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Culture

Assilah 2008, un festival mondialisé

Par L'Economiste | Edition N°:2842 Le 18/08/2008 | Partager

. Le Mexique à l’honneur. La coopération Sud-Sud au centre des débatsPour cette 30e édition du Moussem d’Assilah, certains habitués de longue date persistent à regretter qu’il n’y ait pas eu d’événement majeur pour marquer le coup. Pourtant, il suffit d’un tour dans l’antique cité carthaginoise pour se rendre compte que le coup est bel et bien marqué. D’une rue à l’autre, d’une place à l’autre, une part belle a été faite aux artistes de tous horizons, et en particulier ceux du Sud. Pour ne citer que les Mexicains, des stands ont éclos partout dans Assilah avec pour thèmes des démonstrations musicales et artisanales. Mais ce qui attire le plus le regard des Marocains, ce sont les installations «In situ», ou encore les performances en plein air des deux créateurs mexicains Juan Ramon Perez et Salvator Luna. La première œuvre s’intitule«Célosia» (jalousie), elle intègre le regard des Assiliens par son contenu insolite. Cette œuvre est composée de panneaux articulés en fer forgé dans lesquels s’imbriquent des éléments carrés, sphériques dont les matériaux sont principalement de la poterie de Cocucho, de la poterie vitrée de San José de Gracia, du Maqué de Uruapan, etc. «L’utilisation de ces matériaux pour cette œuvre, tout autant décorative que fonctionnelle, nous permet de montrer la créativité des artisans de la région du Michoacan», rapporte l’artiste Juan Ramon Perez. Ainsi, l’idée de la part des organisateurs et des artistes d’intégrer des matériaux purement mexicains dans un espace purement marocain n’est pas anodine. Du Maroc au Mexique, en passant par la péninsule ibérique, il n’y a qu’un pas…Le dénominateur commun? L’Espagne bien sûr. L’artiste a donné comme second titre à son œuvre «Du monde arabe vers l’Espagne, de l’Espagne vers le Mexique». Ceci est une référence directe à l’art islamique qui a largement influencé le Maroc et le Mexique, pourtant très différents du point de vue culturel et religieux. La domination arabe en Espagne a duré 8 siècles, puis au XVe siècle ce fut au tour du Mexique d’être dominé par l’Espagne. Un passé commun lie donc de facto ces trois civilisations avec un symbole de métissage et de brassage culturel très fort qui ressort au travers de ces œuvres.La seconde installation «Circulo de Identidades» (cercle d’identités) est un collier géant composé de vingt-quatre différents chaînons dans une allégorie à la diversité de pensée d’interprétation de la vie et une conception créative de chaque culture. Chaque perle, représentée ici par des masques respectifs aztèques de type «Purhepeha», nous interroge sur nos identités plurielles en ce XXIe siècle mondialisé. L’artiste nous pousse ainsi, nous, simples spectateurs, à partager la diversité et la richesse du Mexique et, à travers cette dernière, la richesse culturelle du Maroc également.Après ce «carrefour mexicain», un autre carrefour aux chemins croisés culturels s’offre au public: les fresques murales version 2008 ont essaimé ici et là, au détour d’une place, ou d’une ruelle discrète. Sur la place qui jouxte le donjon de la mer (la citadelle portugaise), c’est une fresque de Nozobal qui s’impose. Des encres noire et bleu azur dégoulinent et suintent comme si les murs d’Assilah pleuraient ce «on ne sait quoi» caché au fond des cœurs. Plus loin, et à l’abri des regards, c’est la fresque originale du peintre Aroufaf qui s’étale sur plus de six mètres avec ses sélections de papiers journaux.Enfin, sur la grande place Abdellah Guenoun, une fresque signée Gustavo Monroy, prend ses aises au pied de tatoueuses de henné. Cette œuvre est dédiée à la ville d’Assilah: «Para la Hermosa Ciudad de Asilah». Singularité ou simple coïncidence, les tatoueuses semblent se confondre avec la fresque, sans doute l’artiste affectionnait-il tout particulièrement ces femmes-artistes d’un autre genre…Au centre Hassan II, huit designers ont été retenus pour se concurrencer sur le thème «Modernité ou tradition». Il s’agit des créateurs de mode Alaoui, Bendriouch, Bouhamrani, El Gadi, El Madi, Kabbaj, Mikou et Mahrouf. A la question de savoir si le Maroc puise actuellement ses sources dans la tradition ou la modernité concernant la création artistique, nos huit designers ne répondent pas... Du moins pas frontalement.


Arabes et médias

EN toile de fond, le festival d’Assilah touche à quelque chose d’essentiel abordée lors de la conférence «Médias arabes au XXIe siècle». Les acteurs de la vie culturelle, artistique et des médias dans le monde arabo-musulman doivent fédérer leurs énergies pour faire valoir une identité forte, indépendante et enrichie de son passé colonial. Et pour rappeler l’importance de cette idée essentielle, l’invité d’honneur à la conférence, le Prince Fayçal Salman Ibn Abdul Aziz, rappelle que «l’information au cours de ce nouveau siècle doit refléter la transparence, mais aussi le professionnalisme et la maturité de notre jeunesse». Une belle invitation à collaborer et travailler de manière plus assidue de part et d’autre du Monde arabe, pourvu que les moyens et les outils technologiques et matériels puissent le permettre.F. A. A

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