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Economie

Nouveaux pays européens/MarocRivaux ou complémentaires?

Par L'Economiste | Edition N°:1824 Le 03/08/2004 | Partager

. Les nouveaux adhérents offrent nettement plus d'avantages comparatifs. Mais tout n'est pas perdu pour le Maroc dans cette course aux IDE. A condition qu'il définisse une stratégie concrèteL'adhésion des pays d'Europe centrale à l'Union européenne, effective depuis le 1er mai 2004, donne des sueurs froides à nos entrepreneurs. Les chances pour que ces pays raflent la mise en matière d'Investissements directs étrangers sont multiples. “Même si l'on considère que pour la majorité des Nouveaux pays adhérents (NEM) à l'Union européenne, l'essentiel des flux d'investissements étrangers a déjà été réalisé, leur adhésion les place dans une position plus avantageuse que celle des pays du Sud de la Méditerranée dont le Maroc”, expliquent les experts du Centre marocain de conjoncture dans une étude récente. Ils offrent ainsi aux investisseurs des avantages de localisation avec lesquels le Maroc aura certainement des difficultés à rivaliser. Selon le CMC, “tout milite en faveur d'une délocalisation en masse des unités de production vers les NEM”. Toutefois, le processus est certainement plus complexe. “Il est dynamique et répond à des motivations complexes, suivant des stratégies différentes et potentiellement complémentaires”, ajoutent-ils. Les investisseurs qui choisissent de s'implanter dans un pays d'Europe centrale suivent deux approches. La première qui ne peut s'appliquer que dans les secteurs fortement employeur de main-d'oeuvre, consiste à tirer parti des avantages de coûts faisant ainsi de l'Est de l'Europe un simple atelier. Alors que la deuxième approche tend à s'appuyer sur l'expérience existante dans ces pays et vise à y développer des spécialisations complémentaires de celles de l'entreprise mère. Dans l'une et l'autre approche, les NEM disposent de facteurs d'attractivité appréciables. D'abord une main-d'oeuvre qualifiée, et qui peut être recyclée facilement ainsi que l'existence d'un tissu industriel dont les capacités de R-D peuvent être revitalisées. Mais aussi l'émergence d'une nouvelle caste d'entrepreneurs qui recherchent des partenariats avec des majors internationales. “Il est évident que, dans ces conditions, les opportunités d'investissement sont nombreuses et que le climat des affaires contraste favorablement avec la morosité de notre économie”, soulignent sans ambages les économistes du CMC.Appartenir à l'Union européenne est une garantie de stabilité politique et donc de l'investissement pour les investisseurs potentiels. De même, tout le travail fait en amont pour greffer l'acquis communautaire a poussé ces économies à réaliser des réformes structurelles qui, au Maroc et plus généralement du côté de la Méditerranée, prennent du temps à se concrétiser. Que ce soit du côté de la justice, la mise à niveau de la Fonction publique, ou encore de l'harmonisation des procédures administratives, tous ces facteurs réduisent de manière importante les coûts de transaction pour les investisseurs. “Ils pèsent au fait bien plus que la surenchère fiscale dans la balance”, explique un observateur.Par ailleurs les conditions économiques et sociales des NEM ressemblent à celles de l'Europe des 15 avec un décalage temporel d'une trentaine d'années. “Il est donc possible de glisser à l'Est la quasi-totalité de la chaîne des valeurs d'un produit car les prérequis sont déjà présents ou partiellement”, est-il indiqué du côté du CMC. Pour les rendre opérationnels, il suffit de quelques actions d'adaptation qui ne sont pas très importantes. Seulement les avantages offerts par ces pays n'excluent pas une délocalisation vers les pays du Sud de la Méditerranée, dont le Maroc. Tout n'est donc pas perdu pour le Maroc dans cette course pour attirer l'investissement, à condition qu'il définisse une stratégie lisible en la matière et une véritable politique de promotion. L'élévation du niveau de vie et le rattrapage des salaires et des standards de protection sociale chez les nouveaux membres de l'UE vont forcément pousser des activités à forte densité de main-d'oeuvre à chercher de nouvelles terres d'accueil.Il ne s'agira, toutefois, pas de la même délocalisation. Généralement, à la délocalisation horizontale propre aux NEM, on oppose une délocalisation verticale plus adaptée aux économies du Sud de la Méditerranée. Celle-ci ne repose pas sur un transfert de la totalité de la chaîne de valeur. La verticale ne porte que sur certains segments, ceux pour lesquels les économies du Sud offrent des avantages absolus de localisation. Elle repose, en premier lieu, sur l'identification par les firmes étrangères des pôles de compétences locaux qui peuvent, dans certains cas, prendre la forme de districts industriels. Elle s'inscrit également dans une stratégie globale de la firme multinationale caractérisée par deux éléments: la recherche des vastes marchés en croissance et de l'autre la minimisation des coûts “outsourcing”. Mais les deux composantes de cette stratégie ne sont pas forcément menées dans un seul pays, elles peuvent être développées dans différents territoires et pour différents segments de la chaîne de valeur. Dans l'hypothèse où des firmes européennes ou non européennes adopteraient cette stratégie vis-à vis du Maroc, elle aurait pour conséquence de rendre les deux régions complémentaires. Par ailleurs, certains avantages de la délocalisation offerts par les NEM peuvent être modifiés. “Les salaires augmentent plus vite dans cette zone qu'au Maroc, les barrières à l'entrée érigées par les “first camers” surtout les firmes allemandes et autrichiennes vont freiner les retardataires et la concurrence se chargera d'en éliminer d'autres, moins adaptées à l'environnement où la culture germanique domine”, soulignent les experts du CMC. Enfin, la convergence des économies au sein de l'UE élargie pourrait avoir pour effet d'entraîner une nouvelle vague de délocalisation, allant des NEM vers les pays du Sud de la Méditerranée où le Royaume dispose assurément d'une attractivité plus importante que ses voisins. En outre l'intérêt des investisseurs non européens (les pays du Golfe notamment) pour le Maroc pourrait être accru par la possibilité d'en faire un tremplin pour pénétrer plus facilement le vaste marché de l'Europe élargie.


Sous-traitance

La logique qui est suivie pour les investissements au Maroc est largement cantonnée à des secteurs en perte de vitesse en Europe. Des secteurs à faible intensité en technologie, réclamant une main-d'œuvre abondante et peu qualifiée particulièrement adaptée au travail féminin, comme la confection. C'est de la sous-traitance. Il en résulte, entre autres, que les implantations étrangères sont complètement déconnectées de leur environnement local.


Durcissement des règles pour les délocalisations

Afin d'éviter que l'argent communautaire ne finance des entreprises qui choisissent ensuite de se délocaliser, Bruxelles a durci les règles sur l'attribution de subventions par le budget de l'Union européenne. Si l'entreprise décide de se délocaliser, elle devra rembourser dans un délai de 7 ans, contre 5 ans actuellement, les subventions accordées. Ces propositions prévoient également de faire circuler dans toute l'UE les informations sur les entreprises aidées, pour que “personne” n'accorde de subventions à une entreprise pratiquant la chasse aux subventions par des déménagements successifs. Fédoua TOUNASSI

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