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"Le cinéma français a du mal à s'exporter"

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

La France détient aujourd'hui le plus important parc de salles de cinéma en Europe avec 4.414 salles. M. Antoine Virenque(1), secrétaire général de la Fédération Nationale des Distributeurs français, expose à L'Economiste l'état de la distribution de films, les problèmes mais aussi le nouveau tournant du secteur cinématographique français.


- L'Economiste: Quel est aujourd'hui l'état des lieux de la distribution de films en France?
- Antoine Virenque: La distribution est liée à l'exploitation, puisque c'est elle qui fournit les films aux salles de cinéma. Elle a, durant les années 70 et surtout 80, souffert d'une baisse de la fréquentation et d'une concentration sur un petit nombre de films. Ainsi, les financements que les distributeurs effectuaient au profit de la production ont été fragilisés car ils ne récupéraient pas toujours ces investissements sur des recettes qui étaient de plus en plus aléatoires. Certains distributeurs ont même dû déposer le bilan et cesser leur activité. Cette baisse de fréquentation était principalement due à une communication quasi-gratuite d'image à domicile avec la télévision et la vidéo. Nous avons donc mis en place tout un régime de relation cinéma-télévision qui est parvenu à un équilibre et qui a permis de stabiliser la fréquentation dans les salles et même à la redévelopper avec la modernisation du parc. Cela a été aussi favorisé par un système d'aides assez complexe, financé par une Taxe Spéciale Additionnelle (TSA) sur le prix du ticket. Cela ne provient pas du budget de l'Etat mais d'une sorte d'épargne forcée de la profession par le biais d'une taxe sur les recettes des cinémas et sur celles des chaînes de télévision.

- Concernant le piratage, la France a eu à combattre ce phénomène. Quelles ont été les différentes mesures?
- Tout d'abord par une législation répressive avec des amendes qui peuvent aller jusqu'à un million de FF et éventuellement des peines de prison jusqu'à 2 ans. A cela s'ajoutent une action de sensibilisation des autorités de justice et de police par l'organisation de conférences et de séminaires ainsi que la création de l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA) composée d'enquêteurs assermentés. Toute cette campagne a démarré il y a maintenant une dizaine d'années. Le marché a pu être assaini mais il y a encore des vidéos-clubs pirates, des projections illicites...
Il faut savoir que la piraterie est une atteinte aux droits d'auteur, c'est également des taxes qui ne sont pas payées, des emplois en moins pour les laboratoires officiels d'édition de cassettes... C'est un phénomène de délinquance comme un autre qui a des conséquences économiques importantes.
La quasi-totalité des affaires donnent lieu à des poursuites correctionnelles et à des condamnations à la prison ou à des amendes souvent assorties de sursis. Cependant, il est arrivé que des peines de prison fermes soient prononcées par les tribunaux et exécutées.

- Quel est aujourd'hui votre bilan du cinéma français?
- Je crois qu'il a confiance. De plus en plus, des investissements très importants y sont réalisés par des groupes, tels que Gaumont, UGC, Pathé, dans le but de moderniser des salles de cinéma et pour en créer de nouvelles. Il s'agit d'investissements qui représentent parfois une bonne centaine de millions de FF. Cela est donc une preuve de confiance envers le cinéma et le public. Des investissements importants sont également réalisés au niveau de la production. Je citerai le cas du film "Hussards sur le toit" qui vient de sortir et dont le budget s'élève à près de 170 millions de FF, le film le plus cher du cinéma français.
Malheureusement, il n'y a pas de recette miracle pour savoir à l'avance quel sera le film qui attirera le plus de spectateurs. Cela reste une activité à risque mais avec une confiance des professionnels.

- Qu'est-ce qui explique aujourd'hui la perte de vitesse du cinéma français au Maroc ou à l'étranger de manière générale?
- Cela est difficile à dire. Il y a peut-être une moins grande implication qu'il y a quelque temps des producteurs français vers le marché marocain ou d'autres marchés. D'une façon générale, le cinéma français a du mal à s'exporter. Actuellement, la prise en compte des résultats financiers de l'exportation a montré que, par le minimum garanti, le producteur français a tendance, une fois le film vendu, à se désintéresser de ce qui peut se passer par la suite. Il faut donc des actions de promotion par le biais d'organisation de semaines de cinéma français, l'invitation de réalisateurs, d'acteurs lors de premières... le but étant de regagner un public qui sera au rendez-vous pour des films français.

Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI

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