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    Société de l'information: Les écarts Nord-Sud

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    par M. SAOUD(*)

    La société de l'information est l'un des thèmes majeurs de ces dernières années du 20ème siècle qui suscite un intérêt mondial, souvent aux plus hauts niveaux de décision. Les pays industrialisés oeuvrent à différentes vitesses pour la mise en place de cette société globale de l'information (Global Information Infrastructure - GII). Pour sa part, le Maroc tente de suivre la tendance.


    Actuellement, le marché des biens liés au domaine des technologies de l'information représente plus que l'ensemble des exportations mondiales des produits agricoles, quelque 650 milliards de Dollars. Les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l'Union Européenne s'assurent 79% de ce marché. En ajoutant les principaux pays asiatiques et le sous-continent indien, c'est 90% du marché mondial des technologies de l'information qui est concerné. Les utilisations de l'espace sont une composante essentielle dans la mise en place de cette société de l'information et constituent également un enjeu technologique et financier considérable. Dans les dix prochaines années, le volume du marché de l'industrie spatiale (satellites, lanceurs) représentera 50 milliards de Dollars US, et le volume du marché des sociétés à valeur ajoutée dans le domaine (télécommunications, observation, navigation) s'élèvera à 450 milliards de Dollars US.
    Les pays en voie de développement (PVD) prennent conscience de plus en plus de l'évolution technologique et de la nécessité d'intégrer ce monde de l'information, ainsi que son importance pour le développement économique et social. Sa Majesté le Roi Hassan II dans la Lettre Royale adressée aux participants des journées nationales de télécommunications en mai 1994 l'a notamment souligné: «Nous sommes partie prenante des grandes évolutions vers le monde de demain(...). De nouveaux partenariats dans la production et l'échange des services peuvent naître et se développer. Il nous appartient de les stimuler et leur offrir l'environnement nécessaire par une politique d'encouragement de l'initiative privée dans ce domaine».

    Les pays en développement se trouvent en fait confrontés principalement à deux problèmes qui constituent un manque à gagner et se répercutent négativement sur les orientations, la prise de décision:
    - la production et la gestion de l'information (faiblesse de moyens de génération et de collecte, grande dispersion de l'information...);
    - l'accès à l'information et son transport (infrastructures insuffisantes, notamment les réseaux terrestres de télécommunications, en particulier dans les zones isolées ou inaccessibles, enclavement rural...).
    Le pourtour méditerranéen présente certes des écarts significatifs de développement entre les deux rives, mais présente un intérêt stratégique. La mise en place d'une infrastructure méditerranéenne de l'information, qui permettrait d'une part la production de l'information à l'échelle nationale et d'autre part son échange entre les pays méditerranéens, ferait de cette région un carrefour de transfert, de développement intégré, comme elle a été un carrefour de civilisations dans l'Histoire.

    Champs d'application réduits


    Le développement de la société de l'information dans la région méditerranéenne nécessite l'évaluation de l'état actuel de la situation, qui est quelque peu déséquilibré.
    En effet, les pays du Nord disposent d'une information relativement à jour dans plusieurs domaines (aménagement du territoire, urbanisme, cartographie, environnement...), et d'une infrastructure de télécommunications performante (Internet, téléphonie, transmission de données...). En outre, ils sont au stade d'introduction des technologies nouvelles de communication dans la vie quotidienne (téléenseignement, téléconférence, télétravail, télémédecine, téléachat...) et réfléchissent à la mise en place d'une société régionale et mondiale d'information en s'attaquant particulièrement aux problèmes de:
    - la normalisation de l'information;
    - l'interopérabilité entre utilisa-teurs;
    - la mise en place d'un contexte réglementaire international.
    De leur côté, les pays du Sud sont à un stade moins avancé. L'information est souvent rare, non actualisée et concentrée surtout autour des grandes villes.
    De plus, les infrastructures de communication sont généralement insuffisantes quel que soit l'indicateur considéré (densité téléphonique, taux de pénétration en zone rurale, disponibilité et efficacité des services).

