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Les fonderies rattrapées par la globalisation

Par L'Economiste | Edition N°:1608 Le 24/09/2003 | Partager

. Sevrées de matière première localement, la plupart sont en sous-capacité . Les ferrailleurs préfèrent exporter les déchets de métauxLes métallurgistes voient rouge. Les fonderies peinent à trouver la matière première: les déchets des métaux non-ferreux. Les industriels sont boudés par les ferrailleurs, basés en nombre à Tit Mellil (Casablanca) qui préfèrent exporter leur stock de cuivre et autres matériaux usés plutôt que de vendre aux fondeurs locaux. Personne ne peut le leur reprocher car ils font un simple arbitrage que n'importe quelle entreprise ferait. Le problème est que la matière première se raréfie. On est en pleine globalisation sur le marché. Partout dans le monde, les déchets dits non-ferreux font fonctionner les industries métallurgiques. Ils représenteraient plus de 40 % des intrants. Au Maroc, les professionnels s'estiment dans une situation “très inconfortable”. “La matière première est constamment prise dans les filets des réseaux internationaux de commerce de déchets”, tempête un fondeur. En 2001, plus de 10.000 tonnes de cuivre usé ont été exportées par les ferrailleurs. “Le fléau de vol des câbles électriques dont on entend parler un peu partout serait encouragé par les débouchés que les ferrailleurs offrent”, souligne un métallurgiste. Pour fabriquer les tubes, les tôles, les barres ou les raccords en cuivre, les métallurgistes ont besoin de matière première. Celle-ci reste la chasse gardée des ferrailleurs qui se constituent en sociétés exportatrices donc, exonérées de l'IS durant 5 ans. Les ferrailleurs profitent de cette situation confortable “au lieu de s'aventurer dans le marché local avec toutes ses difficultés”, justifie un ferrailleur. Selon un intermédiaire dans le commerce des déchets de cuivre, “dans leur majorité, ces sociétés changent de nom avant l'expiration de ce délai pour continuer de profiter de l'exonération. Ces ramasseurs de déchets métalliques s'approvisionnent auprès des industries de câbles électriques et téléphoniques, des régies et sociétés de distribution d'électricité, l'ONE, l'ONCF, Maroc Telecom et des FAR. Le cuivre est à 90 % récupéré à partir de câbles électriques usés. Bien qu'ils travaillent dans la légalité, les ferrailleurs sont accusés de tous les maux. Certains fondeurs les accusent “de rafler les appels d'offres des grands Offices par des procédés douteux. Les ferrailleurs rejettent en bloc ces griefs. Pour eux, l'ire des fondeurs nationaux est facile à expliquer: “lls exigent une meilleure qualité de déchets sans mettre le prix. A l'export, se justifient les ferrailleurs, “nos clients disposent de la technologie nécessaire pour faire le tri et paient mieux et dans les délais. Les fondeurs locaux sont de mauvais payeurs”. Néanmoins, ce ferrailleur qui exportait chaque mois une quinzaine de containers de déchets de métaux usés, voit depuis une année ce volume fondre. “Une nouvelle société s'est installée à Tit Mellil et exporte sa marchandise à un prix beaucoup plus bas que les cours internationaux qui sont aux alentours de 18 dirhams le kilo. Entre-temps, des sociétés comme Famab voient leur activité mourir à petit feu, en raison de la rareté d'intrants sur le marché local. Le recours à l'importation plomberait la compétitivité de la plupart des PME de fonderie. En 1999, Famab a investi 4 millions de dirhams dans une installation pour fabrication de lingots en cuivre destinés aux fabricants locaux de robinetteries et compteurs d'eau. Après deux années d'exploitation, la société commence à essuyer des pertes considérables. “C'est un marché supprimé qui représente 40 % du chiffre d'affaires”, explique un responsable. Mais durant deux années, Famab est arrivée à fabriquer 1.000 tonnes par an. Ce qui représentait 25 % des besoins du marché en lingots de cuivre. C'est encore une fois la pénurie des intrants qui est à l'origine du problème. Famab se fournissait aux ferrailleurs “au prix cher” de 12 DH/kg. Les fabricants de robinetteries et compteurs d'eau, eux, pouvaient s'approvisionner en lingots d'origines espagnole, française ou italienne à 17 DH/kg. “Notre prix de vente plus élevé ne nous permettait pas de rentrer dans nos charges. Les ferrailleurs ne voulaient pas aussi baisser leur prix de vente de déchets de cuivre”, explique un responsable de Famab. Depuis 1997, la société Mac-Z fabrique plus de la moitié des besoins du pays en tubes et raccords en cuivre. Aujourd'hui, son évolution est compromise par la pénurie de la matière première constituée généralement de déchets de cuivre et de laiton. “Nous aspirions à l'indépendance du pays en matière de tube de cuivre. Nous sommes arrivés à une étape de développement qu'on ne peut malheureusement pas franchir”. Pour ce dernier, il s'agit d'une simple question de refonte du commerce des déchets. Le gérant de Mac-Z a longtemps discuté avec les ferrailleurs mais sans résultat. “Depuis, nous sommes devenus leur bête noire”, confie-t-il. Pour ce même responsable, “l'exportation anarchique des déchets enregistre un manque à gagner de 250 millions de DH pour le pays. Des pays comme l'Algérie ou la Tunisie ont imposé des quotas à l'exportation des déchets de matériaux non ferreux”. L'Association des fondeurs du Maroc a saisi le ministère de l'Industrie. Ce dernier avait facilité l'import des déchets usés en annulant les droits de douane à l'import. Ce qui équivaut à une baisse du prix du kilo de 2 dirhams. “La mesure arrange les grands importateurs mais pas les petits qui n'ont besoin que de petites quantités de déchets de métaux”, explique un grand métallurgiste. Entre-temps, plusieurs sociétés étrangères s'installent au Maroc pour s'approvisionner sur place en toutes sortes de déchets de cuivre et matériaux non ferreux. Elles viennent d'Europe mais aussi de Chine, du Sri Lanka, d'Inde ou du Pakistan. Les fondeurs locaux crient au pillage.


Système de quota à l'export

Les déchets de métaux sont un moyen économique pour promouvoir l'industrie métallurgique et l'affinage. Les pays européens l'ont compris au début des années 60. Ils ont depuis adopté des régimes restrictifs à l'exportation de ces matières. Au milieu des années 70, ces mesures restrictives ont été harmonisées dans le cadre communautaire. Les fondeurs marocains revendiquent aujourd'hui la mise en place d'un système de quota à l'export. D'autres pensent que les ferrailleurs ne doivent plus être exonérés de l'IS. “Puisqu'ils n'exportent pas de la valeur ajoutée”, explique un industriel. Les fondeurs exigent ainsi des modifications dans la charte de l'investissement. Ils ont multiplié les démarches au ministère de tutelle. Pour l'instant, sans suite. Mostafa BENTAK

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