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Le Coran, vu par les femmes

Par L'Economiste | Edition N°:2730 Le 07/03/2008 | Partager

Médecin hématologue, Asmaa Lamrabet s’est engagée depuis quelques années dans la réflexion sur la problématique de la femme dans l’Islam. Elle travaille en ce moment sur un projet de relecture des Textes sacrés, à partir d’une perspective féminine dans le cadre d’un groupe de recherche et de réflexion sur la femme. «C’est un mouvement qui tente de déconstruire le monopole de la connaissance religieuse traditionnellement  assignée comme privilège exclusif à l’homme, en proposant une relecture équilibrée et nuancée des textes et qui se veut réaliste par rapport au contexte actuel», résume-t-elle. Asmaa Lamrabet est l’auteur des ouvrages «Musulmane tout simplement» et «Aïcha, épouse du prophète ou l’Islam au féminin», tous deux publiés aux éditions Tawhid. «La problématique de la femme musulmane est prise en otage entre deux perceptions extrêmes: celle d’une approche islamique conservatrice très rigide et celle d’une approche occidentale, ethnocentrique et islamophobe», explique-t-elle dans son tout nouvel essai intitulé «Le Coran et les femmes. Une lecture de libération». Dans ce dernier livre, l’auteur s’engage à débarrasser l’Islam de tous les préjugés et de toutes les incompréhensions qui ont finalement abouti à faire éclore un florilège d’opinions misogynes. Elle parle de mubaya’ât ou l’engagement politique des femmes, de Mubâhala ou quand le Coran incite à la participation sociale des femmes et définit les muhâjirât, comme exilées politiques. Ce lexique n’est certainement pas nouveau, mais la sémantique, elle, est nouvelle. Dans son livre, Asmaa Lemrabet restitue aux versets coraniques leur part du sacré et les dépouille d’un habillage et d’une interprétation faussée. Car, faut-il le rappeler, la chariâ s’inspire de quatre sources: le Coran, la sounna, l’ijma (consensus) et le qiyas (raisonnement inductif). Les deux premières sont de l’ordre de la révélation et de la prophétie. Les deux autres, dérivées des premières, sont le fait de simples humains. Et la part de l’humain a parfois largement contribué à faire basculer la balance du côté... des hommes. À travers recoupements historiques et analyses étymologiques, l’auteur a développé une analyse qui définit clairement la part de la religion et le poids des coutumes dans nos sociétés. «L’oppression au nom du religieux» compte parmi les innombrables abus imputés à la religion musulmane. Les femmes en sont les premières victimes et c’est pour cela que «ce mouvement est fait de femmes qui  revendiquent une lecture de  l’Islam avec un regard libérateur, motivées par leur foi et leurs convictions… Elles ont  décidé délibérément  de réécrire leur histoire et de redéfinir leur identité, domaines longtemps  considérés comme propriétés exclusives des hommes musulmans… C’est dans cette vision des choses, qu’actuellement émerge ce que l’on pourrait nommer un véritable mouvement  féminin, celui d’une troisième  voie, qui se situe à mi-chemin entre une aliénation occidentale  et un traditionalisme fermé... A. K.

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