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    Economie Internationale

    Le Big-bang du système financier japonais

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    De notre correspondant à Paris, Omar JOUAHRI

    Après la faillite retentissante de Yamaichi Securities, le système financier japonais est en émoi.


    Dans un contexte de déréglementation et de globalisation, le Premier ministre japonais Hashimoto est-il en mesure d'impulser un nouvel élan à une économie en mutation? Quelle est sa capacité à faire face aux résistances au changement? Ces questions s'inscrivent dans un cadre historique où la régulation du système financier s'opère essentiel-lement à travers l'action des pouvoirs publics. Ainsi, la régulation du système financier japonais est caractérisée par les interventions des autorités financières, la structure de financement des entreprises et la structure de gouvernement de ces mêmes entreprises.
    La mise en faillite, impensable il y a quelques années, de certaines institutions financières japonaises et la mise en place d'une politique volontariste d'aide à ce secteur, financée sur fonds publics, sont les symptômes d'une mutation, subie ou souhaitée, du système financier nippon. Cette mutation vise notamment à rendre les sphères productives et financières au Japon plus autonomes.
    Aussi le plan du gouvernement japonais s'articule-t-il autour de la relance du secteur immobilier, l'aide aux PME, la réforme de la fiscalité et la déréglementation.
    Dans l'urgence, les autorités japonaises doivent à la fois assurer la liquidité du système et éviter de soutenir les établissements mal gérés.

    Après une hausse vertigineuse de 90 points de base des taux de référence du marché monétaire, elles ont injecté plus de 30 milliards de Dollars dans le circuit du marché monétaire pour abaisser la «prime du risque japonaise».
    Déjà, lors des derniers exercices comptables, les banques japonaises ont été obligées de passer d'importantes provisions liées à l'éclatement de la bulle immobilière dans l'archipel nippon. L'apurement de ces créances douteuses est prioritaire. Dans les années 80, le manque de transparence comptable a pu affecter la réputation de certaines institutions. Aujourd'hui, les enjeux de cette mutation concernent la transposition des recommandations du Comité de Bâle sur l'évaluation des risques de marché et la révision des méthodes de valorisation des fonds propres.
    De plus, des mesures visant à sécuriser les biens immobiliers collatéraux des institutions financières et à injecter des liquidités dans le marché seront mises en place incessamment. Le mécanisme consiste pour le débiteur à vendre son bien immobilier en collatéral à des SPC (special purpose companies) afin de rembourser ses dettes aux banques. Ensuite, la SPC émet des obligations, des dettes subordonnées qui seront vendues à des investisseurs.
    L'objectif recherché est d'améliorer le profil du bilan des institutions financières en favorisant le processus d'amortissement des créances douteuses des banques.
    De même, la Banque du Japon a la faculté, de par ses statuts, d'accorder confidentiellement des prêts aux institutions en manque de liquidité.

    Au-delà des aspects conjoncturels, fondamentalement le système financier japonais, un système peu concurrentiel, semble avoir des difficultés à s'adapter au phénomène de globalisation: d'où la décision politique du Premier ministre qualifiée de «Big-bang» ou de déréglementation financière. Cette orientation de politique économique a entériné un prog-ramme de libéralisation des activités de marché, la suppression de la réglementation des commissions dans les activités de bourse, le décloisonnement du système financier et la possibilité de créer des structures holdings dans les métiers de la finance. Ce choix devrait favoriser l'épanouissement du concept de banque universelle en autorisant les banques à gérer directement des activités de titres et de fiducie et, parallèlement, permettre aux maisons de titres de développer des activités de dépôt.

    En dépit de ces difficultés, le Japon a des atouts considérables. La taille des institutions financières japonaises, leur positionnement privilégié au sein des places financières asiatiques et le soutien des autorités japonaises constituent des effets de levier importants. Si l'effort d'assainissement de son système financier se poursuit, alors le pays du soleil levant pourra pleinement bénéficier de la masse impressionnante de ses actifs financiers et de ses énormes excédants à recycler.
    Dans une perspective plus large, la crise du système financier japonais et de ses conséquences sur le marché domestique, les argentiers des pays industrialisés doivent désormais prendre en considération cette nouvelle contrainte de politique monétaire. En effet, toute action sur les taux directeurs des banques centrales, notamment ceux de la réserve fédérale américaine (dans un contexte où le Dollar s'apprécie fortement face au Yen et joue pleinement son rôle de monnaie refuge), sera tributaire de la mutation de l'environnement financier nippon.
    Premier créancier de la planète, le système financier japonais est certainement «to big to fail»!


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