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Pourquoi il faut sauver les banques, même fautives
Par J. Bradford DeLong

Par L'Economiste | Edition N°:2842 Le 18/08/2008 | Partager

J. Braford DeLong enseigne l’économie à l’université de Californie de Berkeley. Il coédite le “Journal of Economic Perspectives”, une revue de référence sur la nouvelle recherche économique mondiale. Il a été secrétaire d’État adjoint aux Finances sous la présidence de Bill Clinton, de 1993 à 1995. Il a enseigné à Harvard, au MIT et à l’université de Boston, universités qui figurent parmi les plus prestigieuses des Etats-Unis. Son dernier livre est “Speculative Microeconomics for Tomorrow’s Economy” sur le rôle des décisions des acteurs. Ses recherches précédentes portaient sur les “mystères” qu’il y a à avoir en même temps de l’inflation, du chômage et de la croissance. L’auteur a un site web où l’on peut accéder gratuitement à ses plus importants travaux, ainsi que discuter ses théories: www.j-bradford-delong.netJe n’ai rien à reprocher aux politiques mises en place par la Réserve fédérale des États-Unis, sur qui a reposé le principal fardeau de “gérer” la crise. J’aurais seulement aimé, à l’instar de la Fed, qu’il ait été possible de trouver un moyen pour que les actionnaires du secteur financier supportent une part plus importante des pertes qui s’annoncent qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent ou qu’ils ne sont susceptibles de le faire. Mais je suis d’accord avec le vice-président de la Fed Donald Kohn; il n’est pas raisonnable de faire des leçons de morale aux financiers si cela risque de provoquer des dommages collatéraux sous la forme de suppression de millions d’emplois.

Eviter les pertes d’emplois
La première priorité de la Fed est d’essayer d’empêcher l’économie américaine de tomber trop bas sous la barre du plein emploi, et de tenter d’éviter qu’un effondrement américain ne contamine d’autres économies. Si l’emploi et les revenus aux États-Unis s’effondrent, les demandes d’importations de l’Amérique en feront autant - et ce n’est pas juste l’Amérique, mais le monde entier qui glissera dans la récession.L’emploi dans le bâtiment et les secteurs qui lui sont liés est en train de s’effondrer, à mesure que les Américains et les étrangers se remettent de leur accès irrationnel d’exubérance immobilière. Une baisse d’enthousiasme pour l’immobilier signifie que les entreprises industrielles ne se verront plus opposer de restrictions de crédit quand elles chercheront des capitaux pour s’agrandir. Cela signifie également que le dollar perd de la valeur, et par conséquent que les entreprises installées aux États-Unis ont davantage d’opportunités d’exporter et de fournir le marché national. Les emplois passent du bâtiment (et des secteurs qui lui sont liés) aux biens commercialisables et à la production de services (et aux secteurs qui leur sont liés).Mais si le système d’intermédiation financière s’écroule dans une faillite universelle, les producteurs de biens commercialisables seront incapables de trouver les financements nécessaires à leur expansion. Et si l’immobilier et les titres adossés à des créances hypothécaires ne se contentent pas de baisser mais s’effondrent, tout le monde se souviendra que l’emploi dans le secteur du bâtiment chute plus vite que n’augmente celui du secteur des biens commercialisables.Cela ne serait pas bon, ni pour l’Amérique, ni pour le monde.
Douce récession
Et pour l’instant, ça va, en tout cas du côté réel de l’économie américaine. Certes, le chômage augmente aux États-Unis, mais si l’économie américaine est en récession, c’est la plus douce qu’elle ait jamais connue. Côté financier, cependant, l’ampleur du chaos est stupéfiante: on a assisté à des manquements monumentaux dans la gestion de risques par des institutions financières à fort effet de levier, censées être des gestionnaires de risques de premier ordre si elles veulent survivre.Si vous m’aviez demandé, il y a un an, si ce degré de chaos financier serait compatible avec une économie nationale américaine pas clairement en récession, je vous aurais répondu que non. Si vous m’aviez demandé au même moment si une année peut s’écouler sans que ne surviennent, soit la restauration de la confiance dans les institutions financières, soit des nationalisations et des liquidations à grande échelle, je vous aurais répondu que non. Les configurations instables et intenables doivent s’arrêter un jour. J’avais tort, sauf que....Rudi Dornbusch avait donc vu juste : les déséquilibres peuvent durer plus longtemps que ne le pensent les économistes. Mais cela ne veut pas dire que tout ce qui monte ne retombe pas un jour.

Les crises durent plus qu’on ne le croit

Depuis 2003, je répète que l’économie mondiale est gravement déséquilibrée et vulnérable à une catastrophe macroéconomique qui provoquerait l’un des pires épisodes de crise des temps modernes. Depuis 2004, j’affirme que la situation, une fois déclenchée, apparaîtrait sans doute clairement dans l’année: nous saurions si l’économie mondiale se rétablirait ou entamerait une spirale descendante. En 2004-2007, j’ai envisagé que je pouvais m’être trompé au sujet d’une résolution relativement rapide à la crise économique mondiale: comme le disait feu Rudi Dornbusch, les déséquilibres macroéconomiques intenables peuvent tenir plus longtemps, que les économistes, avec leur foi touchante dans la rationalité de la prise de décision humaine, ne le croient possible.Il y a un an, cependant, avec la crise des subprimes d’août 2007, j’en ai acquis la certitude. La situation devait se résoudre dans l’année, pas d’autre solution. Soit les banques centrales parviendraient d’une façon ou d’une autre à prendre le train en route et à guider les taux de change et les cours vers une configuration à l’équilibre stable et durable, soit le chaos et la perturbation des marchés financiers déborderaient dans l’économie réelle, déclenchant une grande récession à l’échelle mondiale. La situation a largement favorisé la seconde possibilité: une crise macroéconomique mondiale.Mais je me suis trompé. Une année entière s’est écoulée, et nous sommes toujours sur le fil du rasoir.Copyright: Project Syndicate, 2008. Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot

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