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    Courrier des Lecteurs

    Les prix en 1991 : Le changement de rythme

    Par L'Economiste | Edition N°:24 Le 09/04/1992 | Partager

    Depuis 1985, le Maroc a pu maîtriser l'évolution de l'inflation" estime la Direction des Prix auprès du Ministère Délégué Chargé des Affaires Economiques et de la Privatisation.
    Ainsi, a-t-il pu tenir une stabilité appréciable du niveau général des prix. En 1990, l'évolution de l'Indice du Coût de la Vie s'était nettement détachée des tendances passées.
    En effet l'indice avait progressé de 6,7%, expliqué notamment par la dévaluation monétaire de Mai 1990 et surtout la crise du Golfe. Au niveau international, le trend d'inflation constaté sur la scène internationale confirme une tendance à l'accélération des prix. Pour les sept principaux pays industrialisés la progression dans des prix aura été de 5,7% en 1990. Or, la hausse n'avait été que de 4,5% en 1989, de 3,3% en 1990 et de seulement 2,9% en 1987.
    L'évolution des indicateurs de prix au courant de l'année 1991 a atteint des seuils de plus en plus élevés. Cette surchauffe n'est pas spécifique à l'économie marocaine, elle caractérise d'autres économies. La reprise de l'inflation a concerné aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement.
    Aux courant de cette période l'indice du coût de la vie tel que établi par la Direction de la Statistique du Ministère du Plan a enregistré des variations à la hausse plus accentuées que celles de 1990. Ceci se traduit par les taux suivants:
    - Indice Général 1991: 8,2%
    - Cumul de l'année 1991: 7,2%
    Ces hausses sont synonymes d'une recrudescence des tendances inflationnistes ayant caractérisé l'ensemble des groupes de produits constituant l'indice du coût de la vie sans exception durant l'année 1991:
    - Produits alimentaires: 8,6%
    - Habillement: 7,1%
    - Habitation: 8,2%
    - Entretien-Hygiène et Soins: 6,7%
    - Transport, Loisirs et Divers: 7,7%
    Les pouvoirs publics ont entrepris à l'automne 1991 une nouvelle politique pour limiter les poussées inflationnistes: les accords de modération. Ceux-ci ont donné des résultats encourageants (cf l'Economiste du 2 Avril 1992), comme le montrent les résultats de Février 1992 (cf en page 29).

    L'Alimentaire le plus touché

    Ce sont surtout les produits alimentaires qui ont atteint les seuils les plus élevés par rapport aux autres groupes de produits bien qu'il n'y ait eu aucune augmentation des produits de base subventionnés. Les augmentations réelles de prix qui ont eu lieu au cours de l'année 1991 ont touché aussi bien les produits et services réglementés que les produits et services libres notamment:
    a) Produits réglementés:
    - Les produits à base de céréales
    - Les cigarettes
    - Le transport
    - Les médicaments
    b) Produits libres:
    - Les boissons gazeuses
    - Les appareils ménagers
    - Les produits d'entretien
    - Les cyclomoteurs et les voitures
    - Les pièces détachées

    Sept causes aux mouvements de 1991

    "Les raisons de cette évolution des prix sont aussi bien exogènes qu'endogènes," note la Direction des Prix, qui identifie 7 causes à la relance de l'inflation.
    1- L'inflation importée:
    Parmi les facteurs exo-gènes de l'inflation il y a lieu de citer l'inflation importée. En effet, l'économie du Maroc étant ouverte reste sous l'effet des fluctuations des prix sur le marché international.
    2- Les facteurs monétaires:
    · La masse monétaire s'est accrue de 18,5% en 1990 contre 11,8% en 1989 ce qui s'est traduit par un accroissement de la liquidité, ou de la monéta-risation, de l'économie passant de 51% en 1989 à 55% en 1990.
    · Le désencadrement du crédit a favorisé une plus grande distribution des crédits à l'économie. L'encours des crédits à l'économie s'est accru de 8 milliards de DH durant le premier semestre de 1991 contre 1,3 milliard de DH durant la même période en 1990.
    · La libéralisation des taux d'intérêt s'est traduite par un relèvement des plafonds des taux débiteurs (15,2%) durant le deuxième trimestre de1991 contre 14,33% à fin 1990, ce qui a renchéri les frais financiers et par conséquent les coûts de production.
    3- Salaires te revenus:
    L'augmentation du SMIG et du SMAG en Janvier 1991 de 15%, a d'une part renchéri les coûts de production, et d'autre part participé au même titre que l'amélioration des traitements des fonctionnaires de l'échelle 1 à l'échelle 9, ainsi que la politique de recrutement des jeunes, à l'augmentation de la demande ce qui a stimulé le mouvement des prix vers la hausse.
    L'année 1991 a connu une bonne campagne agricole entraînant une amélioration du pouvoir d'achat du monde rural et aurait par conséquent participé à cette évolution des prix.
    4- Energie et transport:
    L'augmentation des prix des essences et du gasoil intervenue en Octobre 1990 a eu comme conséquence une augmentation des coûts des transports aussi bien privés que publics ce qui s'est répercuté sur les coûts de production et de distribution.
    5- La saisonnalité de la production agricole et de certaines consommations:
    La saisonnalité de certaines productions agricoles a été souvent citée comme origine de fluctuations importantes au niveau des prix de certains produits agricoles de consommation courante: viandes; légumes et fruits.
    6- Circuits de distribution:
    Certaines branches de ce secteur se caractérisent par des rigidités structurelles donnant lieu à des rentes de situation et un renchéris-sement parfois injustifié des prix.

    Rigidités sectorielles

    Ces rigidités peuvent être saisies à travers:
    - le système des quotas: l'Administration a libéré la distribution de la majeure partie des produits soumis à ce système. Seulement des systèmes de quota ont été institués par les producteurs ou les importateurs pour les produits libérés, exemple: le ciment, les allumettes, le fer à béton, le son, etc...
    - les entraves à l'accès au marché: soit du fait de la réglementation de certaines activités (station service, débit de tabac, café, etc...) ou par l'intervention des autorités locales (dans certaines villes l'exercice de toute activité est sujet à autorisation), soit de la part des professionnels eux-mêmes,
    - les ententes dans certains secteurs,
    - la rigidité due à l'intervention de l'Administration (renchérissement des produits importés dans le cadre de la commission des valeurs en douane...),
    - la désorganisation des circuits de distribution de certains produits sensibles et problèmes de fonctionnement de certains marchés: marché de gros, fruits et légumes, abattoirs, etc...,
    - l'insuffisance des marges commerciales au détail notamment pour les produits de première nécessité qui ne permettent pas aux commerçants de se conformer à la réglementation et aux prix officiels,
    - l'inadaptation de certains instruments juridiques dans le cadre de la loi en vigueur sur les prix pour la promotion de la concurrence.
    7- la politique de libéra-lisation:
    L'insuffisance des marges commerciales autorisées et l'absence de texte sur la concurrence amène certains producteurs et vendeurs à augmenter abusivement les prix de vente.

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