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Séminaire de l'UMT : Les syndicats africains récusent la politique néo-libérale

Par L'Economiste | Edition N°:149 Le 13/10/1994 | Partager

Le jugement des syndicats sur le PAS (programme d'ajustement structurel) est sévère. De leur avis, cette politique n'a eu que des répercussions négatives dans tous les pays où elle a été appliquée.

Quand des syndicats se réunissent pour discuter sur "les dimensions sociales de l'ajustement structurel", la teneur des discours n'est pas toujours tendre.

Le séminaire organisé les 5, 6 et 7 octobre, à Casablanca, par l'UMT (Union Marocaine du Travail) en collaboration avec le CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) et Oraf (Organisation Régionale Africaine) n'a pas dérogé à la règle. Sans pour autant nier la nécessité des réformes économiques, les syndicats (1) ont tiré à boulets rouges sur les PAS dont l'application s'est soldée, dans tous les pays africains, par un bilan social négatif, même si le choc a été différemment ressenti. Ils estiment que ce résultat découle du fait que les mesures ont été conçues et mises en oeuvre par les gouvernements, les Institutions de Bretton Woods (FMI et Banque Mondiale) et les bailleurs de fonds sans la prise en compte de l'avis des partenaires sociaux et de l'OIT (Organisation Internationale du Travail). En d'autres termes,

M. Mahjoub Benseddik, secrétaire général de l'UMT, précise que l'ajustement structurel a "jusqu'ici été appliqué sans égard, ni considération pour son prix social".

Il est souligné que la politique néo-libérale adoptée ne tient pas compte des besoins des populations. En outre, malgré la diversité des situations, elle se résume en des dispositions uniformes visant à favoriser les lois du marché:

- désengagement de l'Etat du circuit économique par la réduction des dépenses publiques, notamment pour les secteur sociaux.
- libéralisation du commerce extérieur;
- élimination des subventions;
- privatisation des entreprises publiques;
- révision du code du travail dans le sens d'une plus grande flexibilité.

Dans la plupart des pays, ce dernier point soulève de vives polémiques. Les syndicats entendent prendre part à son élaboration de manière à ce qu'il soit conforme aux aspirations des travailleurs.

Du point de vue interne, I'UMT rejette d'emblée le projet du code du travail et invite le gouvernement à renoncer à "codifier unilatéralement le droit du travail". Il doit en revanche, ajoute le syndicat, promouvoir la libre négociation et le contrat collectif entre partenaires sociaux.

Un chapelet de critiques est formulé contre ce projet de code. Pour le syndicat, le texte viole la convention de l'OIT sur les consultations tripartites (gouvernement - employeurs - syndicats) relatives aux normes internationales du travail de même qu'une recommandation portant sur la consultation aux échelons industriel et national. De plus, il est noté que le projet consacre et aggrave la segmentation du marché de l'emploi et la précarité du travail en intégrant le contrat de sous-entreprise, outre l'autorisation des agences de placement privées.

Autre critique: le projet de code fait fi du droit international sur la sécurité et l'hygiène.

Pour l'UMT, "le texte conduirait à précariser davantage la situation des travailleurs et à exacerber les tensions sociales".

Globalement, la revendication des organisations syndicales présentes au séminaire est claire. Elles exigent de participer à toutes les discussions de politique nationale, y compris avec les organisations internationales comme le FMI et la Banque Mondiale. La stratégie ne consiste donc plus à se mettre sur la défensive: attendre les réformes et riposter par des mots d'ordre de grève.

Ils soutiennent que les PAS doivent être repensés de manière à favoriser le développement. Par conséquent, leur élaboration doit être fondée sur un consensus authentique dégagé à l'issue de discussions menées par toutes les parties prenantes.

Les séminaristes notent cependant que la nouvelle démarche doit être accompagnée, sinon précédée, d'une véritable démocratie "une condition nécessaire au développement". Ils estiment que la construction d'une démocratie ne se limite pas à l'organisation d'élections, mais "exige le respect intégral des droits humains universellement reconnus et des droits syndicaux codifiés par les instruments de l 'OIT en particulier".

A.D.N.

(1) Etaient représentés au séminaire: I'UMT - (Union Marocaine du Travail), I'UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail), le CNTS (Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal), I'UNMT (Union Nationale Malienne du Travail), I' USTN (Union Syndicale des Travailleurs du Niger), I'UST (Union des Syndicats du Tchad), I'USTMA et les syndicats français CFDT, CGT-FO.

L'OIT est la seule organisation internationale à avoir participé aux travaux.

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