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    Enquête

    Formation des cadres : Les attentes des entreprises

    Par L'Economiste | Edition N°:146 Le 22/09/1994 | Partager

    Le débat sur l'enseignement est à l'ordre du jour. Une étude sur "les besoins en formation au Maroc", menée pour le compte de l'USAID, tente de cerner les attentes du secteur privé en matière de formation des cadres. Les besoins se font sentir avec acuité à tous les niveaux de l'entreprise: production, gestion, maintenance et qualité, marketing et commercial.

    "Le système éducatif public marocain est mal adapté aux besoins de l'activité économique, et plus particulièrement aux besoins de l'entreprise privée". C'est en ces termes qu'un rapport de synthèse d'une étude sur "les besoins en formation au Maroc" essaye de cadrer l'éternelle problématique formation-emploi. L'étude, réalisée pour le compte de l'USAID, a été menée par deux consultants: Abdelghani Sbihi et Mohammed El Aouad.

    Griefs en série

    Les rédacteurs du rapport de synthèse rappellent les griefs sans cesse soulevés à l'adresse de l'enseignement public: aspect théorique, manque de coordination entre le système de formation et le système de production, baisse du niveau, effectif nombreux non motivé et mal orienté, non participation des opérateurs économiques dans l'élaboration des contenus des programmes, lauréats pas immédiatement opérationnels....

    Ce premier constat étant établi, les deux consultants ajoutent que les besoins des entreprises en formation sont "ressentis à tous les échelons de la hiérarchie professionnelle, de la main-d'oeuvre ouvrière aux compétences supérieures techniques et gestionnaires". A leurs yeux, l'évolution des entreprises nécessite "une main-d'oeuvre spécialisée et qualifiée" et des "techniciens capables de gérer la production et d'entretenir les outils de production". Passant d'une évidence à une autre, les experts retiennent plusieurs axes d'orientation générale comme alternatives à la crise actuelle : revoir les programmes et les cursus en fonction des besoins du marché du travail, introduire au niveau des programmes de formation technique le savoir-faire concernant l'organisation et la gestion de la production, la maintenance et la qualité, actualiser les savoirs et les savoir- faire en fonction de l'évolution technique et technologique, motiver les formateurs...

    Selon les deux consultants, "les besoins du secteur privé en formation ne peuvent être exprimés que par rapport aux caractéristiques et aux prévisions d'évolution de chaque secteur ou branche d'activité". Ainsi, dans l'agro-alimentaire et les industries textiles et du cuir, les besoins s'expriment davantage en matière de main-d'oeuvre qualifiée. Dans les IMME, poursuivent les deux consultants, les attentes des entreprises se manifestent au niveau de la main-d'oeuvre qualifiée, les agents de maîtrise et les cadres administratifs et techniques de formation supérieure. Dans les BTP, le défi à relever se situe sur le plan des cadres intermédiaires. Avec des propos moins précis, les deux consultants estiment que, dans le secteur commercial, les attentes relevées concernent des profils rodées sur les techniques modernes de marketing et de management. MM. Sbihi et El Aouad renouent souvent avec des évidences pour expliquer les attentes des entreprises. Dans plusieurs passages, ils se contentent d'enfoncer des portes ouvertes. Exemple: "le petit commerce devrait profiter d'un esprit moderne de service au client et par conséquent améliorer son image pour une meilleure satisfaction des besoins des consommateurs ", ou encore: "les besoins sectoriels restent évidemment dépendants de l'état d'évolution de chaque secteur. Il devient nécessaire et pratiquement inévitable de faire l'état de la situation du secteur privé ".

    Au niveau de la formation des cadres, les besoins des entreprises sont énormes. L'insuffisance de l'encadrement au sein des unités de production est un des obstacles sur lesquels bute le développement du secteur privé. Pour résoudre ce problème, les deux consultants préconisent une triple action:

    - Formation continue à court terme
    - Création ou développement des écoles supérieures spécialisées dans le domaine de la gestion de l'entreprise.
    - Une structure de conseil aux entreprises.

    Cette dernière action a été déjà mise en pratique avec le lancement du Centre Marocain de l'Entreprise (CEM).

    Pour les deux experts, les besoins des entreprises en cadres gestionnaires nécessitent:

    - une sensibilisation des patrons et des associations professionnelles sur les nouvelles stratégies de gestion et de prise de décision;
    - un complément de formation aux cadres supérieurs et intermédiaires dans les domaines du management, du marketing et de communication;
    - une actualisation des connaissances des cadres en fonction "des dernières techniques et méthodes de gestion prévisionnelle et stratégique d'entreprise ".

    Les formations proposées par l'étude tournent autour de plusieurs axes: planification stratégique, innovation managériale, gestion prévisionnelle des ressources humaines, contrôle de gestion, environnement légal et juridique des entreprises, marketing et force de vente, communication interne et publicité.

    Maintenance et qualité: Des créneaux d'avenir

    Côté cadres techniques, les besoins en cadres compétents deviennent plus pressants dans les créneaux de la maintenance et de la gestion de la qualité. Les consultants de l'USAID optent pour des "formations de longue durée " pour former des "cadres compétents ".

    Fidèles à leurs lapalissades, MM. Sbihi et El Aouad rappellent que "le label qualité est un titre qui s 'acquiert à travers une profonde mutation de l'ensemble de l'appareil productif; gestionnaire et commercial. Il se fonde sur une communication flexible et un réseau d'informations construit de manière à faciliter les contacts à toux les niveaux de la hiérarchie ". Quant à la maintenance, les deux experts relèvent que l'agent de maîtrise reste un profil rare au Maroc. Dans la même optique, ils soulignent que les lauréats de la Formation Professionnelle restent peu prisés par le marché du travail. Ils énumèrent deux raisons invoquées par les chefs d'entreprise:

    1-Le coût élevé de la main-d'oeuvre qualifiée.
    2-L'inadéquation entre la formation reçue et les postes à pourvoir.

    Toujours au chapitre des cadres, les deux consultants estiment que les entreprises éprouvent des besoins en matière de cadres spécialisés, notamment dans les créneaux du commercial et du marketing. Avec l'ouverture de l'économie marocaine sur l'international, les entreprises veulent que leurs cadres disposent de plusieurs atouts:

    - meilleure connaissance des marchés étrangers;
    - adaptation au contexte concurrentiel international;
    - préparation à suivre le rythme d'évolution et d'innovation des produits. 

    A. Z.

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