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Réforme boursière: Dix ans déjà…

Par L'Economiste | Edition N°:1609 Le 25/09/2003 | Partager

. Des avancés notables au niveau du dispositif réglementaire, de la transparence des pratiques et de l'organisation . La capitalisation quintuplée et le MasI triplé sur la période Beau et mauvais temps se sont alternés à la Bourse de Casablanca depuis qu'elle s'est offerte, voilà dix années, sa seconde vie. Sous la houlette des autorités de tutelle et de quelques financiers vedettes de la place, la réforme introduite en 1993 a constitué un tournant dans la vie des affaires et des habitudes de rémunération et de placement de l'épargne au Maroc. D'abord, elle a permis aux banques de diversifier leurs activités avec la possibilité d'ouvrir des supermarchés financiers offrant à la fois des services d'intermédiation boursière, de conseils et de gestion d'actifs pour compte de tiers (OPCVM). Ensuite, de faciliter à l'Etat -»soucieux» d'introduire une bonne dose «d'efficacité» au niveau de la gestion de ses établissements- de se «débarrasser» de ses actifs et aux entreprises qui brûlaient leurs feux en s'y introduisant de lever des fonds à moindre coût. Enfin, l'arrivée des épargnants sur le temple de la finance casablancais leur a fait découvrir une nouvelle manière de faire des affaires. La communauté boursière épuisant ses «bas de laine» s'est lancée dans le jeu des placements, mais insouciante du fait qu'une Bourse ne peut jamais monter jusqu'au ciel sans qu'elle ait à subir après une correction. Il aura fallu, après les cinq années d'euphorie qui ont suivi la réforme, y laisser quelques plumes pour s'en convaincre. Le premier choc est arrivé en août 1998. L'année 1999 aura connu un mouvement sans précédent de désengagement des investisseurs après que le marché ait entamé dès août 1998 sa descente. Une correction d'autant plus nécessaire que les cours des actions cotées représentaient courant 1998 en moyenne 20 à 22 fois leurs bénéfices attendus pour l'exercice suivant(1); ce qui reflétait le niveau anormalement surévalué des titres cotés. Cette montée arrogante du marché n'illustrait pas la bonne santé de l'économie marocaine. Loin s'en faut. Mais de l'arrivée de nouveaux épargnants sur le marché à la recherche de gains au coup par coup. La stratégie manquait et le tact faisait assurément défaut à ces «scalpers» livrés à eux-mêmes face au dilemme de toutes les Bourses: coter un avenir qu'il faut anticiper à l'avance, mais que personne ne connaît. Les pertes enregistrées par le marché entre août 1998 et fin 2002 ont eu raison de leur portefeuille et par là même de leur confiance dans les placements boursiers. Sur la période, le négoce a été divisé par quatre, d'un plus haut de 94 milliards de dirhams en 1999 à près de 22 milliards en 2002. Malgré cet épisode sombre des annales de la Bourse casablancaise, sa performance sur les dix dernières années est jugée satisfaisante par les observateurs: la capitalisation a quintuplé et le baromètre de la cote a plus que triplé sur la période. D'un montant de 20 milliards de dirhams, la capitalisation est aujourd'hui à un niveau de 104 milliards. Alors que le Masi est passé d'un niveau de 1.168 à 3.704 points. Cette évolution conforte en partie l'idée selon laquelle l'investissement boursier à long terme (cela sans compter les dividendes perçus annuellement) lisse les performances du portefeuille. Côté réglementation et organisation, les autorités de tutelle se sont attelées par touches de réformes successives à mettre en place les dispositifs nécessaires pour renforcer la transparence au niveau des pratiques et améliorer le fonctionnement du marché. Valeur aujourd'hui, le dispositif réglementaire est quasi achevé et embrasse toutes les activités de la place. Pour accompagner ces réformes et ramener à nouveau les entreprises à coter leurs capitaux propres dans un marché en mal de confiance, différentes dispositions fiscales et réglementaires ont été introduites. Mais sans grand succès. Il aura fallu cette année la constitution par deux compagnies d'assurances de nouveaux fonds actions pour que la Bourse reparte mécaniquement à la hausse. Les affaires ont ainsi repris de belles depuis les premières opérations effectuées sur le marché, les investisseurs reprenant confiance dans le jeu des placements. Un signal fort en direction des petits épargnants qui ont ainsi repris le chemin de la Bourse. Treize sociétés de bourse se disputent ce marché de l'intermédiation boursière, dont le chiffre d'affaires global réalisé à fin 2002 est de 64 millions de dirhams (2). Enfin, la bourse a eu le mérite d'introduire une bonne dose de transparence au niveau des pratiques comptables et managériales des fleurons de l'économie marocaine inscrits à sa cote. Ces entités qui ont pignon sur rue (au nombre de 53 actuellement) se sont prêtées au jeu des publications financières, de communication des stratégies poursuivies et des moyens à mettre en oeuvre pour y accéder… Bref, elles apprennent à vivre dans des tours de verre. Et c'est assurément une bonne chose pour l'économie du pays. Bouchaïb EL YAFI---------------------------------(1) On dit que leur PER -Price Earning Ratio ou ratio prix/bénéfices- est de 22. Cela signifie qu'il faut près de 22 années pour récupérer sa mise initiale. (2) Rapport annuel 2002 du Conseil déontologique des valeurs mobilières

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