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Economie

UE: Bilan de la présidence espagnole

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

De notre correspondante à Madrid,
Pascale BOURGAUX


Le Conseil Européen des 15 et 16 décembre prochain à Madrid sera l'occasion de faire le bilan de la présidence espagnole et de parler de l'avenir.


Après six mois de travail politique et technique intense, l'Espagne s'apprête à célébrer la fin de sa présidence, lors du Conseil des quinze chefs d'Etat et de gouvernement européens prévu dans la capitale les 15 et 16 décembre.
Les partenaires feront le bilan de la présidence espagnole et devront fixer les objectifs des prochaines années cruciales pour l'avenir de l'UE. C'est aussi le dernier conseil auquel participera le ministre des Affaires étrangères espagnol Javier Solana, qui, à partir du 18 décembre, assumera les fonctions de secrétaire général de l'OTAN.

L'Euro-Méditerranée


"Par rapport à d'autres présidences, l'Espagne est parvenue à faire avancer beaucoup plus de dossiers", assure-t-on au Secrétariat d'Etat pour les Communautés Européennes du Ministère des Affaires Etrangères espagnol. Effectivement, il faut reconnaître que, comparée à la France et l'Allemagne qui ont été trop occupées par leurs élections nationales, l'Espagne a engrangé une série impressionnante de réussites tant politiques que techniques.
Sur le plan de la politique de l'UE, l'Espagne est parvenue à marquer sept points capitaux. D'abord vis-à-vis de son partenaire naturel, la Méditerranée. La Conférence euro-méditerranéenne de Barcelone, qui a réuni fin novembre les quinze ministres européens des Affaires étrangères et leurs douze homologues du Sud de la Méditerranée, a officiellement donné le coup d'envoi d'une politique régionale spécifique entre les deux rives de la Mare Nostrum. La Déclaration finale comprend un volet économique qui prévoit la création d'une zone de libre-échange d'ici 2010 et le renforcement de la coopération économique et financière entre les nouveaux partenaires (l'UE a octroyé une aide de 4,685 milliards d'Ecus pour encourager les mesures d'ajustement (voir L'Economiste du 30 novembre). Le document comprend également des volets politique (respects des droits de l'Homme et encouragement de la démocratie) et culturel (collaboration entre les médias). Outre cet accord global, l'Espagne a montré un zèle tout particulier pour que soient signés, sous sa présidence, les accords d'association bilatéraux entre l'UE et respectivement le Maroc, la Tunisie et Israël. Les négociations avec le partenaire marocain furent particulièrement épineuses étant donné leur coïncidence avec les négociations sur l'accord de pêche, qui aboutirent elles aussi sous la présidence espagnole.

Le 13 décembre, un autre pas vers la libéralisation des échanges euro-méditerranéens doit être marqué par la mise en route effective de l'union douanière entre l'UE et la Turquie. Cet accord ainsi que la Déclaration de Barcelone sont fortement critiqués par les organisations espagnoles d'agriculteurs, qui n'ont pas hésité à descendre dans la rue à plusieurs reprises pour le faire savoir.
Après la Méditerranée, c'est vers l'Atlantique que l'UE s'est tournée. Lors de la visite de Bill Clinton en Espagne, début décembre, a été signé le "Nouvel agenda transatlantique" qui prévoit le renforcement de la coopération politico-sécuritaire, économique, culturelle et sociale entre l'UE et les Etats-Unis. Ont également été formalisées les relations avec l'Amérique latine, par la signature d'un accord de collaboration avec le groupe Mercosur.
Pour ce qui est des relations UE-ACP(1), le nouvel accord de Lomé a aussi pris forme sous la présidence espagnole, de même que les préparatifs pour la prochaine rencontre à Bangkok qui marquera le début des liens avec l'Asie. Et enfin, la Russie n'a pas été oubliée, puisqu'un accord politico-éonomique a aussi été signé.

Vers la monnaie unique


Loin des "grandes messes" politiques, se sont réunis dans toute l'Espagne les différents conseils ministériels sectoriels (Agriculture, Finances, Energie, Environnement, Education, etc) au cours desquels ont été adoptés, au total, 33 règlements(2), 7 décisions et une dizaine de directives. Voici pêle-mêle ce qu'ont, entre autres, décidé les Quinze: une étude sur les répercussions de l'ampliation de l'UE aux pays de l'Est sur la PAC; plusieurs résolutions contre le racisme et la xénophobie (dans l'emploi, la publicité, l'éducation etc); l'approbation du programme Media II; des résolutions sur la compétitivité des petites et moyennes entreprises innovantes et des industries mécaniques; plusieurs directives pour la protection de l'environnement; une directive sur les transferts financiers transfrontaliers et la garantie des investissements européens; l'homogénéisation des indexations des prix; l'homogénéisation des permis de conduire, etc

Après avoir salué le travail de la présidence européenne, les Quinze discuteront des prochains défis auxquels devra faire face l'Europe. Premiers objectifs: 1997 et l'Union Economique et Monétaire (UEM), et 2002, la monnaie unique. C'est notamment à Madrid que doit être décidé le nom de la future monnaie, qui divise depuis plusieurs semaines les partenaires européens: les Allemands refusent le nom ECU -qui, d'après les experts, évoque trop les turbulences économiques des années 30- et proposent le préfixe EURO- qui serait joint au nom de chaque monnaie nationale (Euro-Franc, Euro-Peseta, etc). Les Quinze évoqueront aussi le calendrier monétaire: quatorze d'entre eux souhaitent que la décision de "qui participera et qui ne participera pas à l'UEM" ait lieu "le plus tôt possible en 1998", tandis que la France souhaite que la discussion ait lieu fin 1997.
A la fin du Conseil, l'Espagne passera le flambeau à l'Italie. Celle-ci devra apaiser ses turbulences intérieures car le cahier des charges qui lui revient est de toute première importance pour l'avenir de l'UE. La présidence italienne devra principalement préparer la Conférence inter-gouvernementale et la révision du Traité de Maastricht

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