×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Courrier des Lecteurs

    La BID fait la cour au privé

    Par L'Economiste | Edition N°:506 Le 13/05/1999 | Partager

    · Création d'un fonds de financement des infrastructures aux mains du privé
    · Un fonds global pour financer les PME sera accordé à des banques commerciales
    · La réduction des coûts de financement pour bientôt

    La Banque Islamique de Développement (BID) s'oriente vers le secteur privé. Ce changement de cap suit la nouvelle tendance de soutien à l'entreprise. En effet, le désengagement de l'Etat et l'appui au secteur privé ont amené la BID à réajuster son action. D'un partenariat à dominance étatique, la banque cible désormais le privé par un arsenal de mesures de réforme. La rencontre organisée mercredi dernier par la Confédération Générale des Entreprises du Maroc a été l'occasion d'exposer ces mesures.
    D'emblée, M. Ousmane Seck, vice-président de la BID, annonce la création d'un fonds de financement des infrastructures. Son enveloppe est de 1,5 milliard de Dollars dont 1 milliard seront destiné aux prises de participation. "Généralement, ce secteur est rentable, mais techniquement difficile et demande des investissements importants'', indique-t-il. L'objectif de cette mesure est de soutenir le privé pour participer dans la vague de concessions de régies et d'entreprises publiques. A l'instar des instances financières internationales, la BID a décidé la création d'une société financière islamique. Filiale de la banque, son actionnariat sera composé des Etats. Toutefois, la société aura des règles de financement et des procédures différentes de celles de la BID. Parallèlement, la BID a discuté avec le Ministère des Finances la création d'une société marocaine d'investissement et de financement. Celle-ci aura la particularité d'adopter des modes de financement conformes à la loi islamique.
    De même, dans le but de promouvoir les échanges commerciaux entre Etats membres de la Banque, cette dernière a prévu un nouveau guichet. Selon M. Seck, ces échanges ne dépassent guère 10% du commerce international. L'objectif est de les faire atteindre les 13% dans une première étape.
    Par ailleurs, l'essentiel du toilettage touche les procédures de financement déjà existantes. La lourdeur des procédures et le caractère onéreux du financement sont donc à éliminer. Aussi, le reménagement des modes de financement commence-t-il par la suppression de l'aval gouvernemental: toute entreprise peut s'adresser directement à la BID. Cette souplesse concerne également le système de garantie. Désormais, la garantie bancaire suffit.
    Les PME-PMI ne sont pas en reste. La BID ouvrira une ligne globale de financement dont l'octroi sera accordé aux banques commerciales. L'éligibilité de ces dernières interviendra ultérieurement.
    Enfin, le chantier le plus important est sans doute celui du coût de financement. La solution actuellement opérationnelle réside dans la possibilité d'effectuer des opérations commerciales en Dollars US. Auparavant, ces dernières se faisaient en Dinars Islamiques. Les partenaires de la Banque étaient donc confrontés à un double risque de change (Dollar et devise du pays). D'autres mesures pour la réduction du coût de financement sont remises à l'étude par le Conseil d'Administration de la banque.


    "Maturité''


    A 25 ans, la BID estime avoir atteint l'âge de maturité. Son regard se porte désormais sur les instruments de développement du secteur privé. Toujours est-il que cette tendance n'exclura pas un soutien aux Etats. Selon M. Seck, 22 Etats membres de la BID ont besoin de financement pour les infrastructures de base. Pour d'autres pays comme le Maroc, la croissance passe par le dynamisme de l'activité économique. Ainsi, l'intervention de la BID ne devrait plus profiter exclusivement au secteur public à caractère marchand.

    Khalid TRITKI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc