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UMA: C'est encore du «chacun pour soi»

Par L'Economiste | Edition N°:1574 Le 04/08/2003 | Partager

. En matière économique, chaque pays joue sa propre partition. La spécialisation intrarégionale générera 4,6 milliards de dollars…. …Si le commerce intrazone et les IDE décollentPeut-on espérer un jour voir naître et prospérer un marché unique maghrébin? Il faudra y arriver comme dans toutes les autres régions du monde. Les trois pays voisins en prennent conscience. Ils ont tout à gagner de cette intégration (croissance économique, attractivité des investissements directs étrangers). La spécialisation intrarégionale leur permettra de tirer profit de la mondialisation et de différencier leurs échanges. Elle pourrait se traduire par un gain de 4,6 milliards de dollars, si le commerce intrazone et les flux d'IDE atteignent les niveaux des autres zones d'intégration de pays en développement.Relever un tel défi est possible si les gouvernants décident rapidement de traduire leurs déclarations en actions concrètes. Mais la tâche est lourde car au lieu de jouer sur leur complémentarité, les économies maghrébines se sont livrées une concurrence sans merci pour répondre aux besoins de leur client commun, l'Union européenne. Le diagnostic dressé par la direction de la Politique économique générale (DPEG) est sans appel. Si les échanges intermaghrébins sont freinés, c'est en partie parce que les similitudes entre les économies voisines prédominent. Le Maroc et la Tunisie sont les premiers visés. D'ailleurs, la dernière réunion maroco- tunisienne tenue en juillet était dominée par la qualité des échanges bilatéraux. Les deux parties ont planché sur les différentes entraves au commerce et les solutions à adopter (www.leconomiste.com). Pour passer à la vitesse supérieure, les deux pays devront s'attaquer à plusieurs chantiers (harmonisation des procédures douanières et complémentarité des exportations). Pour l'instant, ils en sont encore loin.«Le degré de similarité des exportations de la Tunisie par rapport aux exportations marocaines est passé de 75 à 79% entre 1990-1995 et 1996-2000«, relève la DPEG. Bien sûr, les deux pays ont cherché à tirer partie des préférences douanières accordées par l'UE. Mais cela s'est traduit par le développement de similitudes des structures productives et une concurrence sur les avantages comparatifs dans les relations avec leur client commun. Aujourd'hui, 68% des exportations tunisiennes portent sur des industries où le Maroc détient un avantage comparatif sur le marché européen. Le cas algérien est différent puisque le degré de similitude avec ses deux voisins demeure faible.Le faible développement des échanges régionaux s'explique lui en partie par l'inadéquation des structures exportatrices à la demande de la région. «Toutefois, des études du FMI prouvent que le degré de complémentarité des productions des pays maghrébins est globalement proche de celui de l'Apec ou du Mercosur«. Or, les échanges intrazone y ont explosé entre 1970 et 2000.La timidité des échanges intermaghrébins s'explique par la sous-exploitation du potentiel de développement des échanges dans la région.Le fait est là: la conclusion de multiples accords commerciaux entre les pays maghrébins ne s'est pas traduite par une libéralisation suffisante des échanges. Des obstacles structurels persistent et réduisent la cohérence globale de l'intégration.Tout d'abord, le taux moyen des droits de douane dans la région reste nettement plus élevé que la moyenne des pays en développement (entre 22 et 30%). Ainsi, en 2000, les recettes générées par les droits de douane représentaient près de 17% des recettes fiscales, soit 3 fois plus élevées qu'au Mexique, Chili, Indonésie ou Corée. De plus, les obstacles tarifaires et non tarifaires restent élevés entre les pays du Maghreb, malgré les récentes mesures de libéralisation des échanges adoptées de manière unilatérale. «Mais la poursuite de la libéralisation commerciale devrait se traduire par un accroissement des échanges intrarégionaux«. Parmi les obstacles non tarifaires toujours en vigueur, la non-reconnaissance mutuelle des certificats délivrés par les laboratoires de certification des pays de la région. Ainsi, les certificats d'importation, les contrôles qualité sont parfois imposés de manière discriminatoire. Sans parler de la multiplicité des régimes fiscaux et des mesures paratarifaires qui ne sont pas clairement spécifiées.«Ces obstacles multiples se traduisent par un surcoût des échanges extérieurs et limitent la compétitivité des industries locales ainsi que le volume des échanges«.Certes, le Maroc et la Tunisie sont en train de démanteler ces mesures non tarifaires suite à leur engagement dans l'OMC. Mais sont également montrées du doigt les défaillances des infrastructures de transport et notamment, l'absence quasi totale de lignes directes de transport terrestre et maritime. «Ces carences génèrent un surcoût et limitent la compétitivité prix des produits échangés«. Exemple: les accords bilatéraux préférentiels lient l'octroi d'avantages fiscaux au respect de la règle du «transport direct«. Le transit du produit par un territoire tiers entraîne donc la rupture de la règle et l'annulation du régime préférentiel!Sur le plan institutionnel, la politique de libéralisation commerciale doit être complétée par une loi sur la concurrence pour lutter contre les pratiques non concurrentielles. Les trois pays ont déjà mis en place un cadre légal. Cependant, la mise en pratique est encore éloignée des standards internationaux, les situations de rente persistent dans certains secteurs.Mouna KABLY

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