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    Tribune

    Les échanges de données informatisées : Les professionnels veulent une démarche claire

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    La perception des enjeux est claire, mais il n'y a pas vraiment de démarche claire au Maroc concernant l'échange de données informatisées. Tel est le constat de l'Association des Utilisateurs des Systèmes Informatiques au Maroc (AUSIM)

    L'accuel de la Conférence du GATT à Marrakech, ensuite l'organisation à Casablanca de la Conférence internationale sur le développement économique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, couronnent les orientations stratégiques et économiques de notre pays dans le sens du libéralisme et de l'ouverture.

    Le GATE à Marrakech et la Conférence de Casablanca cette semaine montrent bien l'importance de l'échange des données.

    Devant l'ouverture des espaces économiques et la compétition du temps induite par l'accélération de tous ceux qui y adhèrent devant l'importance toujours grandissante de la disponibilité de la ressource nommée "l'information", la télécommunication sous toutes ses formes s'avère de plus en plus un moyen stratégiquement incontournable pour l'amélioration de la communication dans les entreprises et les administrations. Si cette amélioration de la communication au sein même d'un organisme donné, c'est-à-dire entre les entités qui le composent, ne dépend que de lui-même et des moyens qu'il met en oeuvre pour aboutir à ses aspirations dans ce domaine, l'amélioration de la communication entre cet organisme et son environnement ne peut, en revanche, aboutir à aucun résultat sans une action collective, c'est-à-dire des différents acteurs qui interagissent avec l'organisme en question.

    L'amélioration de la communication d'une entreprise avec son environnement permanent: clients fournisseurs, banques et administrations ne peut se faire que par une normalisation des échanges entre ces différentes entités.

    C'est l'enjeu le l'EDI-Echange de données informatisé - ou Electronic Data Interchange.

    I'EDI. technique née aux Etats-Unis au début des années 60, désigne l'échange électronique entre deux applications informatiques différentes de tous types de documents techniques ou administratifs: bons de commande, factures, virements bancaires, déclarations administratives, etc...

    20 fois moins cher que l'échange de papier

    Partant du constat que ces documents, qui sont en général issus de systèmes informatiques, doivent être ressaisies de nombreuses fois dans les échanges entre entreprises, la première ambition des EDI est de réduire le coût des échanges par la réduction de ces ressaisies.

    Ainsi, une entreprise dont la gestion de stock de la matière première est informatisée générera des bons de commande qui seront électroniquement expédiés au fournisseur. Ce dernier, ayant informatisé sa gestion commerciale, intégrera directement ces bons de commandes dans son système informatique sans se voir oblige de les ressaisir.

    La nécessaire normalisation

    L'EDI, n'est cependant pas uniquement un outil évitant la ressaisie de bordereaux, mais c'est une technique qui doit être vue comme étant un instrument de compétitivité économique, un instrument qui permet de réduire les délais de transmissions et de traitements de documents et indirectement des cycles qui leur sont associés comme le temps de fabrication, l'importance des stocks ou le volume des frais financiers. Il a été constaté un facteur de trois entre le coût du traitement d'un document papier et celui d'une bande magnétique a et il a été constaté un facteur de vingt entre le coût du traitement d'un document papier et celui d'un message EDI. Si la communication nécessite un langage qui en constitue le support, l'informatisation nécessite une rigueur totale, ainsi un échange entre deux applications informatiques suppose un langage commun clairement défini et unanimement adopté. L'EDI est totalement tributaire d'une normalisation des documents et procédures d'échange. Cette normalisation peut être privée entre deux ou plusieurs partenaires, ou officielle prise en charge par des organismes internationaux .

    Historiquement, la normalisation a débuté de manière officieuse au sein de groupements professionnels qui ont souhaité informatiser leurs échanges. La normalisation EDI est ensuite née d'un dialogue entre les organismes de normalisation officiels et associations professionnelles. L'exemple le plus probant est celui d'EDIFACT: EDIFACT-Electronic Data Intechange for Administration Commerce and Transport - est un langage développé par une instance des Nations Unies: L'EDIFACT-Board.

