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Economie

Sondage de la CFCIM : Les entreprises voient la conjoncture en gris

Par L'Economiste | Edition N°:77 Le 29/04/1993 | Partager

Les états d'âmes des entreprises vont de la morosité au pessimisme, et près de la moitié des entreprises pensent que le financement est devenu la principale entrave à la production

Les 226 entreprises, qui ont répondu à l'enquête d'opinions sur la conjoncture de la CFCIM(1), voient leur environnement en gris. La revue "Conjoncture", distribuée par la CPCIM uniquement par abonnement, doit analyser en détail les résultats du sondage.

Les tout premiers résultats de ce sondage avaient été présentés lors de la séance mensuelle de la Chambre française, qui recevait ce jour-là M. Mohamed Sagou, directeur de cabinet de M. Berrada. M. Sagou avait estimé qu'il fallait être prudent dans l'interprétation quant à la morosité ou au pessimisme. Il n'en reste pas moins que les données révélées par le sondage de la CFCIM vont dans le même sens que les deux sondages réalisés en septembre et en décembre-janvier par L'Economiste(2)

Emplois et investissement à la baisse

Les entreprises ayant répondu au questionnaire de la CFCIM indiquent que leurs chiffres d'affaires sont, pour l'année 1992, en très légère hausse(+ 1,3% en moyenne non-pondérée). Au cours de cette même période, le taux d'inflation avait été de 4,9%.

Le sondage fait ressortir plus précisément les catégories. C'est ainsi que prés de la moitié annoncent des CA en hausse et 38,5% les annoncent en baisse.

Notons que 21,7% des entreprises ont vu leur CA monter de plus de 10%.Al'autrebout, 14,4% des entreprises ont vu leur CA baisser de plus de 10%. Les comportements des entreprises sont donc très dispersés autour de la moyenne, elle-même médiocre bien qu'exprimée en valeur relative.

Le nombre d'entreprises envisageant des investissements dans le semestre a baissé. Si en 1990 et 1991, 43% des réponses annonçaient des investissements dans les six mois suivants, fin 1992 seulement 38,7% des entreprises avaient programmé des investissements. Une entreprise sur deux parmi celles qui n'investiront pas lie le non-investissement à la conjoncture.

L'ambiance en gris se retrouve au niveau des effectifs employés: 19% des réponses indiquent que les effectifs ont été réduits par rapport à ce qu'ils étaient au début de l'année 1992.

Il s'agit d'une situation tout à fait nouvelle, puisque lors des sondages précédents, les entreprises ayant réduit leurs effectifs étaient rares: 11% en 1991 et 5% en 1990. Parallèlement, en 1990, 35% des réponses annonçaient des augmentations d'effectifs et elles étaient 30% en 1991. Pour l'année qui vient de se terminer, seulement 26,6% des entreprises indiquent avoir engagé du personnel supplémentaire.

Moins d'optimistes

Bien qu'il existe des divergences sur certaines proportions entre les CA, l'emploi et le comportement des carnets de commandes, ceux-ci reflètent globalement les grandes lignes de l'analyse des entreprises ayant répondu au questionnaire de la CFCIM.

Les entreprises déclaraient à 68% d'entre elles avoir des carnets de commandes en hausse en 1990, elles ne sont plus que 43,4% à voir leurs commandes augmenter à la fin de 1992.

Inversement, une entreprise sur trois déclare que son carnet de commandes avait baissé fin 1992, alors qu'elles étaient seulement 15% en 1990.

Néanmoins les optimistes restent plus nombreuses que les pessimistes: un peu plus de 48% des réponses indiquent que le volume de la demande doit augmenter au cours du premier semestre de 1993. Un peu moins d'une entreprise sur cinq pense au contraire que la demande va baisser.

Pourtant, le recul du temps montre que sur les deux dernières années, les pessimistes augmentent, tandis que les optimistes sont moins nombreux. 55 % des entreprises pensaient en 1990 que la demande allait s'accroître et seulement 16% pensaient le contraire .

La star des problèmes: Le financement

Les entreprises ayant répondu au sondage de la CFCIM sont assez partagées sur l'existence d'entraves à la production: 43% pensent que oui et 57% pensent que non. Sur les deux années précédentes, les proportions avaient varié mais pas de manière à renverser les tendances.

