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Les retards de paiement: Danger!
Rappelez après, votre chèque est à la signature!

Par L'Economiste | Edition N°:1610 Le 26/09/2003 | Partager

. Incroyable! Un effet sur quatre revient impayé. Quand les PME deviennent des banquiers de l'économie Il n'y a aucun doute. Le retard de paiement est une pathologie incurable de notre économie, constate un manager du laboratoire L3E, une PME spécialisée dans le conseil et l'ingénierie du bâtiment. C'est le cancer qui menace les entreprises, notamment les petites dans leur survie, poursuit-il. «La règle, c'est d'être payé bien au-delà des délais, et l'exception, c'est d'encaisser son chèque dans les délais».La réalité dans les transactions commerciales conforte ce constat: un effet de commerce sur quatre en circulation retourne impayé. Ce qui donne 25% d'incidents de paiement. Par peur de perdre le client ou de se lancer dans d'interminables procédures devant les tribunaux, les entreprises rechignent à recourir à la voie judiciaire. La plupart des entreprises sondées dans notre enquête préfèrent durcir leur analyse de risque et renforcer leurs équipes de recouvrement plutôt que de s'en remettre au tribunal. La raison est toute simple: le dénouement des dossiers se fait après des délais incroyables, allant parfois jusqu'à plus de huit ans! L'usuel est aujourd'hui de 6 à 9 mois, soit 50 à 66% du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise. Sur le terrain, le problème de non-paiement à temps des factures crée un climat de méfiance quasi générale. L'attitude d'extrême prudence peut conduire jusqu'à rater des opportunités sur le plan commercial, reconnaît un chef d'entreprise. . Les grands comptes aussiMais tout n'est pas que question de mauvaise foi. La multiplication des procédures, conjuguée à une organisation complexe, alimente le phénomène. Beaucoup de grands comptes dans le privé souffrent aussi de lourdeurs administratives. A force de vouloir verrouiller leurs procédures, nombreuses sont les sociétés qui ont créé des bouchons dans leur organisation. Ce qui rallonge encore plus les délais de règlement. Des factures se perdent souvent dans le méandre des circuits administratifs et il n'est pas rare que l'on vous exige d'émettre une nouvelle facture, confie un DG d'un cabinet de formation. Ou que l'on se cache derrière la traditionnelle formule, «le chèque est à la signature», renchérit Jamal Bellahrach, directeur général de Manpower. Ce jeune patron connu pour son franc-parler et ancien président du Centre des jeunes dirigeants (CJD), n'a pas la langue dans sa poche. Pour lui, «les entreprises marocaines ont inventé la notion de mendicité professionnelle». On en arrive aujourd'hui à mendier son propre droit auprès de services financiers des sociétés. C'est par là que doit commencer la mise à niveau des PME, estime le DG de Manpower: «Il faudra que l'on sache une fois pour toutes que le fournisseur n'est pas le banquier de son client».Si les grandes entreprises arrivent relativement à supporter des retards de paiement, il en est autrement des petites structures. Une ou deux grosses créances en souffrance peuvent mettre en péril l'existence même de l'entreprise. Du transport international routier à la formation continue en passant par la communication, les prestataires de service accusent de plein fouet la montée des difficultés des entreprises. C'est l'effet de contagion. Depuis le début de l'année, beaucoup de nos clients demandent des rallonges de délais de paiement, confie Olivier Antoniotti, directeur général de Militzer & Muntch (M&M) Maroc. Globalement, il semble que le climat des affaires s'est détérioré. La société qui réalise l'essentiel de son activité avec les sous-traitants de textile-confection à l'export a vu doubler le nombre des effets retournés impayés. De deux à trois par semaine, elle en est aujourd'hui à six traites impayées chaque semaine. La société brasse des volumes d'affaires de près de 120 millions de dirhams par an pour un chiffre d'affaires de 40 millions. Si le logisticien s'en sort, il le doit en partie à son activité à l'importation où les clients règlent les prestations au comptant. Au final, la balance s'équilibre, se réjouit le patron de M&M Maroc. De 25 à 35% de son chiffre d'affaires sont à l'extérieur mais pour l'essentiel, l'encours est maîtrisable, insiste son directeur général. Comme bien des PME, Militzer & Muntch a eu aussi son lot d'impayés et même perdu de l'argent auprès des entreprises dont les dirigeants se sont volatilisés dans la nature. L'équipe de recouvrement du logisticien a été renforcée, chaque nouveau client est passé au peigne-fin «avant d'être admis en compte».Le problème de mauvais payeur est d'autant moins maîtrisé que l'information fait cruellement défaut et qu'il prospère dans une sorte d'impunité. Les pénalités de retard? Le procédé ne marche pas. La centrale des bilans? Une querelle sur l'échange d'informations entre les administrations et la Banque centrale fait moisir le projet dans les tiroirs. La consultation des bilans au Registre de Commerce? Ils ne sont jamais déposés à temps. Et encore, faut-il s'assurer de leur sincérité. Du coup, les PME font comme elles peuvent: recoupement d'infos auprès des banques, renseignement discret sur la réputation des dirigeants, etc. Abashi SHAMAMBA

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