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Sahara: Une nouvelle pièce pour le dossier du recensement

Par L'Economiste | Edition N°:458 Le 08/03/1999 | Partager

· Le colonel espagnol chargé du recensement de 1974 attire l'attention sur son caractère incomplet
· Tous les Saharouis n'ont pas été comptés


SOUS la plume du journaliste Enrique Serbeto, le journal madrilène ABC a reposé le sempiternel problème du recensement et des listes électorales pour le référendum au Sahara. La nouveauté vient des éléments versés au dossier par l'ancien responsable espagnol du recensement de 1974: le colonel espagnol Emilio Cuevas indique que le recensement conduit sous sa direction en 1974 et qui constitue la base du Plan de paix est "incomplet". En partant de là, le Maroc ne peut donc accepter les pressions qui s'exercent sur lui, afin qu'il se plie aux propositions du secrétaire général de l'ONU, telles qu'elles sont faites sur la base des travaux de la Minurso.
"Le travail que nous avons fait à l'époque a été bien fait et l'on peut dire que tous ceux qui figurent dans le recensement sont Sahraouis, mais tous les Sahraouis ne figurent pas dans le recensement", a indiqué le militaire à la retraite. Cuevas, qui s'est également occupé des préparatifs de l'organisation du référendum d'autodétermination dont la poursuite a été suspendue par la Marche Verte, affirme qu'il savait déjà à l'époque qu'une partie de la population sahraouie "de droit" se trouvait au-delà des frontières de ce qu'était alors la colonie espagnole. "Combien sont-ils, ça je ne saurais le dire précisément parce que nous ne pouvions pas dépasser les limites espagnoles pour le vérifier. Mais moi, j'ai toujours pensé qu'il fallait ajouter un recensement fait par le Maroc et un autre par la Mauritanie". De ce débat, dépend le sort d'un groupe de 65.000 personnes appartenant à ce qu'il est convenu d'appeler "les tribus contestées" dont l'identification a été acceptée par le Polisario, souligne le journal ABC. Il n'y a donc pas de raisons objectives pour les empêcher de s'inscrire sur les listes électorales, ce qui correspond aux voeux du Maroc.
Jusqu'à présent, la mission de l'ONU chargée de préparer le référendum d'autodétermination (Minurso) a identifié 145.000 personnes, parmi lesquelles on pense que seules quelque 80.000 sont habilitées à voter. Les experts estiment que si les mêmes critères sont appliqués, seuls quelque 10% des candidats appartenant aux "tribus contestées" seraient retenus, un chiffre insuffisant aux yeux du Maroc, souligne ABC. Cuevas apporte de l'eau au moulin marocain en affirmant qu'il "soupçonne" que le recensement espagnol a été tellement manipulé qu'il doit s'agir de quelque chose tout à fait différent de son travail original, précisant que la Minurso "ne lui a jamais permis de voir" (ce recensement) bien qu'il ait été officiellement son conseiller en la matière. Quant au gouvernement espagnol, le colonel Cuevas affirme: "Il m'ignore".
Et l'Espagne? s'interroge ABC. Le régime marocain, le plus modéré dans la région se transformera, pour l'Espagne, en un casse-tête chinois des plus sérieux, redoute le quotidien madrilène, qui cite la situation de Sebta et Mellilia. "Il est urgent de dépasser le climat malsain qui s'est installé (...) et de chercher les voies d'entente. Une redéfinition de la politique de Madrid vis-à-vis de son ex-colonie permettra de conjurer les problèmes des Espagnols pour une génération", recommande ABC.


Cuevas: "Dire ce que l'ONU n'a pas voulu entendre"


Le colonel Emilio Cuevas n'y va pas par quatre chemins: le recensement de 1974 est "incomplet". Le colonel a 70 ans et, derrière lui, une carrière militaire faite pour l'essentiel en Afrique, d'abord dans la zone nord du Protectorat espagnol, ensuite au Sahara aujourd'hui marocain. Il y a servi en tant que chef du Service de l'Enregistrement de la Population, du Recensement et de la Statistique. Jusqu'à 1994, il était conseiller de l'ONU pour l'application du Plan de paix, poste qu'il a quitté, selon ses affirmations, en raison de l'attitude de l'ONU qui a négligé et sous-estimé les informations qu'il a apportées au dossier. Maintenant, il essaie de dire ce que les fonctionnaires internationaux n'ont pas voulu entendre.

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