Personne ne sera surpris de voir que les questions financières sont remontées en flèche dans les problèmes rencontrés par les entreprises. En 1990 les difficultés financières étaient citées par 16% des entreprises, aujourd'hui elles le sont par 43% d'entre elles, loin devant, l'ex-vedette des 1990, l'approvisionnement qui représentait une difficulté pour 34% des entreprises et qui n'est aujourd'hui cité que dans 9% des réponses.

Dans toutes les branches, le financement arrive en première ou en seconde position des entraves à la production. Les records sont atteints chez les services (33% des réponses) et le commerce (38%).

La qualification de la main d'oeuvre occupe suivant les années des positions très variables: problème pour 26% des entreprises en 1991, il ne le reste que dans 12% des réponses en 1992.

Personne ne sera surpris non plus par le score atteint par l'électricité: c'est une entrave de production pour 11% des entreprises, presqu'autant donc que les qualifications professionnelles.

(1) La Chambre française de Commerce et d'Industrie au Maroc, qui reste en dehors des Chambres de commerce la plus importante association professionnelle, effectue chaque année une enquête d'opinions apurés de ses membres. Le sondage dont les résultats viennent d'être dépouillés a été effectué fin 1992 et porte sur l'évaluation des résultats de l'année mais aussi sur la manière dont les entreprises voient les 6 premiers mois de 1993. Le présent article ne comporte qu'une partie des résultats de ce sondage.

(2) Cf L'Economiste du 25 février 1993 pour le compte rendu de la séance mensuelle de la CFCIM et les 24 septembre 1992 et 21 janvier l993 pour les sondages de L'Economiste concernant la crise et les problèmes de trésorerie des entreprises.

Indications techniques

Le sondage de la CFCIM se fait par questionnaires adressés aux chefs d'entreprise. La dernière enquête a obtenu 226 réponses, soit 15% des envois. En 1990, ce même sondage avait obtenu 112 réponses (25% des envois) et en 1991 il avait reçu 135 réponses (12% des envois). Le nombre de réponses a donc doublé. Ce sondage n'utilise pas la méthode des quotas, ni en nombre d'entreprises, ni en CA. Pour la présente opération les représentations des secteurs dans les réponses obtenues sont les suivantes: - mines, énergie, bâtiment: 9,3%; - agriculture et agro-alimentaire: 6,6%; - mécanique, métallurgie et biens d'équipement: 19%; - électricité et électronique: 8,8%; - imprimerie, édition et informatique: 3,7% (les données concernant ces branches ne sont pas suffisamment significatives pour être traitées de manière indépendante, aussi ne sont-elles reprises que dans les résultats globaux du sondage);

- textile et cuir: 12,4%;

- chimie et parachimie: 12,4%;

- services: 11,1%;

- commerce: 17,3%.

Emanuel Kern, chargé du sondage au Service des Etudes de la CFCIM, précise que le présent sondage introduit certains changements par rapport aux précédents: regroupements ou éclatements de données. M. Kern précise que dans ces cas, les calculs ont été refaits pour les années précédentes de manière à obtenir une uniformisation homogène.

Le moral un peu en dessous de zéro

Sur ce que sera le premier semestre de 1993, les avis et interprétations des entreprises sont très variés voir contradictoires.

Notons que le sondage de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie au Maroc a envoyé et collecté les questionnaires au cours des dernières semaines de 1992 et des premières semaines de 1993, c'est-à-dire au moment où il était certain qu'il y aurait une deuxième année de sécheresse, mais où il était encore impossible de connaître l'ampleur des dégâts.

C'est ainsi que trois entreprises sur cinq considèrent que la concurrence est devenue plus forte au cours de 1992. Près de la moitié pensent néanmoins que le volume de la demande augmentera au cours du premier semestre de 1993, tandis que les deux tiers des réponses du sondage (64%) se disent pessimistes sur le climat des affaires contre seulement 10% qui se disent optimistes.

Fin 1990 comme fin 1991, et en dépit du début de la sécheresse, les pessimistes quant au climat général étaient respectivement de 3% et 4%. Il semble, à considérer les analyses parfois contradictoires, que les entreprises "ne sachent plus trop à quel saint se vouer", partagées entre des observations paradoxales ou des analyses très fugaces.

