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    Politique Internationale

    Théâtre : Les enfantillages en scène

    Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

    "Avec Marcel, on disait quand même oui mais on pensait non"

    Une création du Théâtre 121 au Centre Culturel Français de Casablanca

    Pourquoi les Cochons d'Inde n'ont ils pas d'âme?, demande Marcel, et pourquoi les grandes personnes ne savent-elles pas répondre à toutes les questions ?

    Dans un petit village de la campagne française, voici Marcel aux prises avec le Maître d'Ecole, le Boucher, le Curé, le Garde Champêtre...

    Résultat de cette procession de figures pittoresques, un spectacle savoureux, drôle et émouvant à la fois. Sur un texte original de Raymond Cousse, un One Man Show signé Hicham Rajraji.

    La pièce commence: on apprend que Marcel, le camarade de jeux du narrateur, est mort. La mort de Marcel constitue d'ailleurs le prétexte qui provoque le récit du narrateur. Ceci, dans la mesure où cette mort inexplicable (et tellement mystérieuse), pousse le héros à repenser, avec son imagination d'enfant, son rapport au monde des adultes.

    Ce texte est à l'origine un roman de Raymond Cousse(*),"Enfantillages".

    "En fait, nous explique Hicham Rajraji, ce texte fut d'abord adapté par son auteur en une pièce à un seul personnage, ou plutôt en une pièce à plusieurs personnages mais pour un seul comédien."

    "Quand j'ai lu le texte, il y a quelques années, j'ai été séduit, passionné... J'ai donc joué la pièce sous sa forme originale et dans la mise en scène de l'auteur. Mais cette mise en scène, ou plutôt cette scénographie ne m'avait pas entièrement satisfait..."

    C'est alors qu'interviennent Bernard Schnerb, et Catherine Klein, respectivement Directeur du Centre Culturel Français et Artiste - peintre Scénographe.

    "Ce fut une expérience intéressante et originale, poursuit Hicham Rajraji. Nous avons longtemps travaillé, à trois, autour d'une table. L'idée était de chercher à suggérer, par le jeu et par le décor, l'univers de l'enfant narrateur."

    Pari gagné! Dès la première minute du spectacle, nous voici plongés dans un univers à la mesure de son personnage principal: un enfant qui joue, qui rêve, qui s'interroge. Et l'on n'a, effectivement, aucun mal à croire que c'est l'enfant lui même qui a fabriqué le décor et les accessoires de la pièce...

    Ceci amène naturellement Hicham Rajraji à nous parler du dispositif scénique de ce spectacle:

    "Nous sommes partis de l'idée que le décor et les accessoires ne devaient pas être réalistes, mais plutôt suggérer les lieux et les objets obsédants de la vie d'un enfant. Le "praticable" (sorte de meuble à compartiments), élément principal du décor, est une Boite Magique qui devient successivement Tombeau, Boucherie, Chambre de la soeur de Marcel, école, église, etc... Souvent même, c'est le décor ou l'accessoire qui nous suggère la manière de jouer la scène."

    Une église, un Garde Champêtre... Tout le monde ne se reconnaître pas forcément dans cette pièce. Et l'on est tenté d'imaginer cette histoire racontée en arabe (en marocain), c'est-à-dire adaptée à notre univers culturel.

    "C'est là un point intéressant, nous confie Hicham Rajraji. J'ai toutefois choisi de ne pas céder à cette tentation et cela pour plusieurs raisons: d'abord parce que, bien que ce texte soit ancré dans la culture française, il traite de thèmes universels: le rapport au sexe, à la mort, au pouvoir, au savoir ou à la religion est vécu, au fond, de la même manière par l'enfant dans n'importe quelle société. De plus, l'adaptation de cette pièce au contexte marocain, même en gardant le véhicule de la langue française, est une entreprise difficile, voire hasardeuse: il faut non seulement trouver des équivalents pour les ressorts du comique (ce qui n'est pas toujours facile) mais surtout aborder certains thèmes qui sont tabous dans notre culture. Surtout, il y a l'obstacle de la langue: il m'est actuellement impossible de jouer du théâtre en arabe parce que j'estime qu'il n'y a pas au Maroc de langue de Théâtre..."

    On sait en effet, combien la langue du théâtre est la langue par excellence. Or "au Maroc, souligne Hicham Rajraji, on ne peut pas jouer en arabe classique que personne ne comprend vraiment bien, ni en marocain "dialectal" qui n'est pas assez riche et qui ne vit plus que de rapport de langues étrangères".

    "Et nous n'avons pas, conclut Hicham, la chance des français, des anglais ou des égyptiens qui s'expriment au théâtre dans cette même langue qu'ils emploient dans la rue...".

    Propos recueillis par Driss MESSAOUI

    (*) Comédien et auteur dramatique, Raymond Cousse s'est suicidé le 23 Décembre dernier. Il était âgé de quarante six ans.

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