×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Tribune

    Projet de Loi de Finances/Tourisme

    Ou comment avec de bonnes intentions on peut ruiner un secteur
    Par L'Economiste | Edition N°:523 Le 07/06/1999 | Partager

    Par A. BAJTIT, conseil d'entreprise

    Le projet de Loi de Finances actuellement au Parlement comporte une disposition fiscale bien bizarre. Il s'agit d'une réduction d'impôt sur le chiffre d'affaires réalisé en devises par les hôteliers sous condition suspensive d'atteindre un taux de remplissage déterminé. Le geste, longtemps réclamé par la profession touristique dans son ensemble, est maladroit au point de faire plus de mal que de bien au secteur du tourisme. Tout d'abord, cette disposition est tellement contraignante (70% de taux de remplissage) que son impact risque d'être insignifiant. Par contre, elle va avoir un effet dévastateur sur le secteur dans la mesure où elle va rallumer la guerre latente entre hôteliers et agences réceptives de tourisme.

    Car il faut savoir que l'essentiel de l'effort de promotion non institutionnelle est le fait des agences réceptives elles-mêmes. C'est donc elles qui assurent naturellement le réceptif et qui rapatrient I'essentiel des devises. La Loi de Finances, en ignorant cet aspect de la chose touristique et en excluant les agences réceptives de I'exonération de l'lS prévue, s'inscrit à contre-courant des souhaits d'un secteur déjà fortement pénalisé par une fiscalité inadaptée à ses spécificités. Par ailleurs, la réduction d'impôt promise aux hôteliers qui rapatrieraient des devises va les pousser à concurrencer directement les agences et autres TO en allant chercher eux-mêmes le client étranger. Ce qui risque à terme de déstabiliser la filière du réceptif basée sur le trio agence étrangère-agence réceptive locale-hôtelier au détriment de l'agence locale. Mais le réceptif est un métier. Et les hôteliers ne sont pas toujours outillés pour l'exercer. Seulement voilà, la nouvelle disposition fiscale, si elle venait à être adoptée, va les inciter à exercer le métier de voyagiste et concurrencer directement les agences de voyages. Cette concurrence ne sera pas loyale, forcément, car les agences ne pourront jamais concurrencer les hôteliers sur leur propre fonds de commerce. Les répercussions de cette concurrence sur le secteur promettent d'être désastreuses.
    Les professionnels du tourisme vont sûrement se mobiliser pour faire échec à une mesure qui, sans rendre service aux uns, fait beaucoup de tort aux autres. Mais le pourront-ils seulement avec des associations professionnelles controversées et peu actives.


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc