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Médicaments vétérinaires
Les oubliés de la réforme

Par L'Economiste | Edition N°:2728 Le 05/03/2008 | Partager

. Prix protégé, double tutelle, marché saturé… . La mise à niveau de la filière urgente Harmoniser la législation marocaine relative aux médicaments vétérinaires. Telle est l’ambition des industriels et des ministères de tutelle (1). Ce secteur a connu une importante évolution depuis la promulgation en 1983 de la loi n° 21-80 relative à l’exercice, à titre privé, de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie vétérinaires. Cette évolution est due à l’augmentation de la demande en médicament, stimulée par l’intensification de l’élevage et le développement rapide du secteur avicole industriel. Cette situation s’est traduite par une évolution importante du secteur. Le Maroc compte 22 établissements pharmaceutiques vétérinaires (EPV) regroupés pour 90% au sein de l’Association nationale des sociétés pharmaceutiques vétérinaires. Le secteur est encadré par 35 vétérinaires et 22 pharmaciens. Le marché local est la principale destination du médicament vétérinaire avec 90% de l’offre globale, consommée pour sa majorité par le secteur de l’élevage -la consommation des médicaments vétérinaires pour les animaux de compagnie reste très faible. Le marché est estimé à 481 millions de DH. L’industrie marocaine du médicament vétérinaire représente 0,12% du marché mondial et 10% du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique humaine marocaine.Tous ces indicateurs doivent amener à une harmonisation de la législation marocaine qui n’est plus adaptée au secteur. «Elle constitue parfois même une entrave à son évolution» indique Khadija Id Sidi Yahya, directrice du Laboratoire national de contrôle des médicaments vétérinaires (LNCMV).Des tentatives d’amendements de la législation en vigueur, il y en a eu pourtant. Mais la rivalité entre le ministère de la Santé et le ministère de l’Agriculture sur la tutelle du dossier, a fait avorter le chantier. «Les procédures sont assez lourdes pour obtenir une autorisation de mise sur le marché d’un médicament vétérinaire. Il faut passer simultanément par les deux ministères et le manque de communication et de coordination entre ces deux départements ne nous facilite pas la tâche», indique un professionnel du secteur. La directrice du LNCMV est favorable à une tutelle technique du ministère de la Santé, mais pas administrative. La procédure conjointe enraye les mécanismes et ne permet pas de répondre efficacement aux besoins des professionnels du secteur. «Les médicaments vétérinaires sont destinés pour la majorité à l’élevage, puis, après abatage, sont transmis à l’homme. Ceci se répercute donc sur sa santé» indique un cadre du ministère de la Santé. C’est dans cette logique qu’intervient le rôle de ce ministère, pour préserver la santé humaine et assurer une bonne qualité des médicaments vétérinaires. Le secteur souffre aussi d’un problème de prix. “La procédure actuelle de fixation des prix est inadaptée”, souligne Id Sidi Yahya. «On ne peut pas calculer le prix d’un médicament vétérinaire sur la même base qu’un médicament à usage humain. Parfois, on retrouve sur le marché des médicaments à 400 DH, alors que leur prix réel n’avoisine même pas les 50 DH» indique un vétérinaire des services extérieurs du ministère de l’Agriculture. Cette situation reflète l’inadéquation du système des prix qui est à l’origine du non-respect des tarifs fixés par l’administration. Il y a eu des tentatives de libéralisation des prix des médicaments vétérinaires, mais, là aussi, celles-ci n’ont pas abouti. Certains professionnels appellent à libéraliser le prix des médicaments comme c’est le cas en Europe, Algérie, Tunisie… Selon eux, le médicament vétérinaire n’est qu’un maillon de la chaîne de production dans l’élevage. Il faut donc offrir aux éleveurs des médicaments de bonne qualité et bon marché.Pour pouvoir dépasser les problèmes du secteur du médicament, la réforme juridique et l’amélioration de la traçabilitè sont des chantiers urgents. «Le souci d’adapter le secteur se fait de plus en plus pressant. Le marché actuel des médicaments est saturé et les nouveaux industriels doivent se partager des parts de marché déjà existantes». L’export est la seule échappatoire, les industriels doivent, du coup, s’aligner sur les normes européennes afin de pouvoir exporter leurs productions de médicaments vétérinaires.


Risques d’utilisation

Le contrôle des résidus des médicaments vétérinaires permet d’assurer la sécurité sanitaire des aliments. Les procédures de contrôle ne sont pas assez efficaces. Les éleveurs, de leur côté, ne respectent pas les consignes d’utilisation des produits. Une période entre l’administration du médicament et l’abattage doit être observée, elle varie d’un médicament à un autre. Malheureusement, le peu d’éleveurs qui utilisent les médicaments vétérinaires observent rarement ces consignes avec tous les risques que cela comporte.Saâd Souleymane BOUHMADI-------------------------------------------------------------------------------(1) Ces questions ont été débattues lors d’un séminaire de formation organisé par le ministère de l’Agriculture à Rabat les 28 et 29 février. Les experts de l’Agence européenne pour les médicaments ont exposé durant cette rencontre l’expérience de l’Union européenne en pharmacie vétérinaire, et la sécurité sanitaire des aliments.

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