Phénomène récurrent dans les sondages de cette nature, le jugement du chef d'entreprise est plus optimiste sur la situation de son entreprise que celui qui est porté sur l'environnement.

Quelque 54% se disent optimistes pour leur entreprise, proportion pas très différente de celles des deux années antérieures.

"Mieux chez moi qu'ailleurs"

La nouveauté réside plutôt dans l'augmentation rapide de 8% à 37% en deux ans de ceux qui se disent pessimistes sur la situation de leur entreprise. Il y a donc eu un déplacement massif de ceux qui se disent "neutres" vers ceux qui se disent pessimistes.

Ce phénomène de glissement de jugements se démultiplie quand il s'agit d'évaluer le climat général des affaires, où ce sont les optimistes qui sont devenus assez massivement pessimistes.

Pour le premier semestre de la présente année, seulement 18% des réponses pensent que le climat va s'améliorer, contre 55% qui pensent qu'il va se dégrader.

Cotées sur une échelle allant de -5 à +5, les appréciations sur le climat général des affaires à la mi-1993 sont tombées au-dessous de 0, avec un indice à moins 0,9. L'année dernière, le "moral" était à plus 1,7.

Mais parallèlement, presque la moitié des réponses (43,4%) tablent sur une hausse des carnets de commandes d'ici la-mi-1993,tandis qu'un peu moins d'une entreprise sur cinq pense que les commandes vont diminuer.

L'agro-industrie plus optimiste que les autres branches

La branche qui est la plus optimiste quant à ses carnets de commandes est l'agro-industrie (peut-être pour conjurer le sort!). Vient ensuite, et ce assez curieusement, le groupement mines-énergie-bâtiment où seulement 5% des réponses donnent une baisse des commandes dans les prochains mois, contre 62% qui pensent qu'elles vont augmenter. Le groupe des mines-énergie-bâtiment indiquait que ses carnets de commandes avaient augmenté pour 43% des entreprises et qu'ils avaient baissé pour 38% des entreprises durant le deuxième semestre de 1992. Ce groupe compte donc sur un assez net retournement de conjoncture.

Du côté de ceux qui tablaient, fin 1992, sur un retournement de conjoncture, se trouvent aussi les IMME: elles disent, à 44% d'entre les entreprises de ce secteur, que les commandes ont baissé au cours du dernier semestre de 1992, mais 46% des réponses estiment que les carnets de commandes augmenteront d'ici la mi1993.

Chez les services (hors commerce) la moitié des entreprises pensent que les commandes vont augmenter (contre seulement 18% qui donnent les commandes à la baisse). Dans ce secteur, l'année 1992 s'était terminée, selon les réponses fournies à la CFCIM, avec des hausses de carnets de commandes chez 43% des entreprises et des baisses chez 14% d'entre elles.

Les commerçants pessimistes

Les plus pessimistes des réponses sur le marché se rencontrent dans le commerce, qui est la branche où les avis sont aussi les moins divergents: 42% des entreprises tablent sur une hausse des commandes et 34% pensent le contraire. Ce secteur pense que la situation connue au deuxième semestre de 1992 va se reproduire à l'identique pour les six premiers mois de 1993.

Enfin, du côté de la formation brute de capital fixe, parmi les 38,7% des réponses qui annoncent des intentions d'investissement (contre 61,3 qui indiquent ne pas vouloir investir, Cf ci-contre), c'est encore l'agro-industrie qui se montre le plus optimiste: des investissements de 4,5% du CA. En revanche, dans le commerce et les IMME, les investissements annoncés se montent à 3,1% du CA.

Les parts de CA proposées à l'investissement sont en légère baisse par rapport aux réalisations annoncées durant l'année 1992.

La moyenne (non-pondérée) était à3,6%duCA,mais 15% des entreprises avaient réalisé des FBCF supérieures à 10% de leurs CA.

Les industries étaient plus audacieuses que les branches des services et du commerce. La part moyenne du CA industriel investi était de 3,7%, pour 3,4% dans le tertiaire. En outre, quelque 16,9% des entreprises industrielles ont annoncé avoir investi au moins 10% de leur

N.S.

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