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Tourisme : Les agences réclament une promotion musclée

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

Le rideau est tombé sur le premier congrès de la Fédération des Agences de Voyages tenu du 7 au 9 décembre à Tanger. Les opérateurs contestent la stratégie de promotion de l'ONMT et prônent l'unité de la profession.

Les professionnels tempêtent contre la réduction des crédits alloués à la promotion. L'ONMT qui était déjà dépouillé d'une partie de ses ressources (les redevances hôtelières) par la privatisation, vient de se voir amputé du quart de son budget, 90 millions de DH au lieu de 120 millions initialement prévus. Moins d'argent et donc moins de communication. Pour l'année 1996, l'Office a été contraint de différer la publicité institutionnelle sur certains pays émetteurs faute de moyens. Il a donc fallu faire des choix, explique son directeur général. Au premier semestre, l'effort sera concentré sur deux des principaux marchés: la France et l'Allemagne. Les appels d'offres pour la sélection des agences de publicité ont déjà été lancés. La campagne devrait démarrer au printemps prochain. Et les professionnels rechignent pour l'instant à contribuer financièrement à la promotion. La FNAVM attend qu'une réponse soit donnée à sa proposition de création d'une société d'économie mixte en remplacement de l'Office qu'elle accuse de prêcher dans le désert.

Si la publicité institutionnelle est du ressort des pouvoirs publics, celle des produits incombe d'abord et avant tout aux professionnels. Et quand on sait qu'à un mois du Salon du tourisme de Madrid, aucun professionnel ne s'y est inscrit, il faut craindre que les critiques de la politique de promotion ne servent qu'à masquer la piètre qualité des prestations.

L'appel à l'unité de tous les professionnels du secteur lancé en conférence de presse de clôture du congrès des agences de voyages n'est pas innocent. En cette période de contraction de la demande touristique, la braderie des tarifs qui faisait déjà rage gagne en intensité. En fait, le jeu est en soi dangereux, car il influe fatalement sur la dépréciation de la qualité des prestations, et à brève échéance, accentue la baisse de la demande. Une façon de scier la planche sur laquelle on est assis. Sauf à détenir un important matelas financier pour compenser l'effritement des marges, cette braderie laissera des traces.

Cet appel risque également de sonner creux chez les hôteliers, embourbés dans les problèmes de gestion de leurs dettes. Surtout qu'entre les agences de voyages et les hôteliers les points de friction ne manquent pas.

Le Maroc, plus cher que Saint Domingue

La présence plus que diplomatique des hôteliers - véritable colonne vertébrale du tourisme à ce congrès en disait long d'ailleurs sur les relations entre les deux parties. "A proprement parler, il n'existe pas de problème entre corporations, mais il y a un déficit de communication de part et d'autre", voire sans doute un manque de confiance, reconnaît M. Othmane Chérif Alami, président sortant de la Fédération. Pas plus tard qu'il y a quelques jours, les hôteliers ont poliment rejeté l'offre des agences de voyages qui les avaient conviés à débattre de la tarification. Plus récemment, les agences marocaines se sont vu interdire l'accès à l'hôtel pour tenir le work-shop convenu avec leurs collègues israéliens qui étaient en congrès à Marrakech au début du mois.

Pendant ces chamailleries, observe un congressiste venu de Belgique, nos concurrents, eux, avancent. Excédé par des débats sans lendemain, qui caractérisent souvent ce genre de forum, ce RME, qui possède trois agences de voyages et passé vingt-cinq ans au pays de Tintin, a proposé devant un auditoire médusé bureau, fax et téléphone à un professionnel qui voudrait s'y installer immédiatement.

Des discours, dit-il, c'est bien, "mais il nous faut des actes". Pour ce professionnel des loisirs, l'essoufflement du Maroc sur les marchés de séjour s'explique par son manque de compétitivité. Il en veut pour preuve le choix de la Fédération des Agences de Voyages belges qui a renoncé à tenir son congrès à Marrakech et opté finalement pour Saint Domingue, puisque le package sur le Maroc situé pourtant à quelques encablures de Bruxelles est plus cher que celui de la petite république d'Amérique centrale qui se trouve à plus de dix heures de vol de la capitale belge.

La Loi de Finances de transition n'a pas échappé à la critique. Si les professionnels comprennent les difficultés de trésorerie de l'Etat, l'augmentation de la TVA d'un point tombe comme un couperet sur un secteur où la fiscalité passe pour un élément qui gênerait la compétitivité du produit face à la concurrence.

Abashi SHAMAMBA

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