    EDIFACT est aujourd'hui le langage de base pour la plupart des projets EDI; il est constitué de trois parties principales:

    - le vocabulaire ou répertoire d'éléments de données commerciales,

    - une syntaxe établissant les modes de combinaison et d'ordre des éléments de données,

    - des règles d'édition des informations sur un document cadre.

    Les actions de normalisation sont renforcées par des actions de promotion sur le terrain.

    En France par exemple, plusieurs organismes, chacun dans son domaine, se consacrent à la promotion de l'EDI, EDICON pour la construction immobilière, EDIFICE pour les composants électroniques ou TDS pour les déclarations sociales et TEDECO, lancé par le Ministère français des Finances pour automatiser les échanges entre l'Administration et les entreprises.

    La législation, un frein

    Cependant, une normalisation officielle ne signifie aucunement normalisation universelle et générale à tous les secteurs d'activités. Les normes édictées suggèrent des canevas de messages dont la structure doit impérativement être raffinée dans le cadre de groupements professionnels.

    Par ailleurs, une approche sectorielle concourante s'est mise en place . Dans ce cas des procédures et normes adaptées à leurs secteurs se sont mises en place bien avant la normalisation officielle.

    Parmi les plus anciennes et les plus connues, on citera Swift pour les échanges interbancaires et Galia pour la construction automobile, ou ces normes de messageries interbancaires sécurisées, comme Etebac.

    Partout, les frais ont précédé le droit. Au Maroc, la démarche est encore floue, même si la perception des enjeux est claire

    Comme il est d'habitude de constater, dans le domaine de I'EDI comme dans d'autres domaines, les faits ont précédé le droit. En fait l'EDI, dans son esprit original, supprime l'origine sous forme papier qui fait encore office de preuve légale.

    En France, encore une fois le paradoxe devenait criant entre d'une part une multiplication des expériences probantes et d'autre part le vide juridique dans ce domaine. Cependant, et depuis 1991, la voie de la dématérialisation des factures est ouverte. Il n'en demeure pas moins que la disparition des pièces matérielles originales au sens juridique du terme amènera des révisions inévitables du droit commercial et du droit civil. Dans le cas du Maroc, si la perception des enjeux est claire tant pour stimuler les flux nationaux que pour favoriser les échanges internationaux, la démarche est encore floue. Faut-il passer par des instances nationales ou sectorielles de normalisation ? Faut-il se fier aux informaticiens? Faut-il se fier au pragmatisme du marché ? Le débat est ouvert, mais la solution réside certainement dans une subtile combinaison de ces différentes approches.

    A.B.

    Enjeux commerciaux

    L'EDI apporte une réponse adaptée à la hauteur des enjeux stratégiques en matière de développement commercial, de réduction des coûts, délais de fabrication et de stockage ainsi que l'accélération des flux de trésorerie et de "capture" de clientèle potentielle. Pour sensibiliser les opérateurs marocains à cet axe de développement technologique et sous le patronage du Ministère des Postes et Télécommunications, ainsi que celui du Groupement Professionnel des Banques du Maroc, l'Association des Utilisateurs de Systèmes Informatiques au Maroc, AUSIM -, organise le vendredi 4 novembre 1994, une journée d'information et de réflexion sur le thème "Echange de Documents Informatisés"(1). Quelques éléments des thèmes qui seront développés au cours de cette journée:

    - enjeux financiers et réglementaires;

    - principes de base de l'EDI et aspects techniques;

    - enjeux sectoriels: banque, bâtiment, transport,

    - concrétisations potentielles: inter-bancarité, flux de trésorerie, systèmes de paiement.

    (1) A partir de 9 heures du matin à l'hôtel Sheraton à Casablanca.

    Le GATT à Marrakech et la Conférence de Casablanca cette semaine montrent bien l'importance de l'échange des données.

    Partout, les faits ont précédé le droit Au Maroc, la démarche est encore floue, même si la perception des enjeux est claire
    Dar A. Benider (AUSIM)

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