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Economie

Transport de marchandises
Les premiers effets de la libéralisation

Par L'Economiste | Edition N°:2309 Le 30/06/2006 | Partager

. 4.434 entreprises et près de 7.000 emplois créés. Prix de référence, opération de rénovation du parc, conditions avantageuses de financement… . Mais les problèmes de fond persistentLe transport routier de marchandises entame sa mue. En témoignent les créations d’entreprises enclenchées ces trois dernières années. En effet, depuis la libéralisation du secteur en 2003, 4.434 entreprises ont été créées avec quelque 7.000 emplois générés. Et pourtant, le secteur revient de loin.Les principales contraintes restent le manque de compétitivité, l’informel, la surabondance de l’offre et la rareté d’un transport routier de qualité et spécialisé. Ce qui se traduit par de nombreux problèmes liés à la qualité des prestations et les tarifs. Les opérateurs reconnaissent que l’un des grands problèmes du secteur est l’érosion des tarifs. Une situation encouragée par des chargeurs qui préfèrent généralement les prestataires offrant les prix les plus bas. Du coup, les entreprises de transport structurées se trouvent dans l’obligation de s’aligner. Ce qui incite à la surcharge et autres pratiques peu orthodoxes (diminution du prix de la main-d’œuvre…). D’ailleurs, même les différentes hausses des tarifs, décidées suite à l’augmentation des prix du gasoil, n’ont jamais été respectées à l’unanimité.A cela s’ajoutent des problèmes liés à la sécurité. Le talon d’Achille du parc roulant reste incontestablement sa moyenne d’âge: 13 ans, soit le double de la moyenne dans les pays de l’Europe centrale. Six camions sur dix ont plus de 10 ans d’âge au Maroc, selon un rapport récent de la Banque mondiale. Elle-même, la tutelle reconnaît que la vétusté du parc constitue «l’une des contraintes réelles à la modernisation et la mise à niveau du secteur». Lors d’une journée d’étude organisée à Rabat, Karim Ghellab, ministre des Transports, a affirmé que son département «ne peut laisser le secteur dans l’anarchie. Le transport doit s’adapter aux ambitions économiques du pays». Le décollage économique via l’immobilier, le tourisme et l’industrie reste d’ailleurs intimement lié au transport. Et dans une logique d’exportations, le transport de marchandises est appelé en premier lieu à se mettre à niveau et devenir compétitif. Pour y arriver, la tutelle a mis en place un certain nombre de mesure à même d’instaurer des principes de compétitivité et de concurrence loyale en incitant à la qualité comme fondement du développement. A cet effet, le gouvernement a décidé, dans le cadre de la loi de Finances 2006, l’institution d’une prime de renouvellement des véhicules de transport routier de marchandises. Au total, l’Etat compte renouveler quelque 7.170 véhicules ayant moins de 15 ans (6.650 véhicules de transport de marchandises et 520 véhicules de transport mixte). Jusque-là, près de 80% des opérateurs du secteur disposent d’un camion ou deux et estiment que les charges de la fiscalité qu’exige le secteur formel est sans rapport avec les recettes qu’ils réalisent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Banque mondiale recommande la consolidation des transporteurs par la création de sociétés de gestion qui regrouperaient des parcs importants de véhicules. L’objectif de cette démarche étant de créer une taille critique vis-à-vis de l’offre des chargeurs. Mais aussi assurer une grande attractivité en tenant compte de la contrainte liée à la capacité de financement limitée des transporteurs. La loi 16-99, rappelons-le, était conçue pour soutenir le secteur et encourager l’initiative privée. Celle-ci a banni le système de l’octroi d’agréments et des autorisations en instaurant des normes inhérentes à la compétence professionnelle et à la capacité financière. Parallèlement, le système d’agréments a été aboli et le monopole, attribué auparavant à l’ONT. Autre mesure susceptible de tirer le secteur vers le haut: la mise en place de coûts de référence. Pour rappel, le prix de référence est une vieille doléance des transporteurs pour introduire plus de transparence sur le marché. Un argument souvent invoqué pour rehausser les standards du transport de marchandises.Pour rappel, au cours des trois dernières années, les tarifs du transport de marchandises ont connu une hausse de quelque 9% attribués à la flambée des prix du carburant. Des transporteurs estiment que la commercialisation d’un gasoil professionnel devrait atténuer la flambée du baril et partant inciter les petits transporteurs à rejoindre le giron formel.


Prime à la casse!

L’une des contraintes majeures du secteur de transport de marchandises reste la vétusté de son parc. Selon le ministère de tutelle, «cette vétusté ne favorise nullement l’émergence d’un système efficient ni en termes de qualité de service, de rentabilité, de compétitivité qu’en termes de sécurité et de respect de l’environnement». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la tutelle a mis en place une prime de renouvellement des véhicules qui restera en vigueur jusqu’à 2008. Compte tenu des contraintes liées à la capacité de financement limitée des acquéreurs, un dispositif a été élaboré. Il consiste à faire bénéficier les transporteurs de prix d’acquisition incitatifs et ce, par la révision des droits de douane et la sélection de fournisseurs offrant des tarifs compétitifs. L’Etat compte d’ailleurs mettre en place une opération de retrait et de la casse de véhicules vétustes. Un opérateur spécialisé sera chargé de la gestion de cette opération et de la casse des véhicules à réformer. Le dispositif de retrait des véhicules sera accompagné de conditions avantageuses en termes de financement pour l’acquisition du neuf.


Coûts de référence: Le principe

La tutelle vient de mettre en place une structure dédiée aux coûts de référence. Ces coûts constituent un indicateur de tarification à appliquer dans un cadre concurrentiel. Pour cette grille, la structure des coûts de revient annuels du transport de marchandises sera répartie entre les charges variables (52%), fixes (39%) et les frais de structure (9%). A signaler que les frais énergétiques représentent environ le tiers du coût global du transport de marchandises et ce, quelle que soit la cargaison. Le coût global moyen présente des variables qui influent sur le niveau du coût du transport. Ainsi, tous les six mois, le département de tutelle établit une grille sur les coûts actualisés de référence. Il procédera en outre à l’information des professionnels, chaque fois que le prix de revient de référence augmente d’un taux supérieur ou égal à 2%. Amin RBOUB

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