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Intégrales de l’investissement
Benmokhtar: «Trop d’élitisme!»

Par L'Economiste | Edition N°:2418 Le 08/12/2006 | Partager

. Le Maroc n’investit pas assez dans le primaire. Un gâchis qui coûte très cher. L’enseignement aussi doit être compétitifAncien ministre de l’Education nationale (1995-98), président de l’Université Al Akhawayn, et du comité scientifique du rapport sur le développement humain (Rapport du Cinquantenaire), ancien du Club de Rome pour le projet «No Limits to Learning», Rachid Benmokhtar était bien «the right person at the right place» pour présider la commission scientifique de ces Intégrales de l’investissement. Fort de son expérience, Benmokhtar pense que l’adéquation, à long terme, entre la demande du marché de l’investissement, et l’offre de ressources humaines compétentes, passe par une mue de l’appareil d’éducation (valeurs, enseignant, enseignement, méthodes, pilotage) et par la généralisation de la qualité, la compétitivité et la performance humaine dans l’école. Cela, en commençant par «investir massivement dans la formation des couches sociales les plus pauvres, avec des programmes novateurs», puisque pour l’instant, «la gratuité se fait à leurs dépens ». «Inversons l’élitisme» et «construisons quelque chose de nouveau», explique cet ingénieur aéronautique.. L’Economiste : En quoi l’éducation, la formation et l’emploi sont-ils des défis pour l’investisseur?- Rachid Benmokhtar: Un projet d’investissement nécessite un environnement économique, juridique, financier, des infrastructures et des ressources humaines. Elles sont capitales, puisque la compétitivité dépend d’elles. Si l’investisseur ne trouve pas suffisamment de personnes qualifiées, il investit dans la formation. C’est un coût supplémentaire qui affaiblit son retour sur investissement. Normalement, il trouve les RH qualifiées. Mais dans les nouvelles économies, le niveau de qualification requis est de plus en plus élevé et la demande en qualité et en quantité est immédiate. Par ailleurs, la productivité de l’entreprise dépend des performances et des coûts des ressources humaines. Le problème de disponibilité de profils adéquats augmente la tension sur le salaire et la mobilité. D’un autre côté, la qualification des ressources humaines permet de contribuer à la hausse de la qualité et de la productivité de l’entreprise.. Comment faire migrer l’outil et le contenu d’éducation actuel vers une logique de compétitivité et de qualité?- Il faut que l’institution universitaire applique d’abord à elle-même les valeurs qu’elle entend promouvoir auprès des étudiants: la qualité, la compétitivité. C’est d’ailleurs une question qui pose ailleurs dans le monde. Les universités doivent-elles être gouvernées comme les entreprises les plus compétitives?. Comment connecter l’enseignant avec tous ces changements, de plus en plus rapides comme les nouvelles technologies, les nouveaux métiers, l’actualisation des pratiques et des savoir-faire...?- Etre à l’écoute des changements, faire partie des réseaux d’excellence, faire des benchmarks internationaux pour se motiver et capitaliser les meilleurs savoir-faire. Le plus important est donc de mettre en place un système d’évaluation de l’enseignant, très objectif, basé sur les résultats de son enseignement sur les enfants. Aussi, l’être humain est très sensible aux critiques, positives ou négatives. Or le fait de ne pas donner de feed-back est banalisé. On ne sait pas si on a bien ou mal fait; et s’il y a une erreur, cela déresponsabilise.. Et l’orientation scolaire? - Je ne suis pas pour l’orientation scolaire, hasardeuse et peu productive. Ensuite, les enfants n’ont pas conscience de leurs choix, feront ils un choix par défaut… comme une pléthore de jeunes qui choisissent l’option lettres. Je suis en faveur d’un retour à un baccalauréat général, équilibré dans son enseignement, tant en mathématiques, sciences sociales, littérature, etc. et y ajouter des options mineures. Je suis en faveur du libre choix à condition d’avoir une très bonne base.


La gratuité coûte cher aux pauvres

«C’est du bon sens: nous devons investir plus dans l’enseignement de base» dit Rachid Benmokhtar. Or, au Maroc, l’investissement est plus grand dans le secondaire que dans le primaire. La part du budget de l’Education nationale a augmenté de près d’un quart. Mais, dit-il, « la répartition entre primaire et secondaire nuance les choses ». Aujourd’hui, un jeune dans le niveau secondaire coûte 2,56 fois plus cher qu’un enfant du primaire. Et un étudiant dans l’enseignement supérieur coûte en moyenne 1,88 fois plus cher qu’un lycéen.En Corée du Sud, qui a l’un des systèmes les plus concluants dans le monde, le cycle primaire est valorisé. Sur 100 enfants qui entrent à l’école, 60 seront diplômés des universités. Au Maroc, sur 100 enfants qui entrent à l’école, 10 seulement seront diplômés des universités.«Dans notre système, ce sont les couches sociales les plus pauvres qui paient la facture (…) sans compter le coût énorme a posteriori pour l’Etat pour rattraper le gâchis».Il existe des solutions à court terme et quelques modèles qui sont partis de zéro pour construire quelque chose de nouveau. Benmokhtar cite le cas de l’Université Al Akhawayn: «nous avons procédé différemment et essayé de créer une discrimination positive en offrant des bourses, des aides financières pour permettre à ceux qui en avaient les compétences mais pas les moyens d’y accéder».L’approche à long terme consiste, selon lui, à investir massivement dans la formation des couches sociales démunies avec des programmes novateurs. Et ce, afin de créer une dynamique. «Aujourd’hui, le système de gratuité se fait aux dépens des couches sociales les plus pauvres. Alors inversons l’élitisme!»Pour l’enseignement supérieur, il cite l’exemple des Community Colleges américains. Ce sont des établissements d’enseignement supérieur formant sur des durées courtes pour des besoins spécifiques. « Ils cherchent quels sont les besoins pour une durée déterminée et proposent des formations adéquates; ce sont des solutions souples et intéressantes», conclut-il.


Contrat-programme

«Je pense que l’idée d’un contrat-programme peut apporter une solution à court terme pour atténuer l’écart entre la qualité et la quantité», estime le président. L’idée serait d’envisager une plate-forme qui fédère les acteurs de la demande de RH et les «concepteurs» de cette même RH.« Nous pourrions envisager des partenariats entre entreprises et centres de formation sur 5-6 ans pour apporter des formations complémentaires et soutenir le développement des besoins spécifiques»En attendant, le gouvernement lance son programme des «10.000 ingénieurs par an d’ici à 2010».Propos recueillis par Jihad RIZK

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