×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Affaires

Pêches: Les armateurs s’élèvent contre le projet de remplacement des navires

Par L'Economiste | Edition N°:1819 Le 26/07/2004 | Partager

. Ils rejettent en bloc la politique d’affrètement…. …Refusent la limitation du nombre de navires pratiquant la pêche aux poulpes à 100 unités…. … Et demandent à être associés à l’élaboration des décisions “Le secteur de la pêche est empêtré dans différentes crises sans précédent”, “le ministère de tutelle n’a pas encore trouvé sa place dans le gouvernement”, “les décisions du département de la pêche sont contradictoires”, “les professionnels du secteur sont écartés au niveau des élaborations des lois régissant les conditions de pêche”. Tels sont les principaux griefs soulevés avec force par les exploitants de la mer. C’était lors d’une journée nationale organisée par les professionnels du secteur, mercredi dernier à Safi. Laquelle avait pour thème la préservation des ressources halieutiques. Le problème majeur soulevé au cours de cette manifestation est le projet de la circulaire ministérielle de mai 2004. Cette dernière fixe les nouvelles conditions d’octroi des autorisations, de reconversion, de refonte et de remplacement des navires de pêche. Les armateurs qui sont venus des différents coins du pays ont vivement reproché au département de la Pêche de ne pas les avoir consultés lors de l’élaboration du nouveau projet. Ce dernier a été élaboré pourtant en concertation avec les 4 chambres des Pêches maritimes pour annuler et remplacer la circulaire qui était en vigueur depuis l’année 1999, a expliqué Fouad Azhari, délégué de la Pêche maritime à El Jadida. En effet, la circulaire de 1999 permettait aux armateurs la construction de navires dans le cadre du remplacement de jauge nette plus grande que celle du navire initial. Un exemple: pour les navires pratiquant la pêche à la palangre et ayant un tonnage brut entre 2 tjb (tonneaux de jauge brute) et 5 tjb. L’ancienne circulaire donnait la possibilité à l’armateur de remplacer son unité par une autre ayant une jauge nette allant jusqu’à 10 tjn. Cet artifice admettait d’accroître de 6 fois environ la jauge brute. La flotte nationale a vu donc au fil des années, intensifier sa capacité de pêche. En sachant que par décision ministérielle, il a été décidé le gel des investissements dans le domaine avec refus de délivrer des autorisations de pêche depuis l’année 1992. La visée en était justement de limiter la capacité de pêche dans le souci de sauvegarder les ressources halieutiques. Aussi, même sans accorder aucune licence depuis 1992, il a été constaté que la capacité des navires a augmenté. Le projet de la circulaire de mai 2004 avait pour objectif de limiter la capacité de pêche en cas de remplacement. Ce qui n’est pas du goût des armateurs qui demandent le maintien de la circulaire de 1999. Actuellement, il y a un vide en matière de réglementation, surtout après l’annulation de l’ancienne loi et la mise en veille de la nouvelle. “Nous demandons notre implication dans l’élaboration de la nouvelle circulaire”, a réclamé avec force un armateur. Au cours de la table ronde, la tension est montée de plusieurs crans. Des interventions houleuses ont particulièrement concerné la correspondance ministérielle du 19 juillet relative à la liste des 100 navires de la pêche côtière autorisés à pratiquer la pêche aux poulpes conformément à la nouvelle stratégie d’exploitation de cette pêcherie adoptée par le ministère. . CritèresLes armateurs ironisent sur les critères de sélection qui, disent-ils, favorisent le clientélisme. Cette correspondance adressée à la Confédération nationale de la pêche côtière a invité les professionnels à arrêter au plus tard fin juillet la liste des 100 navires que les armateurs auront à choisir volontairement. Le choix des navires pouvant intégrer définitivement cette pêcherie pourrait également se faire, selon la correspondance ministérielle, en fonction de critères adoptés par l’association des professionnels. La correspondance précise que les navires éligibles à cette mesure devront exercer leur activité dans les mêmes conditions que les chalutiers céphalopodiers congélateurs. “Des navires, après le remplissage des cales, utiliseraient en plus les passerelles pour le stockage au soleil sans mesure d’hygiène”, a avancé un responsable. Cette dernière précision fait tiquer de nombreux armateurs. Dans le cas où cette liste ne serait pas établie avant la fin du mois en cours, le département des Pêches mettra unilatéralement ces propres critères, qui seront objectifs selon les termes de la correspondance, permettant d’identifier les chalutiers côtiers à autoriser. La plupart des armateurs pensent que ces mesures sont arbitraires et ont pour conséquence d’évincer à dessein un bon nombre de navires. Ils proposent l’octroi des autorisations à tous les navires jusqu’à épuisement du quota. Ce sera alors la ruée vers l’or blanc, ironise un marin présent. Le quota de poulpe représente 11% du quota global, autrement dit, 2.200 tonnes durant la campagne. Un autre volet a suscité bien des emportements. Les armateurs au cours de leurs interventions ont exprimé leurs profondes réprobations contre la politique d’affrètement des navires étrangers. Le représentant du ministère, Khalid Ribane, cadre à la DPMA (direction de la pêche maritime et de l’aquaculture), a affirmé qu’aucune autorisation d’affrètement n’avait été délivrée à l’exception des mesures pour aider à remettre à flot des unités de congélation de poulpes des provinces du Sud. Quelque 90 unités industrielles font de la congélation au Sud et ce sont une trentaine d’unités qui sont en difficultés financières. Ces autorisations spéciales sont provisoires, a dit le responsable du ministère. Et c’est pour permettre à ces unités de se reconvertir dans la congélation des pélagiques (sardine, chinchard, maquereau…).


Recommandations

La journée s’est clôturée sur des recommandations incisives. La Confédération nationale de la pêche côtière a demandé d’activer rapidement l’organisation du colloque national de la pêche et le maintien de la circulaire de 1999 relatif aux remplacements des navires, à l’implication des armateurs dans l’élaboration de la nouvelle circulaire, au renforcement du système de formation des marins. Ils ont également rejeté en bloc la politique d’affrètement et refusent la limitation du nombre de navires pratiquant la pêche aux poulpes à 100 unités. Ils réclament également la révision à la baisse du prix du carburant destiné aux navires de pêches de tous les segments. Les prix en cours actuellement pour le carburant sont de 3.200 DH la tonne pour la pêche hauturière contre 4.000 DH la tonne pour la pêche côtière. Et enfin d’activer l’élaboration et l’entrée en vigueur du code de la pêche maritime. Le code est actuellement à l’étude en concertation avec les professionnels, mais il tarde à voir le jour. Mohamed RAMDANI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc