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Economie

Industrie du cuir
Le marché américain dans la ligne de mire

Par L'Economiste | Edition N°:1787 Le 10/06/2004 | Partager

. Deux consortia d’exportation en gestation. Le premier, dédié à la chaussure, sera basé à Casablanca. Le second concerne la tannerie de FèsDES consortia d’exportation pour le secteur du cuir sont à l’étude, avec le concours de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Il s’agit de deux projets-pilotes. Le premier devrait regrouper 3 entreprises de la chaussure basées à Casablanca et le second, 5 tanneries situées à Fès. Pour ce dernier, plusieurs contacts ont été établis afin d’analyser les avantages que procurerait une telle structure. «Les opérateurs ont exprimé leur intérêt pour la démarche, le projet a été étudié dans les détails, mais la concrétisation est retardée suite aux difficultés que traverse le secteur », précise Carlo Belliti, expert de l’Onudi.Le processus de création du consortium devrait suivre son cours en dépit de ces difficultés, assure l’expert. Concrètement, le consortium d’exportation permettra aux industriels du cuir de faire face aux grosses commandes en provenance du marché américain notamment, avec l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange. «Pour pénétrer ce type de marché, nos entreprises qui sont de taille réduite, sont obligées de mettre en commun leurs moyens et apprendre à travailler ensemble pour répondre aux exigences de la demande étrangère. Cependant, cela ne se fera pas sans difficulté et un temps d’adaptation sera nécessaire», reconnaît Abdeslam Alaoui El Hassani, président de la Fédération des industries du cuir (FEDIC).Cette action entre dans le cadre d’un programme intégré destiné à améliorer la compétitivité du secteur industriel, dans un contexte d’ouverture des marchés.Le projet de création de consortia d’exportation élaboré par l’Onudi, en coopération avec le ministère du Commerce extérieur notamment, est financé par la coopération italienne. Il s’inspire de l’expérience italienne et se base sur l’expertise de l’Onudi en matière de promotion de réseaux d’entreprises, de développement de systèmes productifs locaux (SPL) et de districts industriels. «Un consortium d’exportation est l’alliance volontaire d’entreprises dont l’objectif est de promouvoir les biens & services de leurs membres à l’étranger et de faciliter l’exportation de ces produits grâce à des actions communes», explique Carlo Belliti. Le projet consiste à soutenir les entrepreneurs désireux de se regrouper en consortia et à les conseiller dans la phase de création et de démarrage. Il s’agit ensuite de les aider à concrétiser des actions de promotion commerciale. En définitive, ces consortia incitent au développement d’une coopération interentreprises. Au regard de l’expérience italienne, cette coopération interentreprises des PME se traduit par une amélioration de la compétitivité des membres et de leur force de frappe sur les marchés internationaux. Cette coopération peut s’étendre à des domaines aussi divers que la qualité, la valorisation des méthodes de production ou le transfert de savoir-faire. «Le consortium d’exportation peut contribuer in fine à améliorer l’environnement commercial et économique en général dans les pays en développement», fait remarquer Belliti. Mais avant d’en tirer des bénéfices concrets et directs, les entreprises doivent fournir un effort soutenu et jouer le jeu de la transparence. Par manque d’expérience, de connaissance ou de volonté, la tentative de regroupement peut se solder par un échec. Et ils sont nombreux, même dans les pays développés.


Les conditions de réussite du consortium

- Les membres doivent réaliser que la coopération prévaut sur la compétition pour accéder aux marchés-clés et aux technologies les plus avancées.- Un consortium d’exportation doit être envisagé comme une coopération stratégique formelle entre entreprises, à moyen et long termes.- Ce consortium agit comme un fournisseur de services dont le rôle est de faciliter l’accès aux marchés étrangers. C’est une entité à but non lucratif qui fournit les services aux membres exclusivement.- Les membres gardent leur indépendance financière et légale et préservent leur autonomie de management.


Il faudra changer de mentalité

LE problème du secteur provient de la préparation insuffisante des entreprises face aux exigences de la mondialisation. Pourtant, des atouts, le secteur n’en manque pas. «Nous bénéficions d’un savoir-faire technique et d’un réseau de partenaires traditionnel», indique Vincent Imbroda, directeur général de Convex, l’un des plus importants exportateurs de la chaussure haut de gamme. Mais à eux seuls, ces avantages compétitifs ne suffisent plus. A titre d’exemple, la Tunisie, qui ne bénéficie pas de la même expérience, est mieux positionnée en terme de procédures administratives. «Maintenant que l’Espagne et le Portugal ont cessé toute production, plusieurs pays manoeuvrent pour se positionner dans le processus de délocalisation. Et les délais administratifs pèsent dans la balance», indique l’industriel. Vincent Imbroda reconnaît toutefois les efforts déployés par l’administration des Douanes. Mais plusieurs autres obstacles subsistent, notamment l’absence de zone industrielle dédiée au secteur, la disponibilité des intrants et leur coût… Et les consortia ont-ils une chance de fonctionner? «C’est avant tout une question de mentalité. Il faut que les membres d’une même corporation soient prêts à partager leur savoir-faire et leur expérience», rappelle Vincent Imbroda. Il reconnaît que pour pénétrer le marché américain, il est préférable de mener des actions communes. Cependant, tous les exportateurs ne fabriquent pas le même produit, ne travaillent pas dans les mêmes conditions et ne disposent pas d’un savoir-faire similaire. «Si tous les membres ne s’engagent pas effectivement à remplir les mêmes conditions, ce type d’initiative peut porter préjudice à l’image du secteur et du pays en général». Et de préciser que la fabrication de la chaussure pour homme ne fait appel ni au même matériel ni à la même technicité que celle pour femme ou enfant. Pour l’industriel, oui à l’encadrement, mais chacun doit se battre sur son propre terrain.M. K.

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