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Politique

Sahara: Conflit armé ou rodomontade?

Par L'Economiste | Edition N°:2391 Le 31/10/2006 | Partager

. Le mandat de la Minurso expire aujourd’hui. Le Maroc avait dépêché des émissaires pour expliquer son projet d’autonomieC’EST aujourd’hui, 31 octobre, qu’expire officiellement le mandat de la Minurso. Si l’on s’attend, théoriquement, à une prorogation de ce mandat, on n’en est pas moins attentif à l’attitude qu’adoptera le secrétaire général de l’ONU face à ce dossier à quelques mois de l’expiration de sa propre mission à la tête de l’institution onusienne. Le Secrétaire général, que remplacera au poste, dès le 1er janvier prochain, le Sud-Coréen Ban ki-moon, avait manifesté sa crainte d’une éventualité de reprise des hostilités. Kofi Annan avait, de fait, plaidé ouvertement pour le maintien de la Minurso qu’il a jugée «indispensable pour le maintien du cessez-le-feu». Cela présage-t-il d’un changement dans la nature du mandat de la Minurso? La question est clairement posée par la presse occidentale.Pour rappel, la Minurso a été déployée dans les zones Sud en septembre 1991, après 16 ans de combat. Sa mission essentielle étant de veiller au cessez-le-feu. Initialement, la Minurso s’était attelée à l’opération de recensement des populations sahraouies en vue de l’organisation d’un référendum. Une option que le Maroc avait fini par accepter en 1981, mais qui paraît aujourd’hui dépassée de fait par l’évolution de la situation sur le terrain. Le Royaume a pris l’initiative en novembre 2005, que beaucoup jugent audacieuse, de proposer une autonomie élargie aux provinces sahariennes sous souveraineté marocaine. Une suggestion qui a pris de court, c’est le moins que l’on puisse dire, le Polisario et l’Etat algérien. Ce dernier étant fortement impliqué dans le dossier, quoiqu’en disent officiellement ses responsables politiques. Pour preuve, l’activisme dont fait preuve la diplomatie de l’Etat voisin dans les coulisses de l’ONU pour contrer toute proposition marocaine allant dans le sens d’un règlement du conflit. Les exemples ne manquent pas sur les interventions algériennes dans ce sens, notamment auprès de la commission onusienne des droits de l’homme. Les événements qu’ont connues certaines villes du sud à la fin 2005 et qui reprennent épisodiquement, sous impulsion du Polisario, n’ont d’autres objectifs que d’affaiblir la position marocaine. La surmédiatisation de ces événements -que favorisent par ailleurs l’ouverture démocratique et le climat de transparence que connaît le pays - joue en défaveur du Royaume. D’aucuns n’ont pas hésité à interpréter ces faits comme un moyen dont usent les protagonistes à l’est, à court d’arguments, pour torpiller le processus de règlement du conflit. Ce dernier se trouvant dans l’impasse depuis 30 ans.Pris à son propre jeu, le Polisario qui jouait de la carte des réfugiés pour amadouer l’opinion internationale et attirer à la fois ses subsides et son appui politique, a vu le piège se refermer sur lui. Le traitement affligé aux populations, sans cesse exhibées comme monnaie d’échange et carte de pression, est aujourd’hui fortement dénoncé par la communauté mondiale. Pressé de passer à la table des négociations, le Polisario brandit aujourd’hui la menace du conflit armé.Kofi Annan, aux termes de son mandat à la tête de l’ONU, tentera-t-il une approche nouvelle dans ce dossier? L’ONU est à l’évidence interpellée sur son incapacité à trouver une solution définitive au conflit. Kofi Annan a certes hérité d’un dossier que d’autres avant lui n’ont pas pu régler, à commencer par le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, mais plus que tout autre le S.G. aujourd’hui sortant est en quête d’image positive. Le nouveau contexte représente-t-il une fatalité ou une opportunité pour le Maroc? C’est selon, répondent les observateurs de cette affaire. Le Royaume a manifestement opéré un changement d’attitude, imposé par le Palais, dans la gestion de ce dossier, mais peut-on conclure pour autant au succès des missions engagées? La réussite étant, évidemment, liée à la performance et aux aptitudes des hommes qui les mènent. Le retrait de reconnaissance de la RASD par le Kenya suffit-il à nous donner des raisons de satisfaction? Le regain d’intérêt manifesté par les Etat-Unis à ce sujet a-t-il mis un frein à l’engagement d’autres Etats? Des questions s’imposent. Elles sont légitimes dans le sens où elles sont motivées par le désir qu’ont les Marocains de voir ce conflit réglé pour le bien du pays et de la région. Dans cette affaire, le consensus est manifeste sur le principe d’un règlement qui favorise les droits du Royaume sur ces régions, légitimés par l’histoire.Le Maroc a dépêché ces dernières semaines des responsables du gouvernement, portant la double casquette de dirigeants de partis politiques, aux côtés des responsables du département des Affaires étrangères dans une offensive diplomatique auprès de certains Etats étrangers. Leu mission aurait été essentiellement d’expliquer la proposition marocaine d’autonomie, objet d’attente de la part de la communauté internationale et de l’ONU. Quel a été l’impact de ces missions? L’avenir immédiat nous le dira. Demain, en tous les cas, les regards se tourneront vers la ville de New-York, siège de l’ONU, pour voir ce qu’il en sortira de nouveau à ce sujet. Khadija RIDOUANE

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