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    ONA: Le plan stratégique et la nouvelle organisation

    Par L'Economiste | Edition N°:25 Le 16/04/1992 | Partager

    Si ce premier pôle accueille des activités nouvelles, le second est réservé au secteur minier, un des "métiers" traditionnels du groupe. Les mines étaient la base du groupe au temps du protectorat et du "Maroc utile" réduit à fournir des matières premières. En 1990, la part du secteur minier, victime de la chute des cours, tombe à 4,6% du chiffre d'affaires. Le pôle minier bénéficie néanmoins d'investissements importants, et de programmes de recherche et de modernisation, tels ceux de la mine polymétallique de Guemassa.

    Groupe multimédias

    Cependant la modernité est surtout concentrée autour du pôle "Haute Technologie". L'ONA y rassemble ses affaires de télécom-munication, de transfert de données, Alcatel Maroc pour l'industria-lisation des centraux... La dimension "hard" de la communication s'est vue adjoindre le "Soft" avec Soread, (2MI), Radio Méditerranée Internationale et Régie 3 qui gère les espaces publicitaires sur les deux premiers supports et Télé plus.
    La communication devient aussi un métier de l'ONA, qui se veut désormais un groupe multimédias.
    D'autres activités, au contraire, comme l'immobilier, ou le transport ne sont considérées que comme des "participations industrielles"(1). L'intérêt étant essentiellement financier, elles ont été rattachées au 4ème pôle "Le secteur financier et placement" qui comprend la Compagnie Africaine d'Assurances, les Cabinets de Courtage et surtout la Financière Diwan qui détient les titres BCM, SBC, assurances... Le pôle financier est présenté comme un pôle parmi 3 autres et pas comme un pôle leader. Il n'en reste pas moins que pour le commun des porteurs qui "boursicote", porter quelques actions de l'ONA, c'est détenir une part d'une filiale.

    Part de la Famille Royale: 18,18% du capital

    Les actions de l'ONA sont d'ailleurs l'objet de spéculations mondaines plus que de spéculations boursières. A ce sujet, suite à l'augmentation de capital de Février 1992, les institutionnels marocains, banques et assurances détiennent près de 37% du capital. On y trouve la BCM avec 12%, la Société Générale, la BMCE, la SMDC, Al Amane-l'Entente, Al Watanya, la CAA, la CDG et la CIMR (9%). Les actionnaires étrangers, arabes ou européens, dont la BNPI et le créateur Paribas, détiennent près de 27% du capital.
    La Famille Royale, avec Siger (anagramme du mot latin Regis signifiant Le Roi) détient 18,18%. Le reste est entre les mains d'actionnaires connus ou pas, ou sert à l'auto-contrôle (8,8% du capital). Beaucoup de partenaires, financièrement avisés qui exigent des résultats.
    L'ONA, qui affiche des indicateurs financiers déjà remarquables en période de récession mondiale, place la barre encore plus haut.
    Le taux de croissance qui était de 13% en 89/91 est programmé à 20% en 92-94. Le chiffre d'affaires qui avoisine les 14 milliards de DH grimperait à 24 milliards dont 4 à l'étranger. Le taux de rentabilité doublerait, à 10%. Et l'ONA se donnera les moyens de son expansion, investissant 5 milliards de Dirhams par an et augmentant son effectif de 18.000 à 21.000 personnes.
    Cette augmentation d'effectif accompagnera un développement d'activité, mais reflète aussi un souci social affiché.
    Les investissements seront opérés dans les "secteurs pri-oritaires, créateurs d'emplois". Et M. Fouad Filali de rappeler la contribution de l'ONA à l'opération CNJA, l'emploi devenant un "levier de développement pour accélérer le rythme de croissance" du groupe. Outre le "recrutement direct" qui a abouti à 200 embauches dans les filiales, le programme "formation insertion" permet à 287 jeunes diplômés de poursuivre une formation spécifique à l'OFPPT et dans des instituts privés, de 6 à 9 mois. Ils bénéficient de suivis personnalisés de la part des cadres du groupe. Ces jeunes constituent une "promotion" et il faut s'attendre donc à ce que l'opération soit régulièrement renouvelée.
    En la matière, l'ONA se veut leader, pour le secteur privé "des va-leurs de solidarité". Politique socia-le que le groupe peut supporter en raison de ses moyens et que le reste du tissu industriel, confronté à la déprotection accueille avec réserve. L'entreprise n'étant plus protégée, ne peut elle même protéger son personnel, dit-on dans certains milieux patronaux.
    A fortiori elle ne peut supporter des emplois qui ne lui seraient pas directement utiles. Ce que reconnaît M. Filali. Même si la capacité de réagir n'est pas la même, il n'empêche pas que "le secteur privé doit assurer de nouvelles responsabilités dans le développement économique du pays, réfléchir aux enjeux et défis auxquels la libéralisation va nous confronter" affirme-t-il. Au secteur privé de préparer des stratégies pour ce nouveau contexte. A l'état de lever "les pesanteurs institution-nelles", les contraintes administratives, pourtant officiellement recon-nues.
    Car l'ONA souscrit aux remises en cause, dernièrement réitérées au CNJA. Si le Maroc veut se placer par rapport aux zones constituées, envisager un accord de libre échange avec la Communauté Européenne, il y a "des conditions à déterminer avec les partenaires par un dialogue nécessaire"
    L'engagement économique, mais aussi social et politique est clairement marqué dans les discours, et l'ONA veut "s'inscrire d'une manière dynamique et exemplaire, dans les grandes options économiques et sociales du pays".
    Il ne pourrait en être autrement pour une entité qui se définit comme "le premier groupe privé du continent, conscient du rôle de locomotive qui lui revient".
    La dimension sociétale prend même des accents de morale. A l'instar des grands groupes, l'ONA se veut une "entreprise citoyenne", un système de références éthiques. Une culture d'entreprise, et une identité de groupe que l'ONA veut forger. Signe d'importance de cette volonté, la politique de Ressources Humaines et Communication est resté rattachée au niveau du holding alors que les filiales ne pourront que gérer ces fonctions.

    Khalid BELYAZID

    (1) Dans un premier temps, l'ONA annon-çait un regroupement autour de 5 pôles (voir l'Economiste N° 20 du 12 Mars) où les participations industrielles étaient mises a part, donnant parfois l'impression que ces participations devaient être cédées.

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