    D'abord, en téléphonie, seules les grandes villes ont la possibilité de communiquer par téléphone, les zones rurales disposant d'une infrastructure de communication faible, voire inexistante. Ensuite, les branchements sur Internet et autres réseaux sont à un stade embryonnaire, essentiellement dans les organismes importants des grandes villes, avec des prix relativement hauts. Puis, il y a faiblesse du débit des infrastructures existantes, ce qui réduit les champs d'application, et l'inexistence de liaisons directes entre les pays du Sud les obligent, pour communiquer entre eux, à transiter par les pays du Nord, conduisant à des charges importantes.
    Enfin, les coûts de la génération de l'information et de son transport sont encore très élevés.

    Le rôle des satellites


    L'utilisation des technologies avancées, en particulier celles liées à l'espace (télédétection spatiale, télécommunications spatiales, météorologie spatiale...) présente actuellement un intérêt pratiquement déterminant pour les PVD pour d'accéder à cette société de l'information; par les moyens traditionnels les investissements seraient plus importants et le temps de mise en place plus grand. Aujourd'hui, les données satellitaires d'observation de la terre permettent de générer une information relativement rapide et fiable, exploitable pour la gestion et la protection de l'environnement, l'analyse et le suivi des catastrophes naturelles et autres applications pour le développement. Elles viennent améliorer et compléter les données obtenues par les méthodes conventionnelles. Les freins majeurs à l'utilisation de ces données dans les PVD devront être levés avec l'avancement de la technologie, délais, coûts, harware et software...
    Quant aux télécommunications par satellite qui permettent de collecter, transmettre, diffuser et échanger l'information entre toutes les régions du monde, elles pourraient être particulièrement adaptées pour les PVD, particulièrement dans les zones rurales, parfois isolées et dépourvues d'infrastructures de communication. Elles permettent d'accroître les trafics domestiques, régionaux et internationaux et ont un impact substantiel sur les économies des pays.o

    Les projets en cours


    Plusieurs projets sont actuellement en
    cours de mise en place en Europe ou en Afrique, concernant l'échange d'informations qui utilisent les satellites et dont les installations pourraient être utilisées pour la région méditerranéenne:
    - COPINE, piloté par le bureau des Affaires Spatiales des Nations Unies et l'Organisation Mondiale de la Santé, qui vise à mettre en place un réseau de stations de télécommunications par satellite pour l'échange d'informations entre l'Afrique et l'Europe, particulièrement dans les domaines de l'environnement, l'enseignement et la médecine;
    - CEO, ou «Centre of Earth Observation», qui a pour objectif d'encourager une plus large utilisation en Europe de l'information déduite de l'observation de la terre et d'améliorer l'échange entre les utilisateurs;
    - TERENA qui prévoit l'interconnexion des réseaux de transmission de données des pays d'Europe centrale et d'Europe de l'Est;
    - MEDSAT, projet piloté par la France qui prévoit le lancement d'un satellite de communication pour couvrir le Bassin méditerranéen (le Maroc, la Tunisie et l'Egypte sont des partenaires du Sud potentiels);
    - EAST, projet piloté par la France qui prévoit le lancement d'un puissant satellite géostationnaire sur l'Europe centrale, l'Europe de l'Est et l'Afrique du Nord pour assurer des services de téléphonie et de transmission de données.
    D'autres projets, qui sont en phase d'étude, visent l'acquisition de l'information tels que:
    - COSMO/Skymed, projet piloté par l'Italie sur une constellation de petits satellites d'observation du Bassin méditerranéen;
    - FUEGO, projet piloté par l'Espagne sur une constellation des petits satellites pour la gestion et le suivi des incendies de forêt sur le Bassin méditerranéen.


    (*) Centre Royal de Télédétection Spatiale, Rabat.








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