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Economie

Gestion des déchets: «Rien ne se crée, rien ne se perd...»
Entretien avec Smaïl Aboulam, docteur en génie de l’environement

Par L'Economiste | Edition N°:2357 Le 08/09/2006 | Partager

Comme slogan, il n’y a pas mieux. Le Maroc devrait s’en inspirer pour lancer sa révolution verte. La formule du célèbre chimiste français Antoine de Lavoisier a le mérite de secouer la conscience écologique. L’entretien réalisé avec le chercheur Smaïl Aboulam s’inscrit dans cette logique: une gestion écologique des déchets est garante d’une protection optimale de l’environnement. Ingénieur et docteur en génie de l’environnement, Smaïl Aboulam a obtenu son titre à l’Institut national polytechnique de Toulouse. A son actif: plusieurs projets de recherche et d’ingénierie, notamment au sein de l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEM) et du CEMAGREF(1) de Rennes. - L’Economiste: La protection de l’environnement au Maroc est-elle totale ? - Smaïl Aboulam: Le Maroc dispose d’une nomenclature juridique assez étoffée. La loi n° 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de l’environnement le prouve. Actuellement, le projet de loi relatif à la gestion des déchets et leur élimination est en cours d’adoption. S’il y a une urgence, c’est de ce côté-là qu’il faudrait voir. Un vide légal sévit dans ce domaine. C’est ce qui encourage les dérapages écologiques. L’exemple des décharges sauvages en atteste. Les lois devraient être relayées par une mobilisation sur le terrain. . Qu’est ce qui caractérise la poubelle des ménages marocains? - Elle est à la fois riche en matière organique (déchets de cuisines, de jardins…) et humide (65 à 70%). Alors que dans les pays développés, le taux d’humidité varie entre 35% et 40%. Ces caractéristiques influent non seulement sur la nature des déchets mais sur leur traitement aussi. Par ailleurs, les Marocains ne consomment pas beaucoup de produits emballés comme les surgelés, les conserves… Ce mode de consommation a un impact sur la composition des déchets.. Quelle incidence le taux d’humidité a-t-il sur le traitement des déchets? - L’incinération de déchets humides consomme plus d’énergie, d’où l’intérêt de réduire le taux d’humidité. L’incinération en elle-même n’est pas une bonne solution. Le problème dit «déchets des déchets» perdure. La fumée contient des éléments toxiques comme la dioxine et les furannes. . Le compostage s’avère donc une alternative…- Effectivement. Il est à la fois un procédé écologique et adapté à la nature de nos déchets. Au Maroc, le sol agricole est pauvre en matière organique. Le composte serait un engrais idéal, d’autant plus qu’il favorise la rétention d’eau. Il améliore la structure physique et chimique de la terre. C’est salutaire pour un pays qui souffre de stress hydrique. Il peut même remplacer les engrais chimiques. Ce procédé de traitement a d’indéniables atouts économiques et environnementaux indéniables. Les déchets transformés en composte sont réintégrés ainsi dans le cycle de vie. . Faudrait-il pour autant devenir fanatique d’un procédé? Certainement pas. La méthanisation, comme le compostage, fait partie des procédés biologiques de traitement des déchets. Les ordures sont mises dans des cuves. En l’absence d’oxygène, les bactéries consomment les matières organiques et produisent du biogaz. Toutefois, la mise en place de ce procédé nécessite un investissement et des frais de fonctionnement coûteux. En ce qui concerne l’enfouissement des déchets, on ne pourrait pas parler de traitement ni d’élimination. On ne se débarrasse que temporairement des déchets.


Ecotaxe

DÉCHETS. Au-delà des odeurs nauséabondes, que pourrait inspirer ce mot? Une taxe par exemple. Le principe du pollueur-payeur induit un mécanisme fiscal pour lutter contre la pollution: plus on pollue, plus on paye, et inversement. Afin d’encourager les pratiques écologiques, des incitations sont instaurées : abattements, réduction du taux des impôts… L’utilisation d’équipements et de produits moins polluants est par conséquent moins taxée. Indirectement, le contribuable est sensibilisé à son environnement. L’enjeu est de taille. Une hausse du volume des déchets entraîne une charge financière supplémentaire pour les collectivités. Généralement, elle est répercutée sur les taxes locales. La facture est en fin de compte payée par le contribuable. L’intérêt d’une écotaxe est qu’elle individualise la charge fiscale de la gestion de déchets. Chacun paye selon la quantité et la nature des déchets qu’il produit. C’est une question d’équité fiscale. Par ailleurs, la mise en application de l’écotaxe ou du principe pollueur-payeur nécessite que l’on crée des indices de pollution. «L’une des unités retenues en France notamment est le «métox». Elle est applicable uniquement pour huit polluants de type métaux et métalloïdes (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb et zinc)», précise Smaïl Aboulam.Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI------------------------------------------------------------------------------------------(1)Institut de recherche et d’ingénierie en environnement et en agriculture

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