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    Culture

    Livre: Quand l’Histoire est en marche,que deviennent les hommes?

    Par L'Economiste | Edition N°:2874 Le 06/10/2008 | Partager

    . Le nouveau roman de Yasmina Khadra. Un grand moment à passer avec les victimes de la guerre d’AlgérieTrès attendu, le dernier roman de Yasmina Khadra est annoncé comme un grand succès de librairie. Sous cet élégant titre, «Ce que le jour doit à la nuit», des histoires humaines comme seul Khadra sait les raconter: ses personnages sont tout en nuances face et dans la grande Histoire, celle qui change la destinée des peuples… De vrais humains, comme vous et moi. Editeur JulliardON ne le dit pas assez: Yasmina Khadra est un géant de la littérature. Ce militaire algérien (oui, Yasmina Khadra est un homme, un militaire… mondialement connu sous un nom de femme!) a donné sa démission pour vivre de sa plume. Il ciselle et plie la langue française moderne comme bien peu savent le faire: certaines descriptions devront, du seul fait du style, passer dans les annales de la langue.Un petit bémol: «Ce que le jour doit à la nuit», en dépit de ce titre si beau, est moins soigné que ne l’était «Les hirondelles de Kaboul» où il faut signaler tout particulièrement une description de la rue sous la domination des Talibans, ou encore une exécution publique… Là, nous ne sommes pas si loin d’un Victor Hugo, mais un Victor Hugo qui aurait fréquenté les salles de cinéma. Peut-être le succès pousse-t-il éditeurs et auteurs à faire vite? Les grands amateurs de Khadra pourront s’amuser à repérer dans «Ce que le jour…», les phrases que le temps aurait permis de construire autrement, plus en phase avec le talent de l’auteur: le bidonville de Jenane Jato ne pouvait-il pas être décrit avec la même profondeur que les faubourgs de Kaboul («Les hirondelles…»), que les quartiers bombardés de Bagdad («Les sirènes de Bagdad») ou que les rues désemparées de Palestine («L’attentat»)?Mais ne boudons pas notre plaisir, car «Ce que le jour doit à la nuit» reste un pur plaisir. Comme dans tous les autres romans cités ci-dessus, Yasmina Khadra choisi un moment historique, un moment qui appartient à la grande Histoire, celle qui fait basculer le destin des peuples. Ici, c’est l’Indépendance de l’Algérie. L’auteur y fait vivre des personnages normaux, leur refusant d’être simples et univoques. En la matière, Khadra touche au génie dans la réussite du portrait des époux, le médecin et la terroriste, dans «L’attentat». Les lignes de références sont déplacées, comme elles le sont dans «Ce que le jour doit à la nuit». Les bons ne sont pas d’un côté et les méchants de l’autre. En revanche la souffrance est des deux côtés.La souffrance? Oui, évidemment. Mais aussi, ce petit espoir tenu qui ne disparaît jamais des cœurs et des esprits chez les personnages de Khadra. Une petite flamme d’amour, d’amitié ou simplement de respect qui reste toute petite dans les ténèbres et qui au détour d’une page, va se remettre à briller, à exister envers et contre tous les manichéismes. Du Slave Dostoïevski? Non, mieux que ça. Du Maghrébin Khadra, car il ne traite pas de rédemption, notion culturelle chrétienne. Il traite plutôt de survie.N. S.

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