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Camdessus: «L’Afrique s’invite dans les agendas»

Par L'Economiste | Edition N°:2418 Le 08/12/2006 | Partager

. L’ancien patron du FMI veut une «globalisation solidaire». Comment obliger les riches à s’associer aux pauvres?. Développer en préservant la souveraineté des Etats«Vous avez peur de la globalisation? Oui, mais ce serait pire si les pays étaient fermés!» Depuis cinq-six ans, les pays développés ont un peu changé leur stratégie vis-à-vis de l’Afrique.C’est pour défendre cette nouvelle approche des relations nord-sud que Michel Camdessus, ex-directeur du Fonds monétaire international (FMI), a répondu à l’invitation de l’Association pour le progrès des dirigeants (APD) pour animer une conférence le 6 décembre à Casablanca. Le thème abordé étant «Développement de l’Afrique: Assistance ou partenariat».Pour Camdessus qui, même à la retraite, continue à être sollicité dans des réflexions sur le développement de l’Afrique, la question ne se pose pas. Le progrès ne peut plus être injecté dans les pays pauvres à travers des programmes tout prêts dont l’application conditionne l’octroi des aides. «Les politiques de développement ne sont efficaces que quand elles sont enracinées dans un pays», indique-t-il, ajoutant «qu’il n’est plus possible de fonder le développement de l’Afrique sur ces méthodes néocoloniales et caritatives». Il s’agit ainsi de trouver le moyen de soutenir l’Afrique dans sa croissance tout en préservant la souveraineté de ses Etats. Ce qui reste impossible dans une logique de dons. «La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit», souligne Camdessus, reprenant la remarque d’un responsable sénégalais.Le partenariat permet, par ailleurs, un partage de la responsabilité sur la réussite ou non des politiques de développement. La concertation fait que les pays africains s’approprient ces politiques-là. Donc impossible par la suite de rejeter la responsabilité de leur échec sur l’autre partie. En revanche, quand une politique paie, le mérite est également partagé.. «Ça va mieux en Afrique»Ce sont les pays africains qui sont à l’origine du concept de partenariat, explique Camdessus. En 2001, le continent s’est invité dans l’agenda des grands de ce monde, au sommet du G8 à Gênes (Italie) avec de nouvelles propositions, et surtout des politiques de développement établies localement. Le tout avec une vision plus moderne comme l’abandon des stratégies nationalistes et l’intégration des partenaires privés dans le développement durable. Camdessus rapporte que face à cette ferme volonté d’action, «le G8 a dit chiche! Les membres ont même assuré aux pays adoptant des bonnes politiques qu’ils n’auront pas d’obstacle financier pour l’accomplissement des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)». L’engagement a été pris au sérieux, selon l’expert français. «5 ans après, ça va mieux en Afrique: les pays affichent des politiques monétaires plus prudentes, le taux de croissance économique s’établit à 5% depuis deux ans, le revenu moyen par habitant progresse de 3% annuellement, les exportations africaines ont enregistré une hausse de 9% entre 2004 et 2005…», souligne-t-il, reconnaissant quand même que dans la réalisation des OMD, le monde est encore à la traîne. Pourtant, l’assistance au développement n’a jamais été aussi importante. Les aides publiques ont doublé ces 3 dernières années et la part de l’Afrique également. Ce qui a imposé la recherche de cette nouvelle méthode de coopération qu’est le partenariat. Dans ce sens, la première piste développée par Camdessus reste la diversification des acteurs. La collaboration ne doit plus se limiter à une relation de gouvernement à gouvernement mais s’étendre à d’autres acteurs: les collectivités locales, les opérateurs privés mais aussi les organismes multilatéraux. Plutôt que de pousser les pays riches à donner, il faut les pousser à s’associer dans le cadre d’une «globalisation solidaire». L’expression semble très philosophique et presque utopique. Qu’est-ce qui pousserait un pays comme la Chine, par exemple, à s’encombrer d’un partenariat avec un pays en difficulté? Réponse de Camdessus: «La pauvreté ne peut plus être considérée comme une affaire étrangère mais c’est un problème domestique qui n’a dorénavant plus de frontières dans le cadre de la globalisation».Parallèlement à cela, les pays africains doivent penser à des moyens pour diversifier leurs ressources financières. L’exemple a été donné dans le secteur financier: les banques peuvent mobiliser des ressources et favoriser l’investissement des émigrés dans leur pays d’origine en leur proposant des solutions d’épargne.Ichrak MOUBSIT

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