×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Société

    Le cinéma, notre épopée aujourd’hui?

    Par L'Economiste | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

    . Il rend visible «le visible» de tous les jours. L’occasion de fuir les déceptions du présent Une épopée ne joue pas dans la cour des gros bras, des affirmatifs, des bruyants, mais dans celle de ceux qui demeurent en retrait, solitaires, et regardent le monde à leur manière. Une épopée, c’est d’abord fuir les déceptions du présent, chercher un âge d’or et de gloire. Le cinéma peut-il être notre épopée aujourd’hui? En tout cas, Ali Benmakhlouf en est convaincu. D’ailleurs, il l’a savamment démontré lors d’une rencontre philosophique organisé par la fondation ONA à la Villa des Arts de Casablanca vendredi dernier. Devant un auditoire composé de cinéastes, d’universitaires et d’étudiants, cet agrégé de philosophie, professeur des universités à Nice-Sophia Antipolis et Sciences Po Menton, a brillamment fait l’apologie du cinéma. A travers les films «Casablanca» de Michael Curtiz, «Le Mépris» de Jean-Luc Godard et «L’Homme qui en savait trop » d’Alfred Hitchcock, il a décortiqué les composants d’un film. Le temps, l’espace, les personnages… tout ça dans le but de renouer avec l’aptitude à voir les images. Pour lui, le cinéma «rend visible le visible de tous les jours». Un film, non seulement existe comme souvenir, mais il traite lui-même du souvenir et de l’oubli. Il est une épure du temps, une déréalisation de la réalité. Où le spectateur a un sentiment de déjà-vu qui est très important pour l’imagination. Il y a donc vision sur vision, regard sur regard car le spectateur vient avec son histoire pour regarder un film. Par la projection du monde, le cinéma nous débarrasse donc d’une réalité faussement donnée, faussement «présente» et «transparente», qui feint de n’être pas écrite, de n’être pas reconstituée. De ce fait, il ne s’agit pas de combler un déficit d’épopée dans la période moderne en créant un monde extrême comme celui des westerns. Il s’agit au contraire de retrouver l’étrange derrière le familier : quoi de plus familier et ordinaire pour un couple que de se retrouver dans un bateau («Le Mépris»), ou pour un autre couple de partir au Maroc pour des vacances («L’homme qui en savait trop»), ou encore, situation particulière mais non extrême de retrouver un ancien amant dans un port africain («Casablanca»). L’épopée dont il s’agit consiste à donner «un sentiment très réel, très immédiat, très profond, le sentiment de la vie éternelle: c’est une chose qui a complètement disparu du monde», écrit Godard. Si le besoin d’épopée vient, normalement, d’une déception du présent, le cinéma reste, cependant, le meilleur moyen pour civiliser ce sentiment. «Il est donc notre épopée aujourd’hui», conclut Benmakhlouf. J. R.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc