×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Mouton et Nouvel an
L’hypocrisie des textes

Par L'Economiste | Edition N°:2412 Le 30/11/2006 | Partager

. Illégale, la consommation d’alcool n’en est pas moins tolérée . Pendant les fêtes religieuses «il est interdit de braver l’interdit»«Il est formellement interdit de vendre des boissons alcoolisées aux Marocains musulmans». C’est ce qu’affirme l’article 28 de la décision du Cabinet royal (DCR) n° 3.177.66 du 17 juillet 1967, relative au commerce des boissons alcoolisées. La loi est donc claire à ce sujet: les Marocains musulmans ne peuvent pas consommer d’alcool, du moins, ils ne peuvent pas l’acheter. Peu importe le temps ou l’espace. Un Marocain musulman n’a pas plus le droit de «prendre un verre» pendant le Ramadan ou l’Aïd (Kébir ou Sghir) que pendant le restant de l’année. Au niveau des textes, c’est très sérieux. Leur violation conduit, en théorie, à une double répression. Il y a d’abord celui qui vend l’alcool à un Marocain musulman que la disposition mentionnée plus haut punit de l’emprisonnement d’un à 6 mois et d’une amende entre 300 et 1.500 DH. Signalons que si le Marocain de confession musulmane n’a pas le droit d’en consommer, il peut en revanche le vendre à des non-musulmans sous conditions (article 1er DCR). Ensuite, c’est au tour du consommateur de tomber sous le coup du décret royal n° 724.66 du 14 novembre 1967 relatif à l’ivresse publique. Le premier article de ce texte punit de l’emprisonnement d’un à 6 mois et d’une amende variant entre 150 et 500 DH, «celui qui se retrouve en état d’ivresse publique évidente dans les rues, cafés, bars et cabarets, ou dans n’importe quel autre lieu public».Une petite analyse de ces deux textes montre que la législation ne réprime pas l’achat d’alcool, mais la vente. Elle ne réprime expressément pas non plus la consommation, mais l’ivresse publique. Un Marocain musulman qui boit de l’alcool chez lui n’entre normalement pas dans le champ d’incrimination, puisqu’il ne consomme pas en public. Mais comment peut-il s’en procurer étant donné qu’il est interdit de vendre l’alcool à des Marocains musulmans? De ce fait, l’incrimination de la consommation semble étrange et surtout très hypocrite. Une fois la théorie des textes dépassée, l’on se rend compte que la réalité est toute autre. La tolérance des agents d’autorité vis-à-vis des infractions relatives aux boissons alcoolisées diffère au gré du temps et de l’espace. Tolérée tout au long de l’année, cette consommation l’est beaucoup moins pendant les fêtes religieuses. Les restaurants, bars, boîtes de nuits et autres rayons d’alcool des grandes surfaces suspendent la vente d’alcool aux Marocains musulmans pendant ces périodes. En d’autres termes, ils se conforment à la loi et «respectent l’interdit». Un respect qui n’est pas du tout observé en dehors de ces fêtes religieuses.


Le pic des fêtes de fin d’année

Interdiction ou pas, la consommation d’alcool atteint des pic lors des fêtes de fin d’année. Un ex-responsable d’une chaîne de grandes surfaces confie que la cave d’alcool s’accapare entre 75 et 80% du chiffre d’affaires du magasin le jour du réveillon. Si tous les produits de grande consommation évoluent à 42% d’année en année, les boissons alcoolisées réussissent une évolution de 58%. «Mieux encore, un magasin moyen qui réalise près de 390.000 DH de CA pour le rayon alcool par semaine, arrive à un CA de 220.000 DH pour la seule journée du réveillon», souligne-t-il. Naoufal BELGHAZI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc