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Les boîtes à outils

Par L'Economiste | Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

La création d'une boîte à outils managériaux était une idée très attrayante au départ. Le sentiment que les subordonnés sont bien équipés pour prendre les bonnes décisions diminue l'incertitude de la direction. Si un outil est omis, il est additionné au fur et à mesure et les modèles sont constamment mis à jour. Ainsi, les managers passeraient beaucoup moins de temps dans les réunions puisqu'ils auraient recours à des outils nouveaux, pratiques, basés sur l'action.
Mais si seulement ça pouvait marcher! Les entreprises auraient installé ces outils dans des PC, licencié les cadres de compétence moyenne et recruté les diplômés des grandes écoles pour résoudre leurs problèmes. Les communications internes ne seraient plus d'une grande utilité à ce moment-là, le travail en groupe n'existerait plus et les opérations routinières nécessiteraient beaucoup moins de temps. Autrement dit, il n'y aurait plus à réfléchir sur les problèmes et les opportunités managériaux.
Aujourd'hui, l'idée ne semble plus aussi tentante. Le management ne peut être fondé sur la découverte de solutions miracles; il doit viser la création des conditions opportunes pour aider les employés à accomplir leurs objectifs professionnels. Il doit également encourager, guider et développer des processus d'apprentissage. En réalité, aucun système, aussi efficace soit-il, ne peut remplacer les managers.
La boîte à outils s'appuie sur le principe que les dirigeants d'entreprise peuvent générer des solutions instantanées pour résoudre leurs problèmes, quelle que soit la nature de ces problèmes. Mais un outil ne peut pas fonctionner correctement si on ne sait pas d'emblée à quoi il peut servir.
Un marteau est conçu pour fixer des clous et un tournevis pour serrer des vis. La capacité d'analyser et de faire une synthèse n'est pas liée à l'utilisation de ces outils, mais à l'éducation reçue auparavant. Si les managers ne saisissent pas bien les relations de causalité d'une situation donnée, ils ne sauraient pas se servir convenablement des outils mis à leur disposition. C'est un peu comme si l'on essaie de clouer un vis avec un marteau, le bois risque d'être abîmé. De même, un manager qui utilise le mauvais instrument managérial ne peut pas prendre les meilleures décisions.
Les formules existent depuis longtemps et ne constituent pas toujours la meilleure solution. Exemple, lorsque le gouvernement de Reagan a choisi d'adopter "l'économie de l'offre"(1), le déficit budgétaire s'est accentué de plus de 2.000 milliards de Dollars dans l'espace de 12 ans.
L'application aveugle des formules peut être incroyablement dangereuse.
Elles empêchent les managers de réfléchir sur les situations qu'ils affrontent, et posent des obstacles devant l'entreprise qui souhaite cultiver une culture d'apprentissage. Une formule n'est finalement qu'un mauvais substitut à la réflexion.

Majda BEKIRANE

(1) Elle repose sur l'élargissement de l'assiette fiscale avec un taux d'imposition minimal.

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