre né en 1930 à Jorf-El-Malh dans la région du Gharb et qui a été retrouvé gisant sur un banc public à Paris le 8 avril 1972.

Ainsi lit-on en préambule, dans cette lettre d'apologie titrée "j'avais un ami" et où Alami nous livre ses souvenirs en évoquant les circonstances de sa rencontre avec ce peintre (qui comme Mekki Morsia et Ahmed Cherkaoui se considère comme un pionnier de la peinture marocaine et envers qui le destin n'a pas été rieur) :

"j'avais un ami. Il s'appelait Jilali Gharbaoui. Il ne venait de nulle part et son monde était ailleurs. Il était fatigué jusqu'au délabrement, pauvre jusqu'à la misère, seul jusqu'à la détresse. Il était peintre et surtout il était génial. Mais ce dernier point, il a fallu à Jilali Gharbaoui le payer de sa mort pour nous en convaincre. L'art est une résurrection mais pour les seuls artistes qui ont su sacrifier leur vie à leur oeuvre". Dans les écrits développés par Khalil M'Rabet sur le mécénat et sur l'art, en prenant la collection présentée par la BCM comme champ d'analyse, un accent a été mis sur le rôle moteur des banques en tant qu'institutions privées qui auraient tout à gagner si elles se lançaient dans le mécénat. De tout temps, ce dernier recours a été d'un secours précieux pour l'art. L'Histoire est là pour témoigner de certaines choses. Que serait par exemple Léonard De Vinci sans les Médicis ?

"Le mécénat, écrit M'Rabet, fait partie de la politique de communication des entreprises. Et ce n'est pas un hasard si l'aide culturelle s'investit dans les projets à fort quotient médiatique". Après ce bref aperçu sur le mécénat marocain, en prenant la B.C.M comme modèle, l'auteur passe aux commentaires des oeuvres rassemblées par cette banque, et c'est aussi un prétexte de passer en revue les différentes tendances artistiques inventoriées au Maroc.

Dans la communication qu'il a consacrée à Gharbaoui, peintre qu'il qualifie de "peintre du silence intérieur", il a mis en valeur l'oeuvre et l'apport non négligeables de ce précurseur en "quête d'une impossible communication par delà le cercle permissif de la solitude et du mépris".

Les 14 tableaux de Gharbaoui (3 encres, 5 huiles, 6 gouaches), analysés avec prudence, sont datés de 1955 à 1971. On retrouve chez M'Rabet ce souci du détail au niveau de l'approche. Certes on pourrait lui reprocher une certaine célérité quant à la manière dont il a survolé certains faits marquants, mais quoi qu'il en soit, l'effort de Khalil M'Rabet reste un geste qui a son importance.

Ce qu'il y a de positif et d'intéressant dans son travail, c'est d'avoir tenté une approche sans faire de l'adage "tout ce qui se ressemble s'assemble" une devise et un outil d'investigation et de jaugeage. Procédant par touches, sa démarche semble toute teintée d'empirisme méthodologique. Les commentaires analytiques ainsi faits semblent le résultat d'une longue observation visuelle. Les peintres traités au cas par cas, et ensuite selon les dominantes, sont présentés d'une manière réfléchie. M'Rabet a su éviter les pièges de l'abstraction et il n'a pas cherché les raccourcis et le chemin du moindre effort. Grâce à lui et au soutien matériel de la BCM, le livre d'art redevient d'actualité.

Abderrazak RAZAK

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