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Nouveau scandale de cadavres de poulets

Par L'Economiste | Edition N°:2161 Le 30/11/2005 | Partager

. Décomposés, des centaines de cadavres de poulets gisent depuis plusieurs jours dans une décharge de Bouznika. Odeurs, bactéries, mouches… les risques de propagation de maladies. Autre scandale: Des enfants vivent dans la déchargeEffarant! Alors que la psychose de la grippe aviaire bat son plein partout dans le monde, plusieurs centaines de cadavres de poulets s’amoncellent dans une décharge d’El Mansouria, province de Bouznika (non loin de la plage David et à quelque 40 km sur la route Casablanca-Rabat). C’est un véritable scandale sanitaire que vivent les riverains depuis une vingtaine de jours. Tout le monde en parle dans les douars. Serait-ce les premiers dégâts de la grippe aviaire au Maroc? s’interrogent les riverains. Rien n’est encore sûr, mais ce n’est pas exclu non plus. Car les professionnels répètent à qui veut l’entendre que le risque zéro n’existe pas. De toute façon, sur la route secondaire reliant la côtière à la route nationale N°1, la population craint le pire. Selon des témoignages unanimes des habitants, recueillis sur place, les poulets décimés proviennent d’une ferme sur la route nationale (RN1), baptisée la ferme des Fassis. Une ferme d’une dizaine d’hectares abritant une douzaine de poulaillers. Sur les lieux, un employé de silos mitoyens nous a confirmé le décès de plusieurs centaines de poulets, des pondeuses. Pour cause, l’on invoque des coupures d’électricité, car les bâtiments fonctionnent par ventilation artificielle. Le voisinage se plaint également des odeurs qui émanent de ces poulaillers. Mais surtout du fumier, mélange de produits chimiques, de déjections de poulets revendu à des agriculteurs comme engrais. “C’est un mélange d’excréments, d’œufs cassés, d’eau de javel et de déchets d’aliments. Le tout à l’état liquide”, témoigne un agriculteur. Pour les riverains, il est normal que des poulets meurent. Ce qui est inquiétant, c’est que cela coïncide avec l’influenza aviaire qui menace de nombreux pays. Du coup, les riverains font systématiquement le rapprochement, souligne un éleveur de bovins. Pis encore, ils ne veulent pas croire à la thèse de la coupure de courant. “Si c’était vrai, cela aurait eu lieu une seule fois, voire deux. Or, ce scénario s’est répété plusieurs fois depuis une vingtaine de jours”, précise un fermier de la place. Selon un autre témoin, tard dans la soirée, des tracteurs à remorque sortent d’une ferme sur la route nationale et se dirigent vers une décharge, à quelques encablures de la gare ferroviaire. Sur les lieux, ils évacuent leur chargements de poulets décimés. Une opération renouvelée deux fois par semaine, témoigne une famille de SDF qui vit dans la décharge au milieu des détritus. Oui, oui, vous avez bien lu! Des êtres humains vivent dans des décharges au milieu des ordures. En quelque sorte, deux scandales en un!“La première fois, poursuit le même témoin, les poulets ont été enterrés. Après, ils se sont contentés de les jeter non loin de la voie ferrée”. Les autorités locales ont été saisies: “Nous avons reçu plusieurs plaintes dans ce sens. Nous comptons mener une enquête pour élucider cette affaire”, précise-t-on à la municipalité de Bouznika.Tout autour de la décharge, sacs en plastique et épluchures de légumes jonchent le sol, attirant mouches et moustiques. Des cadavres de poulets en décomposition empestent et rendent l’atmosphère étouffante. Un spectacle désolant de mélange de plumes, de sang et de charognes. Si ce n’est pas la grippe aviaire, c’est en tout cas le cocktail idéal pour des scandales sanitaires.Non loin, des chiens errants, des chats et des ânes rôdent autour de ces foyers de bactéries. Des mouettes d’un blanc maculé nichent sur des cadavres de poulets rongés par des vers. Deux petits enfants de 2 et 4 ans jouent au milieu de ce foyer de bactéries. Unicef où es-tu?De l’avis de professionnels, en cas de décès de poulets, toute une procédure doit être suivie. La logique veut que l’on creuse une fosse de plus d’un mètre enduite d’une couche de chaux. Le poulet doit y être incinéré. Et ce n’est pas tout, le poulet doit être enterré, après accord des autorités, dans une décharge contrôlée. Contactés par L’Economiste, les responsables de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) nuancent: “Ce n’est pas parce qu’il y a des poulets morts que l’on doit trancher pour la thèse de grippe aviaire”. Les poulets, c’est comme les êtres humains, il y a des bronchites avec la vague de froid, la rougeole…” Maintenant, précise-t-on auprès de la FISA, si la grippe aviaire atteint une ferme, normalement, toute la zone doit être affectée dans un périmètre de 10 à 20 kilomètres. Dans ce cas, il y a de quoi s’inquiéter. “Mais si une maladie est localisée dans une seule ferme”, poursuit le responsable, cela peut être dû à un problème technique. Dans cette hypothèse, les responsables de la FISA rappellent que les riverains doivent contacter la section Environnement de la Gendarmerie et s’adresser au service de l’Elevage pour diagnostiquer les cadavres et remonter jusqu’à la ferme incriminée. Car indépendamment de l’aviculture, la logique veut que les cadavres d’animaux décédés suite à une maladie soient incinérés et enterrés. La loi 49/99 est on ne peut plus claire. Elle met en garde les aviculteurs sur le dépôt ou l’incinération des cadavres et déchets issus des élevages avicoles. Conformément à la loi, ces déchets doivent être incinérés dans les lieux et avec les moyens autorisés par les autorités de tutelle, sous peine d’une amende allant de 5.000 à 10.000 DH. Amin RBOUB

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