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    Entreprises

    Privatisation : Le profil des cinq hôtels

    Par L'Economiste | Edition N°:55 Le 26/11/1992 | Partager

    Parmi les cinq établissements qui forment la première vague des privatisables, le plus grand est Le Malabata avec ses 297 chambres. Il est libre de gérance depuis Mai 1991. Cette gérance avait été confiée au groupe CMKD et n'a pas été renouvelée. Le Malabata appartient actuellement au Domaine privé de l'Etat. La mise à prix a été fixée à 70 millions de DH.
    Les deux hôtels Transatlantique, sont, comme leur nom l'indique, gérés par la Chaîne Hôtelière Transatlantique, qui relève de l'ONCF. L'établissement de Meknès est en activité et compte 121 chambres. Il est mis à pris à 40 millions de DH. Celui de Casablanca (61 chambres) est fermé depuis 1990 et est en rénovation. Le prix minimum est de 20 millions de DH. Les deux établissements sont propriété de l'ONCF.
    Le Basma de Casablanca (117 chambres) est propriété de la CDG et géré par Maroc Tourist, qui est elle-même privatisable. La mise à prix est de 50 millions de DH.
    L'hôtel Tarik de Tanger (154 chambres) est propriété de l'Office National Marocain du Tourisme et actuellement géré par UMH (United Maroccan Hotels, société privée). UMH et l'Office sont liés par un contrat renouvelable chaque année, avec un an de préavis. Le prix minimum demandé est de 15 millions de DH.
    Le Tarik est donc, dans cette première vague, le seul qui mette en jeu des relations entre privé et public. A ce propos, le Ministre en charge de la Privatisation et ses services ont pris constamment soin de souligner que les contrats existants seront maintenus jusqu'à leur terme dans le respect strict du texte.
    Le cahier des charges fixe trois obligations pour les soumissionnaires:
    - le maintien du personnel et de ses droits acquis;
    - le maintien de la vocation touristique ou hôtelière;
    - la proposition d'un programme d'action.
    Le maintien de la vocation est entendu au sens strict pour les trois établissements non-tangérois, c'est-à-dire, la vocation hôtelière. En revanche, pour Le Malabata et Le Tarik, le cahier des charges ouvre un peu plus les possibilités en indiquant qu'il faudra maintenir la vocation "touristique", une nuance qui "ouvre des possibilités de déclinaisons", précisent nos sources.
    Le cahier des charges laisse les soumissionnaires libres quant à la définition de leur programme d'action. De même, rien n'interdit de soumissionner de manière indépendante pour plusieurs établissements, ajoute-t-on de source administrative.

    N.S.

    Les employés sont plus confiants que l'encadrement

    Les employés de l'hôtel Basma à Casablanca savaient tous que leur établissement est privatisable. En revanche ils ne savaient pas quand, et c'est la visite de L'Economiste qui leur a annoncé que les appels d'offres étaient sur le point d'être lancés pour les murs.
    La nouvelle n'arrête pas le moins du monde le travail: on discute en assurant le service.
    "Ça ne change pas grand-chose pour nous, puisque la privatisation devra s'accompagner d'une préservation de notre emploi", commente-t-on chez le personnel, en recommandant néanmoins de ne pas citer de nom ou de ne pas clairement indiquer la fonction. La complexité peu banale de la phrase donne à penser que les messages en provenance du Ministère chargé des privatisations, concernant les emplois, ont bien été entendus et retenus. "Pour nous, c'est un patron qui part et c'en est un autre qui arrive" , nous est-il expliqué, sur un ton laconique. Une employée accueille même la nouvelle avec le sourire.
    La nouvelle de la cession entraîne même une réaction de sourire chez la standardiste de l'hôtel.
    Des discussions s'engagent entre les employés: si c'est un acheteur "qui est du métier, il y a même des chances pour que les petits salaires soient augmentés". Le privé a la réputation de mieux payer que le public, mais une certaine confusion apparaît entre la cession de la partie immobilière et la privatisation de la société de gestion.
    Lorsqu'on remonte dans la hiérarchie et les responsabilités, les remarques gagnent en nuances, mais aussi en interrogations.
    On y imagine mal que le nouveau propriétaire n'intervienne pas dans la conduite de la gestion et, par conséquent, les cadres s'inquiètent. C'est précisément le mot inquiétude qui revient dans les conversations."Le problème se pose au niveau des postes de responsabilité", assure un cadre. Tout comme le personnel, l'encadrement voudrait voir arriver un ou des propriétaires appartenant au secteur.
    Une des remarques des cadres est inattendue et pourtant pleine de bon sens: "Quand un employé est licencié, cela fait toujours du bruit à cause des syndicats ou parce que des gens prennent sa défense; en revanche quand c'est un cadre qui est licencié, personne n'y prête vraiment attention".
    Chez l'encadrement, personne ne fait la confusion entre la vente des murs et la gérance, mais les cadres prennent le temps de discuter entre eux de l'événement et de ses conséquences: "le nouvel acquéreur va soit changer de gérant, soit prendre lui-même la gestion de l'hôtel. Et dans les deux cas, les postes de responsabilité vont être confiés à d'autres que nous".
    L'encadrement redoute de voir arriver des propriétaires étrangers aux milieux touristiques:"en tant que professionnels, nous pensons que se serait un drame pour le produit touristique marocain".

    A. Z.

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