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    Jeux vidéo, un jackpot à ne pas rater

    Par L'Economiste | Edition N°:2771 Le 07/05/2008 | Partager

    . C’est le produit de divertissement le plus exporté . Une autre source de croissance pour l’économie marocaine «HOLLYWOOD a besoin des jeux vidéo plus que les jeux vidéo n’ont besoin de Hollywood», d’après une formule prophétique du PDG d’Electronic Arts, John Riccitiello. Bienvenue à l’ère de la convergence entre jeux vidéo, cinéma, musique, téléphonie… Le marché mondial de l’industrie des jeux vidéo pèse 42 milliards d’euros (475 milliards de DH environ) et passera à 50 milliards d’ici deux ans. C’est l’effervescence, à l’heure où des secteurs comme la musique sont tenaillés par la crise. A cause du piratage, celle-ci cherche toujours des nouvelles idées pour renouer avec la croissance. Un cas typique: le nouveau single du groupe de métal Korn a été inspiré du jeu vidéo d’Ubisoft, Haze. Sa commercialisation est prévue pour le 22 mai. «La bande musicale du jeu, composée par Korn, sortira en même temps que le jeu sous forme d’un album séparé», commente le DG d’Ubisoft Maroc, Cyril Vermeil. L’équipe casablancaise du groupe français créé par les frères Guillemot en 1986, a déjà démontré sa force de frappe: elle a créé une dizaine de jeux vendus dont Prince of Percia. Les studios Disney se sont basés sur le même personnage pour leur dernier long métrage tourné récemment à Ouarzazate (www.leconomiste.com). Une pub en or… et pixélisée, s’il vous plaît! Les jeux vidéo sont le produit de divertissement le plus exporté. Comment capter cette opportunité d’investissement? Il y a deux pistes à suivre. La plus évidente, «c’est de poursuivre ce que l’on fait déjà au Maroc: créer des jeux vidéo de A à Z destinés au marché mondial. Il y a aussi la sous-traitance graphique haut de gamme: un designer allemand crée un personnage et demandera à une équipe marocaine de lui en faire une dizaine», précise le top management d’Ubisoft Maroc. C’est le futur marché à prendre.Certes, il n’ y a pas vraiment de création mais «on travaille pour d’autres studios japonais, américains… en faisant juste les dessins ou des éléments d’animation», explique Cyril Vermeil. Plus les consoles sont sophistiquées, plus il y a des détails à travailler: chaque personnage devient ainsi plus long à dessiner (caractères, physionomie... ). C’est plus ou moins comparable à une sous-traitance primaire dans le textile. La stratégie Ubisoft consiste à dénicher des talents à l’étranger: «Elle a été la première à aller en Roumanie, en Chine et en Inde» (voir encadré). Son équipe marocaine, 80 salariés actuellement, va passer à 200 créatifs d’ici deux ans. La société compte s’installer prochainement à Casanearshore. Les concurrents vont-ils suivre les traces du 3e éditeur indépendant de jeux vidéo au Maroc? Ce scénario a de fortes chances de se réaliser. Le DG d’Ubisoft Maroc insiste surtout sur le «volet formation» assorti de contrat-insertion. Car le monde des jeux vidéo est une industrie gourmande de profils créatifs et «dépense beaucoup d’argent pour les former». Ubisoft Maroc a pris une longueur d’avance en lançant, fin avril à Casablanca, la première école dédiée à la 3D. Cet éditeur de jeux vidéo se classe «2e au monde en termes de création d’emplois: 3.400 graphistes dans 18 studios». L’idéal serait donc de disposer d’une matière grise à moindre coût, mais pas seulement. Car la créativité artistique n’a pas de prix. Mais l’essentiel, c’est de démarrer pour créer un effet d’entraînement.


    Carte à jouer

    PAR rapport à l’Inde, le Maroc a une carte à jouer dans l’industrie des jeux vidéo: sa proximité culturelle. Elle est en plus consolidée par le positionnement des groupes français: Vivendi vient d’ailleurs d’acquérir une pointure de l’édition de jeux vidéo, l’américain Activision. Et c’est là où les Marocains ont une marge de manœuvre dans la sous-traitance graphique de jeux vidéo, surtout européens. Un graphiste marocain de la 3D reste plus cher: un salaire moyen de 4.500 DH contre 3.500 DH pour un indien. Cependant, il est plus imprégné par la culture occidentale qu’un Indien. Le gap culturel entre l’Asie et l’Europe est important. «En Inde, par exemple, il n’y a pas toujours de trottoir dans la rue». Même si, globalement, les métropoles se ressemblent, «les Indiens ou Chinois auront besoin d’un plus grand effort de projection pour reproduire une ville européenne», argumente le DG d’Ubisoft Maroc. Certes, les salaires jouent dans la délocalisation, mais même la sous-traitance suppose un minimum de créativité. «Pour preuve, sur les 100 plus grands studios en termes de CA, à peu près 95% sont aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Le basculement vers des pays moins chers en n’est qu’à ses balbutiements», constate Cyril Vermeil.Faiçal FAQUIHI

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