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    Economie Internationale

    L'Europe protège la banane antillaise

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    La banane antillaise se trouve de plus en plus affectée par la concurrence accrue de la banane importée du Cameroun et de la Côte-d'Ivoire.

    Elle a enregistré, depuis Mai dernier, des chutes de prix notables pour parvenir à 3,5 Francs le kilo en Novembre. Devant cette baisse des prix qui dénote de la détérioration de leur activité principale (70% des emplois ruraux, premier produit vendu) les planteurs antillais sont scandalisés. A cet effet, l'accès aux ports et aéroports martiniquais et guadeloupéens fut bloqué la semaine dernière, les planteurs manifestaient ainsi leur volonté d'éliminer les entrées excédentaires des bananes africaines. Ils ont également réclamé à cette occasion des aides financières pour combler les déficits réalisés au cours des derniers mois.

    Louis Le Pensec, ministre français des Dom-Tom ne tarda pas à annoncer des mesures propres à protéger le marché antillais de la banane. Le gouvernement a accordé aux planteurs des subventions de 100 millions de Francs destinées à surmonter leurs difficultés de trésorerie et des prêts bonifiés à des taux réduits (4,75% sur 7 ans) de 50 millions destinés à résoudre les problèmes d'endettement. Soit une enveloppe de 150 millions pour soutenir les planteurs. Il prévoit, par ailleurs, la fermeture du marché français aux bananes africaines jusqu'au 31 Décembre. Conformément au décret du Général De Gaule, le ministre rappelle que l'approvisionnement français devrait respecter des quotas à l'importation : 2/3 Antilles, 1/3 ex-Colonies d'Afrique.

    Avec la libéralisation des échanges, prévue pour le premier Janvier 1993, la banane qui proviendrait de l'Amérique centrale ou de l'Amérique du Sud, par l'intermédiaire de l'Allemagne ou d'autres pays membres de la CEE, représenterait un danger plus grand pour le marché antillais (son prix ne dépasse guère les 3 Francs le kilo). La CEE recommande à l'Allemagne de limiter ses importations sud-américaines. Ceci pourrait prévaloir par la fixation de quotas ou par la taxation douanière. L'Allemagne semble réticente à la première solution et accepte la deuxième sous réserve. Une première négociation, pour aboutir à un éventuel compromis devait avoir lieu le 15 Décembre. Jusqu'à cette date, la banane devait être le seul produit agricole à ne pas circuler librement dans la CEE.

    Mais M. Arthur Dunkel Directeur général du GATT, a estimé nécessaire de reporter les discussions au 15 Janvier , prochain. L'objectif visé est de mieux analyser la situation avant de procéder à un quelconque arbitrage. Le conseil des ministres français a adopté un projet de loi le 25 Novembre qui " maintient l'essentiel des pouvoirs des douaniers pour le contrôle de certaines marchandises entrant directement ou indirectement en France ".

    Ces mesures protectionnistes des parts de marché s'inscrivent dans la " clause de sauvegarde " contenue dans les accords de Lomé. Elles ont été approuvées par l'ensemble des organisations professionnelles du secteur bananier antillais, mais encore faut-il que cette approbation émane de la Commission Européenne pour donner suite à cet accord.

    Rubrique réalisé par Hakima EL MARIKY

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